Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'Lalcoran'

L’Alcoran

Olivier Hanne

Comment l’Europe a découvert le Coran

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

L’Europe a découvert l’islam lors de la conquête de l’Espagne au VIIIe siècle, mais ce fut avec les croisades du XIIe siècle que s’améliora la connaissance de la culture arabe. Des moines et des clercs recherchèrent la science dans le monde musulman, apprirent la langue arabe et procédèrent aux premières traductions du Coran, que l’on appelait à l’époque l’Alcoran. Le commerce et la diplomatie en Méditerranée exigeaient de comprendre l’adversaire dans sa langue pour mieux échanger.

Malgré les préjugés, la connaissance du Coran se répandit, enrichissant les réflexions des savants de la Renaissance et des Lumières. L’arabe entra dans la culture classique européenne, jusqu’à susciter une véritable fascination au cours du XIXe siècle, à travers l’orientalisme.

Ce livre retrace l'histoire de la découverte et de l'étude du Coran en Europe, depuis la conquête de l'Espagne au VIIIe siècle jusqu'aux croisades. Il montre comment la connaissance de la culture arabe et de l'islam s'est progressivement améliorée en Europe au fil des siècles.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

La relation qui unit l’Europe aux pays musulmans est ancienne ; elle remonte à l’expansion islamique aux VIIe-VIIIe siècles. Elle a, en partie, modelé la pensée européenne : l’existence de l’islam et ses victoires militaires ont toujours suscité la stupéfaction et l’inquiétudes des lettrés européens et des populations confrontées à la conquête. Aux époques médiévale et moderne, il était volontiers considéré comme le grand ennemi de la civilisation européenne. Les moines, les clercs, puis les marchands et les diplomates, ont cherché à comprendre ce qu’était l’islam en découvrant son livre, appelé à partir du XIIe siècle « Alcoran ».

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Premiers contacts (632-1098)

Lorsque les guerriers de l’islam se répandirent à travers le Moyen-Orient, les lettrés et les souverains d’Europe occidentale ignoraient les croyances des conquérants arabes.

Au VIIe siècle, la grande puissance chrétienne était l’Empire byzantin, dont la culture et la force étaient sans commune mesure avec les royaumes assis sur les ruines de l’Empire romain d’occident : Wisigoths en Espagne, Francs en Gaule, Lombards en Italie, aucun de ces peuples n’avait conscience des bouleversements en cours dans la péninsule arabique. Aucun n’en fut même informé.

Pour comprendre le Coran, il fallait parler sa langue, or la maîtrise de l’arabe en Europe jusqu’au XIIIe siècle était exceptionnelle, sauf dans les régions de contact interculturel comme l’Espagne, la Sicile et, bien sûr, l’Empire byzantin. Ainsi, jusqu’au Xe siècle, plusieurs régions ont été touchées par des phénomènes ponctuels d’arabisation, mais seules l’Espagne et la Sicile ont vu leur société profondément transformée par l’islam et la langue arabe au contact des « Sarrasins », qualificatif ethnique d’un peuple issu du sud du Jourdain. D’une manière générale en Europe, l’intérêt pour l’islam était faible, car tous les codes utiles à la compréhension du monde étaient déjà transmis dans la littérature gréco-latine.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Découvrir l’Alcoran (1098-1315)

La guerre fut, selon Olivier Hanne, un accélérateur de connaissance. De la première croisade, qui débuta en 1098, à la mort du théologien Raimond Lulle en 1315, se déploya une période d’approfondissement de la connaissance de l’Alcoran. Il y eut à la fois la confrontation militaire entre la chrétienté et l’Islam, mais aussi un incroyable mouvement d’échanges entre ces deux mondes que tout opposait en apparence.

En Espagne et dans les royaumes francs de Syrie et de Palestine, les Européens étaient en contact quotidien avec les Sarrasins. Les discussions prirent une dimension résolument intellectuelle et argumentée lorsque parvint depuis l’Orient, à partir du XIIe siècle, une masse d’informations, traduites du Coran ainsi que des biographies de Mahomet et des hadiths (recueil des actes et des paroles du Prophète). Les sources musulmanes étaient désormais connues des lettrés, qui prenaient au sérieux le danger doctrinal de l’islam.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Les traductions de l’Alcoran

Les polémistes latins qui se sont penchés sur les civilisations orientales se servaient pour la plupart d’une documentation indirecte de l’islam, rarement de sources de première main, même traduites. Leur approche du Coran était donc fragmentaire et déformée. Le livre n’était perçu que par des bribes et en fonction de versets tirés de leur contexte.

Ces citations sont d’ailleurs souvent contestables, puisqu’il s’agit d’adaptations, de paraphrases ou de résumés, comme l’étaient la plupart des traductions latines des textes astronomiques ou philosophiques arabes. Olivier Hanne explique à ce propos que les auteurs étaient toujours des adaptateurs et non de véritables traducteurs.

Pourtant, l’arrivée soudaine, entre le XIIe et le XVe siècle, de trois traductions complètes du Coran bouleversa la donne, en permettant d’envisager le livre, et donc l’islam, comme un ensemble cohérent, qui générait ses propres références et sa logique religieuse. Mais encore fallait-il qu’il soit perceptible aux Européens… Il y eut d’abord le travail de Robert de Ketton (1142), celui de Marc de Tolède (1210) et enfin celui de Jean de Ségovie (1456).

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

L’Alcoran dans la culture européenne (1315-1698)

Au début du XIVe siècle, les Latins connaissaient bien l’islam et fréquentaient sa civilisation. Ils ont fait la découverte de l’Alcoran ; le texte était connu, identifié, traduit. Était-il compris pour autant ? Rien n’est moins sûr. La mort de Raimond Lulle en 1315 marque la fin d’un cycle d’arabisants de haute volée et de Latins instruits en islamologie, même si leurs propos étaient toujours polémiques et accompagnaient l’esprit de croisade.

La période suivante, symboliquement close par l’édition à Padoue en 1698 du Coran de Ludovico Marracci, la dernière réalisée en latin, rencontre des tensions contradictoires : déclin de l’enseignement de l’arabe durant les XIVe et XVe siècles, puis généralisation rapide des compétences dans les langues orientales ; rareté de brillants experts européens en islamologie, mais diffusion aux élites sociales d’une culture minimale sur l’Alcoran et l’islam (bourgeoise urbaine, clergé, noblesse éclairée).

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Le Coran critiqué (XVIIIe-XIXe siècle)

Dès le XVIIe siècle et la publication de travaux qui ont posé les bases de l’étude du Coran et de la langue arabe, les Européens se sont englués dans leurs préjugés : l’islam était accusé de générer de l’inertie sociale et le despotisme politique, tandis que l’Europe appuyait le positivisme et la monarchie éclairée.

De même, les musulmans étaient volontiers considérés comme des êtres misogynes, potentiellement violents et irrationnels. Le sentiment occidental de supériorité culturelle avait pour pendant oriental l’hostilité envers les chrétiens étrangers perçus comme des colonisateurs. Ainsi, et c’est valable jusqu’à nos jours, la perception du Coran et sa langue ont été au carrefour de perceptions contradictoires.

La publication en français des Mille et une nuits en 1717 ou le commerce avec le Levant furent à l’origine d’une curiosité pour l’Orient, dont les auteurs se plaisaient à décrire le luxe, la sensualité, ou le despotisme. Ainsi, les premiers archéologues s’intéressèrent aux sites du Levant : des Anglais découvrirent les sites de Palmyre et de Baalbek dans les années 1740-1750, publiant les premiers dessins de ces ruines légendaires.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Conclusion

L’ouvrage d’Olivier Hanne montre que malgré des aléas et des intentions rarement altruistes, l’intérêt des Européens pour le Coran et la langue arabe ne s’est jamais démenti, fut-ce pour le critiquer. Cela a longtemps permis de disposer d’armes intellectuelles et de d’enrichir un raisonnement logique, dans une recherche qui était souvent sélective : on choisissait les versets coraniques utiles à la controverse, sans envisager le livre dans sa globalité.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Zone critique

Dans cet ouvrage, le travail mené par Olivier Hanne relève de l’histoire des mentalités. Avec érudition, il reconstruit la rencontre des lettrés européens et du texte coranique. Pour ce faire, il évoque tout à la fois la Reconquista espagnole, les croisades, la Renaissance, les Lumières et l’expédition d’Égypte menée par Napoléon Bonaparte au XIXe siècle. L’historien restitue ainsi, avec clarté et force détails, tout un pan négligé de la culture européenne.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – L’Alcoran. Comment l’Europe a découvert le Coran, Paris, Belin, 2019.

Du même auteur – Les Seuils du Moyen-Orient. Histoire des frontières et des territoires de l'Antiquité à nos jours, Paris, éditions du Rocher, 2017. – Jeanne d'Arc. Biographie historique, Paris, Editions Bernard Giovanangeli, 2016. – Innocent III. La stupeur du monde, Paris, Belin, 2012.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !