
La Troisième République
Histoire politique de la Troisième République
Description
"La Troisième République" est un ouvrage co-écrit par Jean-Pierre Azéma et Michel Winock, qui explore l'histoire de la Troisième République française, s'étendant de 1870 à 1940. Cet ouvrage offre une analyse détaillée de cette période cruciale de l'histoire de France, marquée par des événements majeurs tels que l'affaire Dreyfus, la Première Guerre mondiale, et l'émergence du Front populaire, jusqu'à la chute de la République face à l'invasion allemande en 1940.
Jean-Pierre Azéma, spécialiste reconnu de la Seconde Guerre mondiale et de l'histoire du Régime de Vichy, et Michel Winock, historien et spécialiste de l'histoire politique et culturelle de la France, conjuguent leurs expertises pour offrir un récit complet et nuancé de la Troisième République, en mettant en lumière les défis politiques, sociaux et économiques auxquels elle a été confrontée.
Sommaire
01Introduction
La Troisième République est sorti en librairie en 1967. Année du gaullisme triomphant et de l’apogée de la Ve République. L’occasion était belle alors de mesurer le chemin parcouru entre le régime parlementariste à l’instabilité chronique de la République troisième du nom et l’exécutif fort, charismatique et marqué par le pouvoir personnel du régime fondé par le général de Gaulle en 1958 avec la Ve République.
Un exercice dont, en filigrane, les auteurs ne se privèrent pas dans leur ouvrage. Aussi mirent-ils un point d’honneur à mettre en valeur deux faits essentiels : d’abord, le discrédit qui frappe ce régime à la longévité pourtant peu commune. En effet, des expressions comme « des mœurs de la IIIe » ou « un homme de la IIIe » sont d’emblée péjoratives et suffisent à assassiner d’un mot les mœurs ou l’homme en question.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
02Une naissance par défaut ?
La IIIe République devait être une monarchie. Exprimé de manière aussi lapidaire, ce paradoxe apparent souligne les conditions extrêmement mouvementées de la naissance de ce régime.
En effet, les auteurs soulignent que l’Assemblée nationale élue en février 1871, alors qu’une grande partie du territoire était encore occupée par l’armée prussienne vainqueur de la guerre de 1870, avait envoyé siéger une écrasante majorité de députés monarchistes (légitimistes et orléanistes surtout, ainsi qu’une poignée de bonapartistes) : 400 sur 645 élus, lesquels ne comptaient que 150 républicains affirmés. Idéalement, c’est le comte de Chambord, Henri V pour ses partisans, petit-fils de Charles X et prétendant légitimiste au trône de France, qui devait être restauré. Celui-ci n’ayant pas de descendance, c’est le prétendant orléaniste, le comte de Paris, le petit-fils de Louis-Philippe Ier, qui devait lui succéder.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
03Une « démocratie gouvernée »
Pour les auteurs, ce qui caractérise essentiellement la IIIe République sur le plan de son fonctionnement politique, c’est qu’elle a été ce qu’ils nomment une « démocratie gouvernée ».
Et cela à double titre. D’abord, la démocratie a été imposée « par le haut », elle n’est pas née spontanément de la richesse et de la complexité de la société civile. Il a fallu la créer pour ainsi dire de toutes pièces, de manière artificielle, à l’aide des valeurs républicaines inculquées de manière autoritaire à des générations d’enfants dans le cadre de l’école laïque et obligatoire.
Ensuite, tout en imposant la démocratie parlementaire au pays, la IIIe République s’est toujours méfiée du suffrage universel. En font foi l’abolition du référendum, que les plébiscites du Second Empire rendaient hautement suspect, ou encore l’adoption pour les consultations électorales du scrutin d’arrondissement, afin de favoriser les notabilités locales au détriment des partis de masse. Sans oublier, depuis la crise du 16 mai 1877 qui vit le président de la République, le maréchal de Mac Mahon, pousser à la démission le président du Conseil Jules Simon contre le vœu de la majorité de la Chambre des députés, le refus d’utiliser le droit de dissolution de la chambre basse du Parlement par le chef de l’État.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
04Un régime socialement conservateur
De telles pratiques imprimèrent profondément leur marque sur un régime infiniment plus soucieux de maintenir un certain équilibre entre les différentes composantes sociales du pays que de promouvoir les grandes réformes économiques et sociales que beaucoup attendaient de lui. Ce n’est pas le moindre des paradoxes de la IIIe République qu’à son apogée, entre 1890 et 1914, ce régime aux principes révolutionnaires ait été incapable de donner aux ouvriers français une législation sociale aussi généreuse que celle de l’Allemagne de Guillaume II qui, certes, était à l’époque un cas à peu près unique par le volontarisme et la hardiesse de ses réformes.
On le sait, la « conscience sociale » de la IIIe République ne s’éveillera, tardivement et timidement, qu’en 1936 avec les lois sociales du Front populaire. Qui constitueront un traumatisme pour une bonne part de la classe dirigeante française, les futures élites de Vichy notamment vouant aux gémonies le « Juif Blum » et ses réformes qui auraient été responsables de la défaite française lors de la Seconde Guerre mondiale…

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
05Un régime de combat
La base de la IIIe République était beaucoup plus idéologique que sociale : la permanence d’une droite réactionnaire et cléricale attachée à la forme monarchique de gouvernement et celle d’un catholicisme refusant la modernité qui lui était politiquement lié ont fait de la IIIe République un régime de combat. L’identité de la IIIe, profondément, ce sont les Lumières et l’idéologie des droits de l’homme avec lesquels se confondaient pour beaucoup le progrès républicain.
Marquée par le positivisme, le scientisme, le rationalisme et la libre pensée développée dans les loges maçonniques qui seront si puissantes au sein du parti radical, la IIIe République se considérera comme investie d’une mission universelle de civilisation : apporter au monde entier les lumières du Progrès tel que conçu par les héritiers des principes de la Révolution de 1789.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
06Une fin aux causes multiples
La défaite militaire de 1940 a constitué le catalyseur de la fin d’un régime qui, depuis une dizaine d’années au moins, était déjà dans les faits en situation de survie par « acharnement thérapeutique ». Les crises extrêmement violentes des années 1930, qui mirent en danger la notion même de démocratie parlementaire, prouvent en effet à quel point la base du régime demeurait fragile, en dépit de toutes les apparences et de dehors encore relativement brillants.
Parmi les causes principales évoquées de la fin de la IIIe République, Jean-Pierre Azéma et Michel Winock invoquent aussi bien le cynisme de Staline dans son alliance avec l’Allemagne nazie que la politique malencontreuse d’« appeasement » à l’égard de l’Allemagne – les accords de Munich en 1938 qui ménagèrent Hitler et avalisèrent le dépeçage de la Tchécoslovaquie contre le maintien de la paix étant dans cette optique considérés comme l’acte de décès véritable de la République IIIe du nom. Mais ils mentionnent également l’affaiblissement généralisé du corps social et de l’esprit de résistance, les divisions politiques, les jeux parlementaires stériles ou encore, bien entendu, l’incompétence du commandement militaire français pendant les opérations de guerre.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
07Conclusion
Pour les auteurs, les institutions mises en place progressivement par la IIIe République au cours des années 1870 puis 1880 constituaient le programme minimum sur lequel une large majorité de Français pouvaient s’entendre.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
08Zone critique
Le principal reproche adressé à l’ouvrage est le déséquilibre patent entre le traitement réservé à la naissance de la IIIe République, elliptique et rapide, et celui, très développé, consacré à sa fin, consécutive à la défaite des armes françaises au cours de la Seconde Guerre mondiale, au vote des pleins pouvoirs au profit du maréchal Pétain et à la mise en place sous les auspices du « vieillard au regard marmoréen » du régime de l’État français et de la Révolution nationale. Car, pour être assumé et presque revendiqué, ce choix n’en est pas moins contestable.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
09Pour aller plus loin
Ouvrage recensé
– La Troisième République, Paris, Hachette, coll. « Pluriel », 1978.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !












