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Couverture de 'La symphonie du vivant'

La Symphonie du vivant

Joël de Rosnay

Les interactions complexes de la vie et de la technologie

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Description

L’idée que tout être humain dépend d’un programme génétique est largement répandue. Ainsi, à chaque individu est associé un code génétique unique qui détermine son existence jusqu’à sa mort… Eh bien c’est faux ! Ou seulement en partie vrai.

Dans cet ouvrage, Joël de Rosnay rappelle que ce déterminisme génétique est battu en brèche depuis déjà de nombreuses décennies par une discipline scientifique encore méconnue : l’épigénétique. Comment l’épigénétique permet à l’homme de reprendre les commandes de son propre corps, mais aussi le devenir de notre société, c’est tout l’objet de ce livre.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

À travers La Symphonie du vivant, Joël de Rosnay nous propose de découvrir une science assez méconnue : l’épigénétique. Pendant longtemps, nous pensions que notre code génétique déterminait tous nos traits de caractères (physiques et mentaux) sans que nous ne pouvions rien changer. Mais l’épigénétique remet en cause cette approche. En effet, notre environnement, notre comportement, nos interactions sont en mesure de changer l’expression de nos gènes de manière durable. Une bonne alimentation pourrait par exemple inhiber un gène porteur de maladie de telle sorte que son porteur ne voit jamais cette maladie se déclarer.

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02

Révolution de l’épi­gé­né­tique

L’ADN, ou acide désoxyribonucléique, est le support de l’information génétique. Cette longue molécule niche dans le noyau de toutes les cellules d’un organisme vivant. Elle est composée de quatre nucléotides, ou bases : l’adénine, la guanine, la thymine et la cytosine. Ces quatre composés sont en quelque sorte les quatre lettres de l’alphabet génétique. Ensemble, elles forment des mots, ce qu’on appelle des gènes. Ce qu’il y a de remarquable, dans l’ADN, c’est qu’il est universel. Tous les êtres vivants, de la bactérie à l’espèce humaine en passant par les plantes, partagent cette molécule.

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03

Les théories de l’évolution

Le naturaliste français, Jean-Baptiste de Monet de Lamarck (1744-1829), a été l’un des premiers à proposer une théorie cohérente de l’évolution. Selon lui, l’usage ou le non-usage d’un organe d’un individu, en fonction des contraintes de l’environnement, détermine son développement ou sa disparition.

Et ce changement se transmet à la descendance. L’exemple couramment donné pour illustrer son propos est celui de la girafe. Dans un milieu où la girafe est amenée à toujours plus tendre le cou pour atteindre les feuilles des arbres, celui-ci s’allonge petit à petit, et chaque centimètre gagné se transmet à la génération suivante. Il y a là l’idée d’un perfectionnement de la nature et une hiérarchie des êtres vivants au sommet de laquelle trône évidemment l’espèce humaine. À ce titre, la conception de Lamarck est finaliste.

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04

L’exemple des abeilles

Car il ne suffit pas d’avoir tel ou tel gène pour que celui-ci s’exprime. Les abeilles en offrent une parfaite illustration. En effet, dans une ruche il y a une reine, des ouvrières, des nourricières, des butineuses.

On pourrait penser que ces différentes catégories d’abeilles sont déterminées par leur code génétique. Les butineuses aurait par exemple le gène « butineur » que ne posséderait pas la nourricière. Mais ce n’est pas le cas. Une expérience qui consistait à enlever la population des butineuses dans une ruche a abouti à la transformation des nourricières en butineuses. Et ce changement est réversible. Cela signifie que les butineuses et les nourricières partagent les mêmes gènes, mais que ces derniers s’expriment dans certaines conditions et sont inhibés dans d’autres.

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05

Les cinq clés de l’épi­gé­né­tique

À cette question Joël de Rosnay répond « oui » sans hésitation. Bien sûr, il ne suffit pas de manger de la gelée royale pour devenir président de la République, mais la qualité des aliments que nous mangeons a un réel impact sur l’expression de notre code génétique personnel, et pas seulement.

En effet, c’est toute notre manière de fonctionner qui entre en jeu. Notre code génétique ne nous condamne pas à suivre un chemin tout tracé. L’épigénétique nous dit que notre comportement au quotidien nous permet de dévier de notre trajectoire afin d’emprunter une voie plus favorable. « Une nutrition équilibrée, de l’exercice physique, une réduction du stress, la recherche du plaisir et l’harmonie du réseau humain, social et familial : voilà donc les cinq “clés” interdépendantes de la longévité et de l’équilibre physique et mental, dont les effets cumulatifs sont déterminants pour notre santé. » (p. 55) Tous ces éléments sont connectés. La pratique d’un sport collectif, par exemple, procure du plaisir et renforce le lien social.

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06

Microbiome et métagénome

C’est un aspect méconnu : notre organisme abrite « plus de 100 000 milliards de cellules bactériennes ! » (p. 71.), qui constitue notre microbiome. Avec lui nous formons donc un super-organisme. Il ne faut pas croire qu’une bactérie est systématiquement un vecteur de maladie. Au contraire, de très nombreuses bactéries sont non seulement bénéfiques, mais encore indispensables à notre fonctionnement.

L’ensemble de nos gènes, c’est-à-dire notre génome, est donc étroitement associé aux génomes de chaque microbe de notre microbiome. Ils forment en quelque sorte un métagénome fonctionnant en symbiose. Tous ces micro-organismes qui vivent en nous se nourrissent de ce que nous mangeons. L’expression ou la non-expression de leurs gènes dépendent donc, tout comme les nôtres, des aliments que nous leur proposons. Quand on sait que ces micro-organismes sont capables de produire des molécules essentielles à notre bien-être, par exemple des substances antidépresseurs, on comprend mieux l’intérêt que nous pouvons avoir à les choyer. Au contraire, si nous mangeons mal (trop de sel, trop de sucre, trop d’alcool), alors ce microbiome devient malade, et, partant, nous le sommes aussi.

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07

Mème, mémétique, épi­mé­mé­tique

À la fin des années 1970, le biologiste britannique Richard Dawkins publie Le Gène égoïste, livre dans lequel il introduit la notion de mème, qu’il définit comme étant une sorte de gène sociologique. Le mème est « un élément culturel identifiable (croyances, pratiques sociétales, mots/langage, rituels, modes…) susceptible d’être transmis par mimétisme » (p. 129).

À l’instar de la génétique, qui étudie les gènes, la mémétique est une nouvelle science qui étudie les mèmes. Et ces derniers évoluent comme les espèces vivantes évoluent au cours du temps. Un mème peut être une tenue vestimentaire, une veste par exemple, qui devient à la mode. Cette mode se répand de telle sorte que de nombreuses personnes la portent. Un jour, quelqu’un apporte à sa veste une modification, qui ne se répand pas. Le jour d’après, une autre personne apporte une autre modification, qui cette fois lance une nouvelle mode. Une sélection s’est effectuée. Au lieu qu’elle soit naturelle, elle est culturelle.

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08

Conclusion

Les êtres vivants ne se résument pas à l’exécution d’un strict programme génétique. L’existence d’un être humain n’est pas entièrement déterminée dès sa naissance par son ADN. Ce constat est rassurant car il redonne à l’homme le contrôle de sa destinée. Il est ainsi possible, non pas d’échapper à ce que nous sommes, mais d’orienter l’expression de nos gènes afin d’éviter des maladies, de ralentir les effets du vieillissement, de vivre mieux tout simplement.

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09

Zone critique

Étrange ouvrage que cette Symphonie du vivant qui débute comme un livre de biologie pour lecteurs habitués aux sciences, et qui dévie ensuite vers un genre très en vogue : le livre de coaching. En fait, Joël de Rosnay, en vulgarisateur aguerri, navigue constamment entre les deux tendances. Mais la démarche est périlleuse car, à vouloir séduire deux types de lecteurs aux attentes différentes, il risque de lasser les uns et de perdre les autres.

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10

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – La Symphonie du vivant, Paris, Les Liens qui libèrent, 2019.

Du même auteur – Je cherche à comprendre : Les codes cachés de la nature, Paris, Les Liens qui libèrent, 2016. – Surfer la vie : comment sur-vivre dans la société fluide, Les Liens qui libèrent, 2012. – Et l’homme créa la vie ; la folle aventure des architectes et des bricoleurs du vivant, Les Liens qui libèrent, 2010.

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