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Couverture de 'La republique'

La République

Platon

Un traité sur la justice et la politique

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Description

La République est un dialogue philosophique qui traite principalement de la question de la justice dans la cité et pour l’individu. Cet ouvrage fondateur de la pensée politique interroge la forme du régime politique.

Quel est le meilleur gouvernement, c’est-à-dire le plus juste ? Et à qui la direction de la cité revient-elle ? Dans sa théorie de la cité idéale, Platon, qui veut allier savoir et pouvoir, considère que le philosophe est le plus légitime pour diriger la cité, car ce contemplateur de la vérité connait l’essence du juste et n’est pas prisonnier de son désir.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Cette œuvre fondatrice est le premier questionnement philosophique systématique sur la question de la justice. Elle a inspiré toute l’histoire de la philosophie qui n’a cessé de commenter l’œuvre de Platon.

Dans La République, il affirme que pour garantir la justice dans la cité, le pouvoir doit revenir aux plus compétents pour l’exercer. Les plus compétents sont les plus clairvoyants, les plus savants et les plus désintéressés. La cité idéale dans laquelle les rois et les princes sont des philosophes ne se réduit pas à un vœu pieux. Platon l’a crue réalisable et a tenté de la mettre en pratique, comme en témoigne sa propre vie. Comme il le raconte lui-même dans la Lettre VII, il s’est rendu par trois fois à Syracuse dans le but de réaliser le projet du roi-philosophe imaginé dans la République : d’abord sous le règne de Denys l’Ancien ; ensuite sous le règne Denys le jeune qui venait d’hériter du pouvoir et qui n’avait pas encore été corrompu par le pouvoir. Ces deux voyages échouèrent et le troisième mit fin à son espoir d’allier pouvoir du roi et philosophie.

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02

Qu’est-ce que la justice ?

Platon fait dialoguer Socrate avec divers interlocuteurs ; ils se demandent ensemble comment créer une cité heureuse. Une cité heureuse est une cité juste. Il est donc nécessaire de s’interroger sur la nature de la justice. Dans un premier temps, il tente de définir négativement la justice dans les Livres I et II. La justice consiste-t-elle seulement à payer ses dettes ou à rendre à chacun ce qui lui est dû ? Ou bien la justice est-elle, comme le déclare Thrasymaque, « l’intérêt du plus fort » (331c-339b) ?

À travers le récit de Gygès (359b-360d), Socrate veut démontrer que l’homme n’est pas juste volontairement, mais l’est par la contrainte. Un homme qui a du pouvoir et qui a un sentiment d’impunité n’a pas intérêt à être juste de son plein gré, car la vie de l’homme injuste est préférable à celle de l’homme juste. Pour autant, la définition de Socrate n’est pas encore suffisamment claire. C’est pourquoi Adimante lui demande de faire l’éloge de la justice en elle-même, et de montrer l’effet qu’elle a sur ceux qui la détiennent et l’appliquent. Ainsi, dans un second temps, Socrate entreprend de définir positivement la justice au Livre IV: la justice consiste à ne détenir que ce qui nous appartient et à n’exercer que notre propre fonction.

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03

La cité idéale ou le gou­ver­ne­ment des philosophes-rois

Après avoir expliqué au Livre II que les gardiens de la cité doivent être élevés par la musique, la gymnastique et doivent être philosophes, Platon détaille sa pensée dans le Livre V. Il présente plus précisément cette communauté de gardiens qui sont les meilleurs, grâce à leur éducation. Dans cette communauté règne l’égalité même si les hommes ont plus de force physique que les femmes. Dès la naissance, ces hommes et ces femmes doivent être séparés de leurs parents pour n’appartenir qu’à cette communauté de philosophes et accomplir leur tâche le mieux possible.

Le philosophe doit être le chef de la cité, car il aime non pas une partie de la sagesse, mais la sagesse dans son entier. Les philosophes sont attachés à la réalité des choses. De par leur éducation, leurs qualités personnelles et leur clairvoyance, ils ont accès au monde intelligible. Chez Platon, le monde sensible, le monde terrestre est une apparence, une représentation de la réalité véritable, qui est le monde intelligible. Ce monde intelligible est le monde des réalités intelligibles ou des idées. Les philosophes sont donc les plus aptes à gouverner la cité, car ils sont les seuls à avoir accès à la connaissance des choses en soi et donc aux idées du Bien et du Juste.

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04

Clas­si­fi­ca­tion des régimes et des formes de gou­ver­ne­ment

Platon examine au Livre VIII quatre formes de régime corrompues : la timocratie, l’oligarchie, la démocratie et la tyrannie – le régime tyrannique étant présenté comme le pire des régimes. La timocratie est une forme de dégénération de l’aristocratie, un régime caractérisé par le goût de la victoire et des honneurs.

L’homme oligarchique est le fils d’un père timocratique ruiné et il remplace l’amour des honneurs par l’amour des richesses (553a-e). Il est mû par ses désirs. L’homme démocratique est un homme pauvre qui a pris conscience de sa puissance et qui exige une forme de reconnaissance, notamment par le tirage au sort. La démocratie est le règne du désordre, car chacun y aspire à occuper une autre fonction que celle qui lui est naturellement assignée. C’est le régime injuste par excellence, selon les critères platoniciens.

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05

Mythe, poésie et immortalité de l’âme

Si Socrate reconnait pleinement la nécessité et l’utilité du mythe dans la cité, il est conscient des dangers propres à la poésie. Dans le dernier livre de La République, il critique la poésie, considérant que l’art est un mensonge. La querelle entre philosophes et poésie n’est pas nouvelle. Si le philosophe est en quête de la vérité, la poésie est une imitation et crée des images qui sont éloignées de la vérité. Les productions des poètes sont les ombres des ombres.

En outre, « la poésie peut corrompre, car elle encourage des émotions qu’il est déshonorant d’exprimer » (Pierre Pachet). Or, ce n’est pas le plaisir qui doit dominer dans la cité, mais la justice. La poésie est acceptée si elle est utile pour la cité.

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06

Conclusion

À la fin de sa vie, Platon prend acte de l’échec pratique de son modèle de la cité idéale de la République et de l’idéal du philosophe-roi. Il propose alors dans Les Lois, un modèle de cité plus réalisable, fondée sur l’ordre de la loi. Son idéal d’allier philosophie et pouvoir politique s’est heurté au réel malgré les qualités de Dion de Syracuse, que Platon a formé.

En effet, « un homme juste, avisé et réfléchi, ne peut jamais se méprendre complètement sur le caractère des hommes injustes, mais il n’y a rien d’étonnant qu’il subisse le destin de l’habile pilote qui n’ignore pas absolument la menace d’une tempête, mais ne peut prévoir sa violence extraordinaire et inattendue et doit forcément être submergé. Voilà bien aussi ce qui a un peu trompé Dion » (Lettre VII, 351 d). Il apparaît que le philosophe n’est pas plus apte et plus armé pour affronter les aléas politiques. Plus fondamentalement, il se demande s’il n’y a pas une forme d’incompatibilité de langage et de décalage entre discours philosophique et affaires de la cité et qu’il est impossible d’allier les deux.

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07

Zone critique

La République est une œuvre majeure de philosophie qui, à travers le questionnement sur la justice, traite de très nombreux sujets philosophiques, faisant de ce dialogue une œuvre incontournable en elle-même. Elle a inspiré toute la pensée philosophie postérieure, et ce non seulement dans le monde occidental.

Pour ne donner qu’un exemple, la communauté d’hommes et de femmes gardiens vivant en parfaite égalité a été considérée comme le précurseur du communisme. La conception platonicienne du monde, de l’âme tout autant que de l’organisation de la cité, a été une grande source d’inspiration et de commentaires.

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08

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – La République. Du régime politique, trad. Pierre Pachet, Paris, Gallimard, Coll. Folio essais, 1993.

Du même auteur – Le Banquet, Paris, Flammarion, 2016. – Apologie de Socrate, Paris, Flammarion, 2017. – Ménon, Paris, Flammarion, 1999. – Gorgias, Paris, Flammarion, 2018.

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