
La plus belle histoire de l’intelligence
Le passé, le présent et l’avenir de l’intelligence
Description
"La Plus Belle Histoire de l'intelligence" est une exploration fascinante de l'évolution de l'intelligence, depuis ses origines animales jusqu'à l'ère de l'intelligence artificielle. Les auteurs retracent le développement de l'intelligence humaine, examinent les capacités cognitives qui nous distinguent des autres espèces, et discutent des avancées récentes en intelligence artificielle. Le livre aborde des questions fondamentales sur la nature de l'intelligence, la possibilité pour les machines d'acquérir des émotions ou une morale, et envisage l'avenir de l'intelligence humaine à l'ère des technologies avancées.
Sommaire
01Introduction
Il y a deux histoires de l’intelligence. La première, c’est l’histoire des idées. Elle commence avec les penseurs de la Grèce antique. Ces derniers distinguaient deux parties de l’intelligence : la phronesis et le noûs. La phronesis, c’est l’intelligence pratique qui permet aux hommes comme aux animaux de sentir et de faire ce que la situation exige.
Le noûs, c’est la source réelle du savoir : une part jugée divine de l’homme qui lui permet d’avoir un sens du juste, de l’utile et du bien à l’aune duquel juger ses actions. Cette représentation n’a finalement pas beaucoup évolué, même si les termes ont changé. Ainsi, on opposera plus volontiers aujourd’hui l’instinct de l’animal à la conscience réflexive de l’homme. Mais, jusqu’à la fin du XXe siècle, ce que l’on pouvait dire et écrire au sujet de l’intelligence restait de l’ordre de la spéculation…

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02Qu’est-ce que l’intelligence ?
Au risque de nous surprendre, Stanislas Dehaene n’a aucun problème à parler d’intelligence à propos des huitres ou même des plantes : « Dès qu’il y a une forme de représentation interne, même sommaire, d’une partie du monde, je pense qu’on peut parler d’un début d’intelligence ». L’intelligence, selon le neurologue français, serait donc la capacité à simuler le monde extérieur afin d’agir de façon adaptée. C’est ce qui différencie la fourmi du thermostat…
Un thermostat n’est pas intelligent, car il ne fait que réagir de façon immédiate aux changements de température. Nous avons longtemps cru, notamment sous l’impulsion de Renée Descartes , que les animaux n’étaient pas si différents. Et pourtant, même une fourmi produit des simulations internes du monde extérieur. Lorsqu’elles quittent leur nid, les fourmis du désert se dirigent de façon aléatoire en quête de nourriture. Et dès qu’elles ont trouvé ce qu’elles cherchent, elles sont capables de calculer le chemin le plus direct pour retourner à leur point de départ. On pourrait penser que c’est grâce à leur odorat, mais il n’en est rien : si, une fois qu’elle a trouvé sa nourriture, on déplace une fourmi à un autre endroit, elle revient là où son nid aurait dû se trouver selon son calcul. Dans son cerveau microscopique, la fourmi est donc capable de produire des représentations mentales détachées du monde extérieur.

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03Une intelligence parmi d’autres
On a longtemps situé la démarcation entre l’homme et l’animal dans la capacité à fabriquer des outils. Des philosophes, comme Henri Bergson, ont ainsi fait l’éloge d’homo faber, la seule créature dotée d’une intelligence assez puissante pour façonner son environnement par sa pensée et par sa main. Fabriquer un outil suppose une représentation précise des causes et des effets. Il faut pouvoir anticiper que si on change la forme d’un objet, on va en augmenter l’efficacité. Et le fait est qu’on n’a encore jamais observé de fabrication d’outils chez nos plus proches cousins : les primates sont capables d’utiliser un objet à portée de main (par exemple, décrocher des bananes à l’aide d’un bâton), mais ils ne fabriquent pas d’outils. Or, si les chercheurs niaient cette faculté aux animaux, c’est en vérité qu’ils ne regardaient pas au bon endroit…

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04La singularité humaine
Si l’homme se distingue du reste du vivant, c’est grâce à la spécificité de son langage. Les animaux ont aussi des langages, mais celui de l’homme dispose d’une caractéristique sans équivalent : une syntaxe. Nous disposons d’un petit jeu de symboles, mais, en les combinant, nous pouvons exprimer une infinité d’idées. C’est cette capacité qui a permis à l’homme d’étendre son univers mental au-delà de l’observable.
C’est également la richesse de notre langage qui nous permet de naître assis sur des épaules de géants. Nous naissons dans un monde peuplé d’outils dont les modes d’emploi sont directement accessibles : « Nous sommes beaucoup plus intelligents lorsque nous sommes entourés de livres, l’écriture a considérablement augmenté le pouvoir de notre cerveau ». Et sans cette augmentation artificielle de notre intelligence, notre avance sur les autres espèces fondrait brusquement.

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05Quand nos outils se mirent à apprendre : les neurones artificiels
C’est grâce à nos neurones, ces cellules que l’on compte par dizaines de milliards dans notre cerveau, que nous sommes capables d’apprendre. Chaque expérience que nous faisons modifie les connexions entre nos neurones. Plus nous répétons une expérience et plus nous renforçons les connexions entre les neurones impliqués. Partant de ces observations, deux chercheurs américains en science cognitive, Warren MacCulloch et Walter Pitts, eurent l’idée de représenter mathématiquement les neurones. Un neurone réel fonctionne grâce un procédé électrochimique : en fonction du signal chimique qu’il reçoit en entrée, le neurone transmettra ou non un signal électrique aux autres neurones auxquels il est connecté. Le neurone artificiel de MacCulloch et Pitts simule ce fonctionnement : le neurone reçoit des nombres en entrée, en calcul la somme pondérée et si la somme dépasse un certain seuil, la sortie du neurone est 1, sinon elle vaut 0.

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06Conclusion : l’homme aura-t-il encore besoin d’être intelligent ?
Sur cette question, les deux chercheurs ne sont pas d’accord. Plus optimiste, Yann Le Cun pense que l’intelligence artificielle va permettre à l’intelligence humaine de se développer : « Chaque apparition d’une nouvelle technologie a permis de libérer l’esprit pour des activités qui n’étaient pas accessibles auparavant. La maîtrise du feu a permis les premières expressions artistiques sur les parois de grottes. L’art s’est développé d’autant plus que les sociétés étaient mieux organisées et consacraient moins de temps à leur survie ».

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07Zone critique
Le grand intérêt de cet ouvrage est d’allier densité et plaisir de lecture grâce au format de la conversation. Il offre, de plus, une définition claire de l’intelligence. Les deux auteurs s’accordent sur le fait qu’agir de façon intelligente suppose (1) d’avoir de bons objectifs ; (2) d’avoir une représentation précise du réel ; (3) de pouvoir planifier une séquence d’actions pour atteindre notre objectif.

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08Pour aller plus loin
Ouvrage recensé
– La plus belle histoire de l’intelligence, Paris, Robert Laffont, 2018.
Autres pistes

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