
La planète au pillage
Les enjeux de la préservation de la planète
Description
La planète au pillage est la publication la plus connue de Fairfield Osborn. Sorti en 1948, son livre est un appel à la conscience des hommes pour changer leur comportement vis-à-vis de la nature.
En analysant les pratiques et les inventions de l’être humain, il démontre comment l’humanité risque de détruire la terre qui la nourrit par son aveuglement et son manque d’anticipation et de protection.
Ce réquisitoire contre la violence des hommes envers la nature présente des projections alarmistes pourtant encore inférieures, pour certaines à la réalité actuelle.
Sommaire
01Introduction
Pierre Rabhi a rédigé la préface de La planète au pillage à l’occasion de sa réédition en 2008. Cet éminent paysan et philosophe souligne que le livre avait connu un grand succès au moment de sa première parution. Parmi les grands esprits qui en avaient salué le message se trouvait Albert Einstein, mais aussi le romancier et brillant intellectuel, Aldous Huxley. Ils soulignaient l’importance de ce texte pour les temps futurs. Car Fairfield Osborn y met l’humanité en garde contre les risques qu’elle prend pour sa propre survie, en se servant sans discernement de ce que la nature lui offre.

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02Un lanceur d’alerte
« Si rien n’est fait pour y porter remède (…) son résultat final ne saurait manquer de se traduire par une misère générale comme jamais encore l’humanité n’en a connue, avec menace finale pour son existence même » (p.14). Voilà comment Faifield Osborn introduit en 1948, La planète au pillage, enjoignant les hommes de protéger la nature, au moment où l’humanité panse les plaies encore à vif de la Seconde Guerre mondiale. Avec les progrès techniques fulgurants de la première partie du XXe siècle, l’homme semble avoir découvert tous les secrets de l’Univers. Alors, à quoi bon s’astreindre à en respecter les principes élémentaires ?
Et pourtant, rappelle l’auteur, l’homme doit se souvenir qu’il est né de la terre, et qu’il survit grâce à elle . Ce ne sont pas les ressources de son cerveau qui assureront sa pérennité. Il explique que l’homme est une espèce généraliste qui sait faire un peu de tout grâce aux particularités de son œil, de son pied et de son cerveau qui le distinguent de ses cousins les grands singes. En revanche il ne semble « exceller en rien » ce qui revient à dire qu’il a vécu la première partie de son existence sur terre à craindre ses prédateurs et à vivre dans la peur. Alors quand des moyens techniques lui ont apporté une nouvelle puissance, il s’en est servi sans compter dans l’illusion d’être passé maître de son environnement.

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03Dès l’antiquité
Toujours très centré sur la terre comme source de survie de l’humanité, il constate que, pour la première fois depuis l’apparition de l’homme, tous les territoires disponibles pour la culture ont été découverts. Ce qui le préoccupe dans ce constat, c’est l’impossibilité dorénavant d’aller chercher de la nourriture ailleurs quand un peuple a fini de vider les réserves naturelles d’un territoire.
Car cette forme de pillage remontant à l’époque antique laisse des traces encore aujourd’hui. Par exemple la Syrie, jadis terre d’une grande richesse de forêts et de rivières en abondance, a vu arriver de nombreuses populations venues de l’est vers la Méditerranée. Elles ont bâti des villes superbes et développé une culture rayonnante entre les IIIe et VIIe siècles. Mais les luttes successives pour les territoires entre les peuples nomades et les sédentaires ainsi que l’exploitation à outrance des ressources d’une terre fertile, ont fini par assécher ce territoire. Après avoir pillé un territoire jusqu’à l’extinction d’une civilisation, les peuples ont dû aller s’installer plus loin et recommencer. Selon lui, cela n’est plus possible, tous les terrains cultivables sont habités il va falloir faire avec l’existant. D’où l’impérieuse nécessité de préserver ce qui reste de la nature.

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04Érosion
Fairfield Osborn a beaucoup étudié l’érosion. Il ne parle pas de l’érosion normale des terres désertiques, mais de celle qui survient à la suite de l’intervention humaine. Il évoque ainsi les zones où l’homme a ôté l’herbe, éradiqué les arbres et mis en danger la terre. Cette « terre du dessus » se trouve directement emportée par le vent ou ravinée par l’eau.
À l’époque de l’écriture du livre, la science estime qu’il faut « entre trois et dix siècles pour produire un pouce (2 cm 54) d’épaisseur de terre fertile ». L’auteur évoque ainsi ce que l’on a appelé le « Dust Bowl » et qui a ravagé plusieurs États des États-Unis en 1934. Cet ouragan « chargé de poussière au point d’en obscurcir le soleil » a contribué à mettre au jour le fait que les belles terres fertiles des cinq États de l’Ouest, Kansas, Oklahoma, Colorado, Nouveau-Mexique et Texas, s’étaient transformées en « dust bowl » (Bols à poussière) stériles. Dans ces pays la mise en culture massive des terres et l’élevage intensif avec ses immenses pâturages se sont faits sur des terrains qu’il aurait fallu respecter. Fairfield Osborn s’alarme de la disparition de l’ancienne et précieuse « terre du dessus » perdue, là aussi, à cause de l’érosion. Évoquant l’apparition de nouvelles maladies ainsi que de carences constatées sur la population, pourtant nourrie des États-Unis, il émet l’hypothèse que cela puisse avoir un lien avec la qualité de la nourriture. Cette dernière se trouvant remise en cause par la fertilité déclinante des sols.

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05Déforestation
Fairfield Osborn dénonce dans son ouvrage « la dévastation inconsidérée des forêts ».
Elle constitue l’une des causes principales d’érosion sur la planète. Dans les zones montagneuses où les pluies sont abondantes, la terre n’est plus retenue par les arbres et se ravine de plus en plus à chaque précipitation. Cela finit par déclencher des inondations dans les vallées qui reçoivent ce surplus d’eau sous forme de torrents.
Ces derniers entraînent avec eux les riches éléments que contenait la terre de sorte que ce qu’il en reste est moins fertile que prévu. Les sources qui se formaient par l’infiltration douce des eaux dans les terres des forêts n’alimentent plus les ruisseaux qui contribuaient à enrichir la terre pour les besoins de la végétation. Cela engendre un appauvrissement des nappes souterraines. Et en période plus sèche, les terres se mettent à manquer d’eau. Le préjudice est double: une alternance d’inondations et de sécheresse. Fairfield Osborn dénonce ce phénomène partout dans le monde.

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06Surpopulation
Plus pessimiste que le Thomas Malthus qui mit en parallèle les dynamiques de croissance de la population et celles de la production, Fairfield Osborn souligne que ce dernier n’avait pas pu imaginer le développement des moyens de transport (le moteur à explosion) et son impact sur l’exploitation des ressources mondiales. Il cite le début du dix-septième siècle comme date de la première estimation du nombre d’humains sur la Terre. Ce « recensement » donnait un résultat d’environ 400 millions d’individus en 1640. Ce nombre a doublé au cours des deux siècles suivants. Puis, parlant de « cataclysme » dans le sens d’une augmentation brusque et violente, l’auteur dénombre la population humaine à un milliard six cents millions de personnes en 1900. En 1940, les deux milliards étaient largement dépassés. Il faisait alors une projection sur les soixante-dix années suivantes à partir d’un taux d’un pour cent par an. Il en concluait que nous serions quatre milliards en 2010. À noter qu’en réalité, nous étions déjà six milliards neuf en 2010… En faisant cette démonstration dans son essai, Fairfield Osborn souhaitait déjà sensibiliser ses lecteurs sur la préoccupante manière de parvenir à nourrir une telle population.

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07Conclusion
Après avoir étudié toutes les régions du monde, sa conclusion dresse un bilan pessimiste du monde de son époque. Il considère que les guerres sont liées au rapport entre l’accroissement des populations et la diminution des capacités des nations à les nourrir. De même, il s’inquiète de la surpopulation tandis que baisse proportionnellement le réservoir des ressources naturelles. Tant qu’une population exploite sa terre de façon raisonnée et pour son usage local, une agriculture réfléchie respecte l’environnement.

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08Zone critique
Dès les premières lignes de son ouvrage, Fairfield Osborn sonne l’alarme : l’homme mène une guerre silencieuse, mais meurtrière contre la nature. L’utilisation du mot « guerre » peut surprendre le lecteur d’aujourd’hui. Si de nombreux écrits traitent des risques écologiques, on y trouve rarement les mots « guerre » ou « pillage » pour décrire notre comportement à l’égard de la nature.

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09Pour aller plus loin
Ouvrage recensé – La planète au pillage, Arles, Actes Sud, coll. «Babel », 2008 [1949].

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