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Couverture de 'La liberation animale'

La Libération animale

Peter Singer

L'éthique de la compassion envers les animaux

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Description

"La Libération animale" de Peter Singer est un texte fondateur dans le domaine de l'éthique animale et un plaidoyer puissant pour repenser notre relation avec les autres êtres vivants. Publié pour la première fois en 1975, cet ouvrage a lancé le mouvement moderne des droits des animaux en questionnant les bases morales de l'utilisation des animaux par les humains pour l'alimentation, la recherche scientifique et le divertissement.

Singer argumente que la capacité de souffrir, plutôt que la capacité de raisonner ou de parler, devrait être le critère fondamental pour accorder des intérêts éthiques aux êtres vivants. Il introduit le concept de "spécisme", qu'il compare au racisme et au sexisme, pour décrire la discrimination fondée sur l'espèce, et soutient que donner moins de poids à la souffrance des animaux simplement parce qu'ils ne sont pas humains est une forme de préjugé.

Le but est donc clair et affiché : étendre le champ de l’Éthique aux animaux et changer nos habitudes de domination.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Trois grands mouvements structurent le livre pionnier de Peter Singer : l’un qui établit le fondement de l’égalité, non de condition, mais d’intérêt et de considération de l’humain et de l’animal en raison de leur nature sensible commune ; le second qui recense les maltraitances subies dans le cadre de l’expérimentation scientifique militaire et industrielle sur les animaux qui les réduit à de simples outils de recherche puis, dans celui l’industrie alimentaire qui en fait une simple matière première : la viande ; le troisième qui prescrit une solution pour cesser de causer des souffrances à ces êtres pourvus de sensibilité et capables de ressentir la douleur : le végétarisme.

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02

Un mouvement de libération

La préface de 1975 précisait l’objet de l’éthique animale comme extension de l’éthique aux animaux et excluait toute considération sentimentaliste. Il précisait que « tous les animaux, que nous les aimions ou non, ont droit aux mêmes égards ».

Une grande partie du livre est consacrée à montrer comment les animaux souffrent de la tyrannie des humains afin de provoquer l’indignation et susciter l’action. L’émotion doit toujours être secondée par la raison. Un mouvement de libération est « l’exigence que soit mis un terme à un préjugé et à une discrimination basés sur une caractéristique arbitraire tels le sexe ou la race ». Cela demande un élargissement de notre horizon moral. Des pratiques auparavant considérées « naturelles » comme manger de la viande sont alors vues comme la résultante de préjugés injustifiables. Le premier handicap que doit dépasser le mouvement de libération animale est que les membres du groupe exploité ne peuvent agir pour leur libération. Le second est que les exploiteurs qu’il faut convaincre mangent tous de la viande et considèrent cet acte comme légitime et naturel aux usages de l’espèce.

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03

L'égalité de consi­dé­ra­tion

Le principe éthique sur lequel repose l’égalité humaine exige que nous étendions l’égalité de considération aux intérêts des animaux.

L’égalité de traitement n’est pas une égalité de condition, mais de considération. Tous les vivants ont droit au même égard. « Si l’exigence d’égalité entre humains se fondait sur l’égalité de fait entre eux, il faudrait y renoncer ». « L’égalité est une idée morale et non une question de fait » (p. 70). Il se réfère ainsi à Jérémy Bentham, philosophe utilitariste, qui exprime de la manière suivante ce principe : « Que chacun compte pour un et qu’aucun ne compte pour plus d’un » (p. 71).

Il est donc nécessaire de lutter contre le spécisme (parti pris en faveur des membres de son espèce contre ceux des autres espèces) de la même manière que l’on lutte contre le racisme ou le sexisme. La question dans notre rapport à un être vivant n’est pas « Peut-il parler ? », mais, peut-il souffrir ? La capacité à souffrir et à éprouver du plaisir donne le droit à l’égalité de considération. Le droit minimal est celui de ne pas souffrir. La plus grande partie des humains se range dans la catégorie des spécistes au prétexte que les animaux n’ont pas d’intérêt à défendre. Si la douleur ne se voit pas, elle se manifeste par des signes dont on ne peut raisonnablement douter. Des systèmes nerveux analogues fonctionnent de manière semblable. Il est donc acquis que non seulement les animaux ressentent de la douleur, mais qu’ils ressentent des affects pénibles comme la peur et la terreur.

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04

Souffrances animales

L’inventaire des maux que l’humain inflige aux animaux est recensé ad nauseam dans les chapitres 2 et 3. Peter Singer a dépouillé les archives de l’armée américaine comme des centres de recherche expérimentale et rapporte des cas insoutenables de maltraitance animale dépourvue en plus de toute utilité probante.

Il rapporte ensuite une série d’expériences non militaires en psychologie expérimentale, aussi cruelles et inutiles que les précédentes. L’enquête révèle qu’il ne s’agit pas de pratiques isolées. 17 à 22 millions d’animaux seraient ainsi maltraités chaque année rien qu’aux États-Unis. Les autres pays, bien sûr, ne sont pas en reste. L’expérimentation animale est une industrie qui traite les animaux comme des biens meubles.

L’animal comme « outil de recherche » fait donc l’objet de mauvais traitements et de tortures en masse. Ce phénomène est une conséquence directe de l’idéologie spéciste. Il existe pourtant d’autres méthodes d’expérimentation promues par des militants comme Henry Spira. Militant animaliste de la première heure, juif exilé d’Anvers à New York, d’abord engagé pour la cause ouvrière, il est devenu journaliste et a couvert les luttes des Noirs américains pour enfin, à la suite de la lecture d’un article de Peter Singer, s’engager dans la lutte pour la cause animale qu’il a menée avec beaucoup d’intelligence et de ténacité et remporté de nombreuses victoires. Des associations antivivisection ont tenté peu à peu d’en promouvoir la mise en place dans certains laboratoires. Que ce soit dans l’industrie du médicament, des cosmétiques ou dans celle de l’alimentaire, la sensibilisation de l’opinion à la souffrance animale a fait son chemin pour faire reculer de telles pratiques. En particulier aujourd’hui, et cet ouvrage y a contribué.

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05

Ap­pli­ca­tions éthiques

Nous n’avons, pour la majeure partie d’entre nous, de lien à l’animal que domestiqué ou mort et réduit à l’état d’aliment. Le lien entre l’animal vivant et le steak ou la tranche de jambon que nous mangeons est occulté par l’industrie agroalimentaire. Tout ce qui pourrait éveiller la conscience des consommateurs est évacué. Or cet usage de l’animal cause la mort de milliards d’entre eux chaque année.

Depuis les années cinquante, l’élevage est industriel. L’image d’Épinal de l’éleveur entouré de ses bêtes dans un pré relève de la mythologie, car le lot commun des animaux d’élevage est bel et bien la maltraitance systématique et la réduction à des biens de consommation. Peter Singer propose donc le végétarisme comme solution. Lui-même étant végétarien depuis 1971.

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06

Conclusion

Quarante ans après sa publication, le livre de Singer a de plus en plus d’écho.

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07

Zone critique

Certains intellectuels continuent à considérer Peter Singer comme un extrémiste à commencer par Élisabeth de Fontenay dans Le silence des bêtes. Il a fait l’objet de nombreuses critiques depuis sa parution. La première consiste à lui reprocher de ne pas avoir envisagé le Droit animalier que Tom Regan a introduit. L’utilitarisme a ses limites, car un jugement collectif d’utilité peut bien être erroné. La thèse de l’immoralité intrinsèque des mauvais traitements devient problématique. Si le droit animalier doit demeurer une fiction heuristique grâce à laquelle les hommes pourraient se représenter approximativement leurs obligations morales à l’égard des bêtes, il a le mérite de fixer par écrit des limites.

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08

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– La libération animale, Paris, Payot, coll. « Petite Bibliothèque Payot », 2012.

Ouvrages de Peter Singer

– Questions d’éthique pratique (1993), Paris, Bayard, 1997. – L'Altruisme efficace, Paris, Éditions Les Arènes, 2018. – Comment vivre avec les animaux ?, Paris, Empêcheurs de penser en rond, 2004. – Sauver une vie. Agir maintenant pour éradiquer la pauvreté, Paris, Michel Lafon, 2009. – Théorie du tube de dentifrice, Paris, Éditions Goutte d'Or, 2018.

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