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Couverture de 'La femme seule et le prince charmant'

La femme seule et le prince charmant

Jean-Claude Kaufmann

Réflexions sur la vie sentimentale des femmes seules

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Description

"La femme seule et le prince charmant" de Jean-Claude Kaufmann est une étude sociologique qui examine les transformations des relations amoureuses et du célibat dans la société contemporaine. À travers une enquête approfondie, Kaufmann explore les attentes, les désirs et les contradictions qui caractérisent la quête amoureuse des femmes célibataires. L'auteur décrit comment les normes sociales et les idéaux romantiques influencent la perception du célibat et la recherche du partenaire idéal. Kaufmann s'intéresse particulièrement à la manière dont les femmes se positionnent face à l'autonomie et à la dépendance dans les relations amoureuses, dans un contexte où les modèles traditionnels de couple et de famille sont en mutation.

Cet ouvrage pourrait presque faire office de guide pour les femmes seules, tel un manuel pour comprendre ce qui les empêche de faire une place à l’homme.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

La femme seule et le prince charmant a pu être écrit grâce au concours de plus de cent cinquante femmes qui, par le biais de lettres dans lesquelles elles se confiaient, nous permettent de comprendre le mode de vie, les attentes, et les angoisses d’une femme seule.

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02

Qui sont les femmes solos ?

La vie en solo est fréquente aujourd’hui, et s’inscrit dans un mouvement historique qui pousse les individus à chercher toujours plus d’autonomie. Le nombre de solos est en augmentation régulière, à cause de la propagation géographique, du morcellement des cycles de vie, de la polarisation sociale, et du travail féminin.

Ce style de vie a émergé au XIXe siècle, quand s’est développée l’autonomie résidentielle, notamment pour les travailleurs et les travailleuses. Les femmes ont gagné en indépendance du fait de l’essor du salariat féminin, qui leur a apporté une autonomie financière, et a modifié les cycles de vie conjugale, les femmes se mariant plus tard, ou plus du tout, selon leur profession (notamment les institutrices et les domestiques). Le travail a également conféré aux femmes de l’assurance, de la distinction, et tout simplement le bonheur de mener une vie détachée des responsabilités conjugales et familiales. Elles ont peu à peu appris à se montrer davantage critiques sur ce que le mariage pouvait leur apporter.

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03

La figure du Prince charmant

L’image du prince charmant reste très moderne et omniprésente chez les femmes d’aujourd’hui. Sa quête est basée sur l’idée artificielle d’un destin amoureux, comme si l’histoire d’amour à venir était écrite quelque part, et qu’elle n’attendait que le bon moment pour se réaliser. Cette destinée amoureuse prend la forme de la délivrance d’un quotidien morne ; la conviction d’une prédestination amoureuse sert de moteur dans la vie de l’individu qui rêve d’être arraché à son destin social.

L’auteur différencie les princes, et le Prince avec une majuscule. Les premiers correspondent à des histoires sentimentales moins fortes, souvent brèves, tandis que le vrai Prince personnifie l’amour, en apparaissant comme beau, rayonnant, d’une beauté un peu magique.

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04

La vie solo est une vie en deux

Même si au quotidien, la femme seule vit dans une « vie à un », elle garde toujours en tête le modèle d’une vie de couple, à deux, et son imaginaire est constamment tiraillé entre ces deux modes de vie. Pour les femmes, il existe, schématiquement, deux manières de vivre : seules, ou en couple. Être en couple implique le plus souvent également une vie familiale, dans laquelle la femme-mère fait figure de pilier par son dévouement familial et domestique.

Ce modèle familial fait pression sur les femmes depuis le début de nos sociétés humaines, et s’oppose aux désirs d’autonomie des femmes. En effet, lorsque les femmes s’engagent dans des trajectoires d’autonomie, « elles remettent en cause une structure de base (la famille, fondée sur le rôle de la femme dévouée), menaçant tout l’édifice social » (pp. 13-14). Elles remettent également en cause l’argument, autant biologique que social, de l’assignation des femmes à la maternité et au travail domestique.

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05

Un nouveau modèle de couple

Dans l’entre-deux-guerres s’est développé un nouveau modèle de couple, qui met l’accent sur l’approfondissement de l’intimité et sur les échanges relationnels, sur le respect mutuel et l’égalité entre les deux partenaires.

On assiste à une libération sexuelle et affective au sein du couple, qui donne la place à l’expression de l’individu et à l’affirmation de l’identité de chacun. L’individu devient plus important que l’entité couple, et on recherche désormais l’authenticité de l’engagement. On se demande comment être soi de la manière la plus authentique possible, tout en vivant une vie intense à deux. Le sentiment amoureux actuel se structure autour d’un couple provisoire et instable.

En vérité, être en couple ne suffit plus, il faut que le couple soit authentique, de qualité suffisante. Le couple se doit d’être une équipe soudée, faire montre d’une efficacité d’organisation, proposer un échange intime, une ambiance agréable, et par-dessus tout, il doit respecter l’autonomie de chacun.

Ainsi le couple est devenu une réalité mouvante, moins contraignante que par le passé, que les deux partenaires cherchent à vivre intensément, et ce par séquences biographiques plutôt que dans un engagement à vie. Le couple est aujourd’hui une réalité très hétérogène, même s’il existe une unification de surface (on parle toujours du couple au singulier, comme s’il ne revêtait qu’une seule forme). Selon Jean-Claude Kaufmann, nous avons besoin de cette unification superficielle pour construire une norme sociale, car « si nous voulons simplement vivre sans trop de problèmes, il est préférable de continuer à croire à l’unité de l’amour » (p. 9).

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06

L’in­di­vi­dua­li­sa­tion de la société au cœur des trans­for­ma­tions du couple

Depuis le XVIIIe siècle, « l’individu est devenu le principe dominant du social » (p. 25), et depuis le XIXe siècle, il s’est développé un modèle de vie privée qui se détache du couple et de la famille. C’est avec la Révolution française qu’a éclos la contradiction entre deux modèles de vie : la famille d’un côté, l’individu autonome de l’autre.

C’est désormais l’individu qui construit sa propre identité, on ne laisse à personne le droit de le faire, surtout pas à la société. L’individu moderne a une responsabilité de plus en plus forte, celle de façonner lui-même sa propre vie.

C’est dans les parcours en solo que la réflexivité prend une place des plus prépondérantes : elle est permanente, et elle garantit à l’individu d’être plus justement soi, en opérant sans cesse des ajustements identitaires. Par exemple, les femmes sur lesquelles se base cet ouvrage se demandent « cette vie n’est-elle pas ‘bizarre’ ? où mène-t-elle ? quels choix dois-je opérer ? ». L’auteur souligne le fait que la remise en question identitaire peut être douloureuse, et vécue comme une obligation pour certaines femmes.

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07

Conclusion

La difficulté réside tout de même en ce que les raisons qui favorisent la vie en solo dépassent le cadre des choix personnels ; Jean-Claude Kaufmann le dit, nous sommes dans une époque où l’individualisation de la société est à ce point imp

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08

Zone critique

Cet ouvrage est à l’image des recherches de Jean-Claude Kaufmann, qui, en privilégiant l’analyse microsociologique, se penche sur les questions de l’identité, du couple, et du vivre ensemble. La femme seule et le prince charmant s’inscrit dans une dynamique de recherches sociologiques sur les relations hommes-femmes, incluant des travaux de François de Singly, d’Irène Théry, de Françoise Héritier, qui appartiennent à la même génération de grands sociologues français. Il reste dans cet ouvrage un point aveugle : le célibat masculin.

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – La femme seule et le prince charmant, Paris, Nathan, 1999.

Du même auteur – Avec Rose-Marie Charest, Oser le couple, Les clés de la vie à deux, Paris, Lgf, 2013. – Sociologie du couple, Paris, Puf, 2017. – L’amour qu’elle n’attendait plus, Paris, Hugo Doc, 2018.

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