Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'La dynamique de loccident'

La Dynamique de l'occident

Norbert Elias

Analyse de la dynamique de la civilisation occidentale

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

"La Dynamique de l'Occident" de Norbert Elias est un ouvrage sociologique majeur qui explore le processus de civilisation et les transformations sociales qui ont mené à l'émergence de l'État moderne en Occident. Elias examine comment les structures de pouvoir et les comportements sociaux se sont développés et entrelacés au fil du temps, aboutissant à une régulation accrue des comportements individuels et à la centralisation du pouvoir.

L'auteur analyse la transition des sociétés médiévales, caractérisées par des liens de dépendance personnels et une violence relativement ouverte, vers des sociétés où la violence est monopolisée par l'État et où les comportements sont régis par un ensemble plus complexe de normes et de manières. Elias montre comment ces changements ont été accompagnés par l'évolution des sensibilités individuelles, une plus grande maîtrise de soi et une régulation plus stricte des émotions.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Lorsque l’ouvrage paraît en France, en 1975, il s’agit de la seconde publication de Norbert Elias traduite en français, après La Civilisation des mœurs, ouvrage traduit dès 1973, et précédant La Société de cour, livre traduit en 1985 seulement alors qu’il est antérieur aux deux ouvrages précités dans l’œuvre d’Elias (1933). Il est à noter que La Dynamique de l’Occident constitue un des deux volumes, avec La Civilisation des mœurs, de son œuvre intitulée Sur le processus de civilisation, parue en 1939 en langue allemande à Bâle.

La Dynamique de l’Occident illustre l’idée maîtresse d’Elias : le fait que l’autocontrôle de la violence et l’intériorisation des émotions se trouvent au fondement de la civilisation occidentale, processus élaboré dans un premier temps au sein des cours royales, à l’origine de la diffusion de ce modèle à des secteurs de plus en plus larges de la société.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

La loi du monopole est absolument fon­da­men­tale dans la consti­tu­tion de l’État moderne

Pour Norbert Elias, le passage de la féodalité (seigneurie médiévale) à l’État moderne (royaumes en voie de centralisation correspondant aux monarchies absolues) se fait par l’intermédiaire de la monopolisation du pouvoir sur un territoire donné.

C’est ce qu’Elias nomme la « loi du monopole ». Il est essentiel de noter ici que la constitution progressive de ce monopole ne se fait pas de manière consciente, volontaire. Il ne faut surtout pas y voir une sorte de plan délibéré concerté à l’avance. L’apparition du monopole résulte en fait obligatoirement de la lutte entre seigneurs. En France, dans cette lutte, c’est le roi capétien qui se montrera le plus puissant, et qui réussira à établir ce monopole à son profit.

Ce monopole passe par deux aspects essentiels : le monopole de la violence légale et le monopole de la fiscalité. Le monopole de la violence légale, c’est celui des armes. Peu à peu, les armées privées – l’ost médiéval des seigneurs locaux – va disparaître pour ne plus laisser subsister comme force militaire que les troupes royales.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

La division des tâches sociales permet le passage d’un monopole privé à un État public

En Europe occidentale, la division des tâches sociales prend essentiellement pour Norbert Elias la forme de la rivalité entre la noblesse féodale et la bourgeoisie à partir du XVe siècle. Cette rivalité sert les intérêts de la royauté qui, en opposant ces deux groupes sociaux, va progressivement édifier ce que l’on nomme la monarchie absolue. Cet antagonisme ne doit cependant pas être perçu comme une volonté d’élimination mutuelle.

Bien au contraire. Elias parle en effet de « réseau d’interdépendance » entre les différents acteurs sociaux, qu’il limite donc aux élites du temps, noblesse et bourgeoisie. La base même de l’ordre social devient alors cette interdépendance fonctionnelle entre noblesse et bourgeoisie : les uns servent à l’armée, à la cour ou dans les parlements, les autres commercent et créent de la richesse pour l’ensemble du pays.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Le processus de ci­vi­li­sa­tion permet le passage d’une concurrence violente entre les puissances à un État pacifié et régulé par des lois

Elias montre que la création d’un monopole du pouvoir de type étatique va de pair avec une profonde modification des comportements des individus et de leur manière de se conduire en société. Cette pacification progressive des relations sociales, qui s’accompagne d’un changement en profondeur dans les modes de domination et dans l’exercice des rapports de force, se concrétise dans le passage de la contrainte extérieure imposée à l’autocontrainte, à l’intériorisation de la notion de contrainte.

C’est de ce processus, et de ce dernier seulement, que procède la civilisation pour Norbert Elias.

Sur le plan des institutions politiques, la création du monopole de type étatique suppose la disparition des rapports de type antérieur entre les acteurs sociaux. Ainsi l’agonie du régime seigneurial au XVe siècle – contemporaine de la dernière phase de la guerre de Cent Ans et du renforcement du pouvoir central royal qu’elle a entraîné – a-t-elle mis fin de fait aux rapports « féodaux » qui régissaient la société.

Désormais deux nouveaux acteurs interviennent : la royauté, dont l’action concrète est plus présente, plus quotidienne, plus immédiatement et constamment perceptible, et la bourgeoisie, qui commence à acquérir une légitimité qui lui est propre sur le plan social. Légitimité qu’elle n’avait jamais vraiment réussi à acquérir depuis sa naissance au XIe siècle. Ou, exprimé de manière plus lapidaire, la disparition de la force militaire propre aux seigneurs de l’âge classique de la féodalité (XIe-XIIIe siècle) entraîne pour ceux qui y étaient soumis, paysans et bourgeois, la fin d’une contrainte qui, toute extérieure qu’elle était, n’en était pas moins omniprésente.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

L’in­ter­dé­pen­dance sociale entre les individus rend la lutte entre ces derniers in­en­vi­sa­geable

Si la coopération entre individus, par opposition à la lutte entre ces derniers, n’apparaît pas immédiatement comme moralement supérieure aux acteurs de la vie sociale, elle s’impose en revanche comme absolument nécessaire à leur survie. L’interdépendance créée par une différenciation entraînant la complémentarité implique en effet que la suppression de l’adversaire revient à détruire sa propre position.

La modération des comportements devient donc la règle sous l’effet de l’autocontrainte. Au point que l’on puisse, avec Elias, dégager la loi suivante, dont la portée est d’ordre général : est civilisé celui qui adopte un comportement parfaitement adapté à sa fonction sociale, optimal pour l’exercice de cette dernière.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Dans l’esprit des individus, la peur intérieure supplante la peur extérieure au fur et à mesure du processus de ci­vi­li­sa­tion

La peur extérieure, physique, qui procédait d’une menace elle aussi extérieure disparaît pour les individus au fur et à mesure de la pacification et de la régulation des comportements, d’une maîtrise toujours plus poussée des pulsions.

Mais la peur ne disparaît pas pour autant, elle refuse de céder la place. Car à la peur extérieure succède la peur intérieure, celle issue de sa propre conscience comme de la conscience, accrue dans des proportions considérables, du regard de l’autre.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Conclusion

La Dynamique de l’Occident constitue une explication extrêmement claire du processus de civilisation selon Elias.

Partant de la contrainte sociale pour arriver à l’autocontrainte ou à l’autocontrôle sur le plan du psychisme, l’ouvrage illustre le même processus dans la sphère des structures sociales.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Zone critique

Norbert Elias et son œuvre font l’objet de critiques récurrentes. La première d’entre elles a trait à sa thèse majeure, étudiée dans le présent ouvrage : toute la civilisation occidentale serait le produit d’un effort séculaire de maîtrise des instincts.

Or cette thèse est contredite par un auteur comme Hans-Peter Duerr qui, dans Nudité et pudeur affirme que, contrairement à la thèse d’Elias, les civilisations anciennes « préoccidentales » sont également pourvues d’un système normatif extrêmement complexe et extrêmement élaboré.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– La Dynamique de l’Occident, Paris, Calmann-Lévy, 1975.

Autres ouvrages de Norbert Elias

– La Société de cour, Paris, Flammarion, Coll. « Champs Essais », 2008. – La Civilisation des Mœurs, Paris, Pocket, coll. « Évolution », 2003. – Qu’est-ce que la sociologie ?, Paris, Pocket, 1993. – La Société des Individus, Paris, Pocket, coll. « Évolution », 1998. – Sport et civilisation. La violence maîtrisée, Paris, Fayard, 1994.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !