Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'La defaite de la pensee'

La Défaite de la pensée

Alain Finkielkraut

Contre la dénaturation de la « culture »

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Après le Malaise dans la civilisation de Freud, voici le « Malaise dans la culture » d’Alain Finkielkraut. Car la culture, qui peut se définir comme la vie avec la pensée, est de plus en plus vidée de toute signification. Aussi sont promues au rang « culturel » des activités qui ne relèvent pas de cette catégorie, la pensée n’y ayant aucune part.

Au sein de ce grand brassage « culturel », de ce « tout-culturel », les frontières s’effacent entre les grandes œuvres de l’esprit et les gestes les plus élémentaires de la vie quotidienne. Alain Finkielkraut s’élève donc contre cette dénaturation de la « culture » et diagnostique un mal profondément enraciné dans notre civilisation des loisirs.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Lorsque l’ouvrage paraît, en 1987, le débat fait rage en France sur le thème de l’identité nationale. En effet, dans la foulée de sa victoire aux élections législatives de 1986, la droite veut réformer le code de la nationalité. Le thème de l’opposition entre culture humaniste et culture anthropologique, entre culture héritée et culture patiemment et difficilement acquise, était donc dans l’air du temps.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

La notion de Volksgeist

Lorsque paraît, en 1774, l’ouvrage du philosophe allemand Herder, Une autre philosophie de l’histoire, ce dernier prend délibérément le contre-pied des Lumières françaises, et en particulier de Montesquieu et de Voltaire.

En effet, Herder introduit dans son livre le concept de Volksgeist, que l’on peut traduire par « esprit de la nation ». S’opposant avec véhémence à la notion d’une raison universelle qui serait la même partout sur l’ensemble de la surface de la Terre, thèse soutenue par les philosophes français, Herder soutient que chaque peuple détient un mode d’être unique et irremplaçable, plus important que les valeurs abstraites, désincarnées, invoquées par les philosophes français.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Le mul­ti­cul­tu­ra­lisme : fossoyeur de la culture comme vie avec la pensée

Lorsqu’en 1945 l’Organisation des Nations unies voulut se doter d’une institution consacrée exclusivement à la culture, elle fonda l’Unesco. Dans la foulée de la victoire sur le nazisme et de la décolonisation qui en était à ses balbutiements, il était clair que la culture ne pourrait plus jamais être la même que celle qui existait avant le second conflit mondial.

C’est là qu’apparut le concept de multiculturalisme, porté sur les fonts baptismaux par Lévi-Strauss dans un texte publié en 1951 sur une commande de l’Unesco, Race et histoire. Dans ce texte, Lévi-Strauss, un peu dans la lignée de Herder, se livre à une critique en règle de la culture humaniste occidentale, de la culture classique, « lettrée ». Il la présente comme une culture particulière, parmi d’autres, et non pas comme « LA » culture qui aurait vocation à s’imposer sur toute la surface du globe, sans distinction de lieu ni de peuple.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Les sciences humaines de l’après-guerre ou la mort de la culture

Pour Alain Finkielkraut, Les sciences humaines de l’après-guerre, et en particulier l’histoire et la sociologie, sont devenues les maîtres du doute. Les maîtres du relativisme. Armés du type de savoir qu’elles délivrent, on ne peut plus, tout simplement, croire à des normes universelles qui seraient récapitulées dans ce que l’on nomme la culture.

Finkielkraut prend notamment pour cible ce que l’on a appelé la Nouvelle Histoire qui triomphe à partir des années 1960. Cette Nouvelle histoire peut être définie comme un mélange d’histoire sérielle, fondée sur l’étude d’une série de chiffres sur la longue ou la très longue période, et d’histoire des mentalités. Selon lui, ces historiens produisent une conception pervertie, ou poussée à ses développements les plus extrêmes, , , nous apprennent à admettre qu’il ne faut pas dérouler le fil du temps, qu’il ne faut pas chercher dans nos ancêtres une sorte d’esquisse de nous-mêmes. Il ne s’agirait donc de ne pas restituer la mémoire du passé. Bien au contraire : ils arrachent ce dernier à notre emprise, le dévoilant dans une sorte d’altérité radicale.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Les dérives de la « Nouvelle droite » et de la gauche anti-im­pé­ria­liste

Il n’y a plus de dreyfusards : c’est le constat auquel aboutit Alain Finkielkraut. Par cette formule, l’auteur veut signifier que plus personne ne s’élève contre la légitimité de la raison d’État, contre les solidarités « naturelles », contre un travestissement, une trahison de la justice pour une cause a priori noble : la défense de l’intérêt national. Le courage des partisans du capitaine Dreyfus, coupable désigné parce que Juif, au tournant des XIXe et XXe siècles, n’est décidément plus à l’ordre du jour pour Alain Finkielkraut. Plus personne ne veut risquer sa position sociale pour défendre un innocent « fabriqué » coupable.

En effet, la défense de l’identité culturelle, quelle qu’elle soit, prime désormais sur tout le reste. Y compris sur les valeurs universelles comme la Vérité ou la Justice, le Droit ou la Raison. De « grands mots » creux et vides de sens, pour tous les adorateurs des cultures particulières.

Or, pour Finkielkraut, cette attitude politique a une généalogie : elle est la fille de la « Nouvelle droite », cet euphémisme pour désigner l’extrême-droite à partir des années 1970, une extrême-droite new look cependant, repeinte aux couleurs du néo-paganisme et des études érudites sur les runes celtiques ou la Grèce antique.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Quand tout est « culturel », la culture n’existe plus

Qui trop embrasse mail étreint. Pour Finkielkraut, la mode du « tout culturel », à laquelle restera à jamais attaché le nom du ministre de la culture de François Mitterrand, Jack Lang (de 1981 à 1986), sonne le glas des ambitions universalistes de la culture humaniste, également appelée culture comme vie avec la pensée.

Car, en effet, quand tout est « culturel », d’une recette de terroir à un concert de rock, d’une paire de bottes à une robe de haute couture, plus rien ne l’est. Le vocable a été définitivement vidé du peu de sens qui lui restait devant l’inflation démesurée de son domaine de compétence.

Ce « tout culturel » là n’a plus rien à voir avec la culture comme diversité, comme identité particulière voire particulariste. Elle a tout à voir en revanche avec le lavage de cerveau dû à la publicité (à la « culture » publicitaire ?) et à une société de consommation qui privilégie l’instant et l’émotion et se détourne comme de la peste de tout ce qui ressembler à de la réflexion.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Conclusion

« Le face-à-face terrible et dérisoire du fanatique et du zombie » : c’est à cette alternative angoissante qu’Alain Finkielkraut réduit le choix de ceux qui ont quitté les rivages de la culture entendue comme vie avec la pensée pour entrer dans l’ère frelatée et vénéneuse du « tout culturel ».

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Zone critique

Le principal reproche adressé à Alain Finkielkraut, outre celui de faire partie des « nouveaux réactionnaires » (reproche adressé par Daniel Lindenberg en 2002 dans son ouvrage Le Rappel à l’ordre : Enquête sur les nouveaux réactionnaires), est d’usurper sa qualité de philosophe.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– La Défaite de la pensée, Paris, Gallimard, 1987

Du même auteur

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !