Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'La comedie inhumaine'

La comédie (in)humaine

Nicolas Bouzou, Julia de Funès

Humour et absurdité dans la vie quotidienne

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Avec comme sous-titre « Pourquoi les entreprises font fuir les meilleurs ? », La comédie (in)humaine explore un monde de l’entreprise qui peut pousser jusqu’à l’absurdité : « réunionite aiguë », séminaires sportifs, créatifs ou de bien-être, multiplication des process de fonctionnement. Pour les auteurs, nous assistons, depuis quelques années, à une véritable « comédie managériale ». L’entreprise, qui se doit d’être un lieu de travail, d’innovation, de capacité d’investissement, mais aussi de convivialité, a perdu son sens originel.

À la suite des mutations technologiques, chacune des composantes de l’entreprise, du dirigeant au salarié, a perdu sa finalité. Nicolas Bouzou et Julia de Funès, à partir d’un état des lieux sans fards de l’entreprise d’aujourd’hui, donnent des clefs pour la remettre au cœur de ses objectifs et ainsi faire revenir les meilleurs qui ont fui cet univers totalement inhibant.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

C’est à une véritable mutation que l’entreprise est confrontée avec l’omniprésence des nouvelles technologies. Le travail évolue, certains métiers disparaissent, tandis que d’autres apparaissent. Le monde du travail se modifie structurellement avec le chômage de masse qui s’est installé en France, et la peur de perdre son emploi qui en découle pour les salariés. De l’autre côté de l’échelle, les chefs d’entreprises font face à des marchés de plus en plus concurrentiels et internationalisés. Ils se doivent d’innover et de rendre leurs salariés toujours plus efficaces et motivés.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Quand l’entreprise confond convi­via­li­té et bonheur

S’il est une tendance aujourd’hui dans le monde de l’entreprise, celle traditionnelle autant que la start-up des nouvelles technologies, c’est bien l’avènement d’une forme récente de management qui tend à promouvoir le bonheur comme élément principal de tout environnement de travail. Toute entreprise soi-disant moderne se doit de mettre en place divers dispositifs afin que ses salariés se sentent au sein de l’espace travail comme dans un cocon protecteur. Les managers positivistes ne cessent d’innover en termes « d’idéologie bonheuriste ». Cela passe, par exemple, par les réunions et séminaires qui tendent à renforcer et/ou à créer un collectif « heureux ». Les salariés doivent nager dans le bien-être et le bonheur, ensemble, et tout le temps. On fait alors appel à toutes sortes de coachs et spécialistes pour transmettre un esprit positif aux équipes.

Mais pour Nicolas Bouzou et Julia de Funès, une entreprise n’est pas une équipe de foot. Comment comparer une équipe de foot qui a l’objectif de mettre le ballon au fond des filets avec une entreprise ? Elle est en effet composée de salariés- jusqu’à plusieurs milliers, travaillant chacun avec des objectifs différents, au sein d’une structure dont la finalité n’est pas toujours claire. Autre écueil mis en avant : alors même que l’on entretient dans le sport une « propagande du collectif », ce sont bien avant tout les individualités qui sont essentielles. Le comble pour les auteurs, c’est lorsque le monde de l’entreprise présente les managers sportifs ou des sportifs comme des champions du management. Car leurs expériences, aussi riches soient-elles, ne sont définitivement pas transposables dans le monde de l’entreprise.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Une nécessaire autonomie

Dans l’entreprise du XXe siècle, selon Nicolas Bouzou et Julia de Funès, on pousse l’absurdité du management jusqu’à un paradoxe. « L’entreprise, qui devrait incarner la liberté économique, l’audace, l’innovation, devient une prison. » (p. 47) Un précepte, issu du management traditionnel paternaliste, fait encore légion parmi les chefs d’entreprises : l’individu, intrinsèquement paresseux, préfèrerait ne pas travailler. Il y aurait même une véritable idéologie du contrôle qui pousserait les employeurs à mettre sous surveillance leurs salariés par le biais de process managériaux. Pour les auteurs, le badge en est un bel exemple. Il est le symbole même d’un processus de repérage permanent, de l’entrée/sortie des salariés, aux pauses café, cigarettes, déjeuners…

Le motif du badgeage pour des raisons de sécurité en partie justifiée, n’en est pas moins fallacieux dès lors que le salarié se sent observé en permanence et lorsqu’il interdit l’accès de certaines zones à certains d’entre eux. Cette chaîne de process entrave l’action des salariés en leur supprimant le sentiment de liberté, essentiel à l’autonomie. Pour étayer cette analyse, une étude de Malakoff Médéric de 2016 est par exemple citée : les salariés ne sont plus que 22% à estimer pouvoir prendre des décisions. Ils étaient 34% en 2009. Preuve que les entreprises leur laissent de moins en moins d’autonomie. Elle est ainsi vécue comme un lieu où le personnel est de plus en plus psychologiquement entravé, où la confiance nécessaire entre dirigeants et salariés tend à disparaitre.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

L’autorité, in­dis­pen­sable au management

Pour le spécialiste en économie et la philosophe, cette autonomie ne peut être efficiente au sein d’une entreprise sans, qu’en haut de l’échelle, l’autorité soit indiscutable. La notion de verticalité pyramidale des fonctions est une donnée de base du fonctionnement normal de toute entreprise. Mais au fait qu’est-ce que l’autorité ? Elle désigne l’ensemble des qualités par lesquelles quelqu’un impose à autrui sa personnalité, ou bien l’ascendant grâce auquel quelqu’un se fait respecter, obéir, écouter. Aucune contrainte, aucune persuasion, aucune pression ou manipulation, l’autorité s’impose naturellement. « Il lui est reconnu une supériorité de légitimité et il est respecté pour cela. L’autorité instaure une relation d’inégalité qui suppose la liberté et la contingence. » (p. 91)

Pour les auteurs, le dirigeant charismatique est un modèle, une source d’inspiration. Il tire « vers le haut » ses salariés qui cherchent à imiter son exemple. Se crée alors un cercle vertueux, à partir du dynamisme de chacun, des diverses qualités et compétences. Cette autorité met en place un management « compréhensif » et bienveillant qui libère les individualités autonomes. Cela ne veut pas dire pour autant que ce type management anarchique, soit synonyme d’abandon des liens de subordination, des règles, d’un cadre et d’une vision d’entreprise. C’est bien tout le contraire. Dans une confiance et un respect réciproques, le salarié travaille en toute autonomie dans un projet global prédéfini par le dirigeant.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Les clefs de l’efficacité

Nicolas Bouzou et Julia de Funès, spécialistes du monde de l’entreprise, consultants auprès de dirigeants, mettent en avant des principes et des propositions concrets pour donner à chaque entreprise les moyens de la réussite. Ils posent ainsi les valeurs qui font le fondement de l’intelligence collective, incontournable dans le but d’une efficacité entrepreneuriale : courage, excellence, confiance, franchise.

Des valeurs que doit avant tout incarner totalement le dirigeant. Son management doit par ailleurs se construire autour de trois concepts mis en perspective par le sociologue Michel Crozier en 1989, et repris par les auteurs. Simplicité, autonomie, culture : « Seule la simplicité d’une organisation laisse s’épanouir l’autonomie. Une forte culture d’entreprise est nécessaire pour réguler l’autonomie, faire en sorte qu’elle ne dérive pas vers la liberté totale, c’est-à-dire l’anarchie. » (p. 141)

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Conclusion

Défenseurs absolus de la libre entreprise, Nicolas Bouzou et Julia de Funès dressent dans La comédie (in)humaine un tableau assez sombre, parfois acide, de ce qu’est l’entreprise aujourd’hui. Elle tente de s’adapter aux mutations de nos sociétés technologiques et à la reconfiguration du monde du travail qui en découle. Ce qui devrait être le lieu de l’innovation, de la performance et du progrès tombe ainsi dans les travers d’un management qui est à l’opposé des valeurs fortes que sont l’autonomie et la confiance . La peur est un mal qui s’insinue dans toutes les strates de la société contemporaine.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Zone critique

L’ouvrage de Nicolas Bouzou et de Julia de Funès constitue un écho intéressant à son illustre prédécesseur, La comédie inhumaine d’André Wurmser, paru aux éditions Gallimard en 1965. La Comédie inhumaine de Wurmser est présentée comme un théâtre : celle de la société du XIXe siècle et le portrait de celui qui s'est imposé comme son historien, son secrétaire, Balzac. Il comprend cinq actes, l'Argent, l'Histoire, l'Art, la Politique et la Morale. Et un mot d’ordre qui s’imposait de plus en plus, la question d’argent.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – La comédie (in)humaine, Paris, Éditions de l'Observatoire, 2018.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !