
Je pense trop : comment canaliser ce mental envahissant
La gestion de la pensée excessive
Description
Apaiser un mental envahi de pensées, c'est possible ! Dans Je pense trop, la psychothérapeute Christel Petitcollin nous montre comment faire. Avec bienveillance et expertise, elle s'adresse à tous ceux qui souffrent d'inquiétudes excessives et d'un mental trop actif. Au programme : comprendre les mécanismes de nos pensées, exercices de relaxation et techniques de méditation pour cultiver la présence à l'instant.
L’auteure entremêle témoignages, explications théoriques et solutions concrètes pour mieux vivre sa surefficience, afin de venir en aide à tous ceux dont le cerveau est hyperactif. Un guide efficace pour apprivoiser ses émotions et accueillir ses pensées avec plus de douceur.
Sommaire
01Introduction
Publié en 2010, Je pense trop est un ouvrage qui se veut à la fois théorique et pratique. S’inscrivant dans le prolongement des principes de l’analyse transactionnelle élaborés par le psychiatre Éric Berne, Christel Petitcollin y aborde le sujet de la surefficience mentale. S’appuyant sur des exemples concrets directement tirés de ses propres observations en tant que conseillère en développement personnel, elle explore avec minutie les spécificités cognitives, intellectuelles et identitaires de ceux qu’on appelle aussi parfois « surdoués ».

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02La surefficience mentale : définition et causes
Tant pour les professionnels du développement personnel, les psychologues que les personnes concernées, la surdouance est un sujet délicat à aborder, d’autant qu’elle a longtemps été cantonnée au simple fait d’être doté de compétences intellectuelles hors norme. Or, la surefficience mentale est bien plus complexe que cela et se définit par tout un faisceau de caractéristiques d’ordre neurologique certes, mais aussi psychologique et comportemental. C’est ce qui explique, pour Christel Petitcollin, la difficulté à identifier les surefficients mentaux.
La surdouance ne répond par ailleurs pas à un schéma de fonctionnement unique que l’on pourrait appliquer comme une grille de lecture type. Il existe en effet différentes sortes de surefficience mentale pouvant se caractériser, entre autres, par des capacités sensitives particulièrement développées, un mécanisme de pensée ininterrompu, une hyperémotivité ou une curiosité insatiable dans un ou plusieurs domaines. C’est pourquoi certains spécialistes en psychologie ont parfois la tentation de les classer parmi les bipolaires, schizophrènes ou maniaco-dépressifs. Dans les cas les plus extrêmes, la surdouance peut revêtir la forme du syndrome d’Asperger, à savoir un autisme aigu.

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03Comment se manifeste la surefficience mentale ?
Selon les observations faites par Christel Petitcollin lors de ses consultations, la surefficience intellectuelle se traduit avant tout par une perception perçante et très affûtée des lieux, des événements et des personnes. Le surefficient est un hyperesthésique et se trouve doté de sens aux facultés exacerbées. Cette hypersensibilité se déploie à travers tous les canaux sensoriels propres à chaque individu, qu’ils soient visuels, olfactifs, auditifs, mais aussi gustatifs, tactiles ou kinésithérapiques, avec une prédominance pour certains d’entre eux et une intensité différente en fonction de chaque personne. Aucun menu détail ne peut donc échapper au surefficient mental et la situation du quotidien la plus banale devient pour lui une source inépuisable d’informations qui lui permettent de la décrypter avec précision et, à la différence du normo-pensant, d’aller au-delà des simples apparences.
La gestuelle, les expressions du visage ou les intonations de voix lui offrent par exemple autant de portes d’entrée pour cerner la personnalité et les intentions d’un interlocuteur, tandis que la luminosité, l’ambiance ou les odeurs détectées dans un appartement à vendre auront une incidence prépondérante dans le choix de l’acquérir ou non. Si cette acuité sensorielle est indéniablement un atout et un outil d’analyse utile qui devrait permettre de développer son assurance en soi, elle est souvent, a contrario, le vecteur d’états émotionnels instables, difficiles à canaliser car trop intenses et envahissants. Comme le souligne l’auteure, cette hyperesthésie conduit nécessairement à une lucidité extrême. Elle peut parfois prendre des proportions telles qu’elle peut dépasser la simple expérience sensorielle normale. Comme il n’y a qu’un pas entre le décryptage des expressions du visage et celui des pensées d’une personne, les surefficients intellectuels mettent souvent en œuvre, de façon intuitive et inconsciente, des compétences télépathiques.

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04Les conséquences physiologiques et psychologiques
Si les surefficients ont généralement une mémoire du détail à long terme excellente grâce à leur hyperesthésie, la pensée en arborescence qui les caractérise a ceci de particulier qu’elle ne leur laisse aucun répit. Elle fonctionne en continu, de jour comme de nuit. En journée, cette invasion mentale incessante et multidirectionnelle génère une incapacité à se concentrer sur une tâche. Un sujet en amène toujours un autre, d’où la difficulté à répondre aux normes et aux exigences du système scolaire par exemple. La nuit, la pensée arborescente a également un impact négatif sur le sommeil, l’esprit ne se mettant pas au repos même une fois la personne endormie. Impossible pour un surefficient de se déconnecter et de mettre son fonctionnement mental sur pause, ce qui occasionne fatigue, ainsi qu’instabilité et dérèglement de l’humeur.
Christel Petitcollin ne manque pas d’insister sur le fait que « le cerveau en arborescence est […] une usine à fabriquer du doute et des questions » (p. 73). Pour elle, cet état d’esprit a le mérite de constituer un moyen de confronter ses principes à d’autres pour les valider ou les invalider et d’aborder les événements avec recul. Cette curiosité et cette soif de savoir induisent une ouverture d’esprit et un esprit critique salutaires pour le surefficient mental et les gens qu’il côtoie. Néanmoins, ces questionnements incessants, souvent d’ordre existentiel, sont à l’origine d’un mal-être profond. À force de s’interroger et de remettre en question chaque chose, les personnes surefficientes se trouvent dans l’incapacité de se reposer sur une vision du monde stable. Tout pouvant être reconsidéré à la lumière d’une simple question, ils vivent en permanence dans l’incertitude et l’angoisse de ne pouvoir s’en remettre à des valeurs immuables. Ballottés entre passé et futur par leurs questionnements obsessionnels, ils risquent de ne plus être en phase avec le présent et de se déconstruire en laissant s’immiscer un vide identitaire.

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05Un rapport aux autres et au monde complexe
Entre émotions difficiles à gérer et capacités sensorielles surdéveloppées, les surefficients mentaux sont quasiment condamnés à entretenir des relations humaines compliquées, dans nos sociétés occidentales dominées par des cerveaux gauches tellement rationnels et terre à terre. C’est dès l’enfance que les problèmes relationnels se font jour et que l’incompréhension à leur égard commence à les marginaliser. Leur personnalité tout en excès est mal tolérée et souvent perçue comme un dysfonctionnement par rapport à la norme, ce qui conduit les parents à les rabrouer ou les surprotéger.
À l’école, ils connaissent le même rejet en raison de leur difficulté à se glisser dans le moule du système scolaire et à correspondre aux canons intellectuels en vigueur. Le papillonnement de leurs idées et leur attention dispersée sont un frein à leur réussite et leur parcours est souvent entaché d’échecs. À l’âge adulte, les surefficients sont confrontés aux mêmes problèmes d’intégration dans les domaines professionnel et privé, ce qui explique leurs doutes permanents et génère un manque d’assurance. Continuellement soumis à la désapprobation générale, jugés ou moqués, ils peinent à se construire et à développer une estime de soi.

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06Quelles pistes pour mieux vivre sa surefficience ?
Pour faire de sa surdouance un réel atout et non un fardeau pénible à porter tout au long de sa vie, Christel Petitcollin ponctue son ouvrage de conseils et de techniques à destination des surefficients mentaux. Pour elle, il est avant tout primordial d’effectuer un travail sur soi afin de s’accepter et de mieux se connaître. Pour les surefficients, la prise de conscience de leur fonctionnement cérébral spécifique et de tout ce qu’il induit constitue la pierre de voûte pour chasser définitivement leur faux self et rétablir leur vrai moi. Pour cela, ils doivent commencer par être aussi bienveillants avec eux-mêmes qu’ils le sont avec les autres, ainsi qu’être moins exigeants et moins critiques envers ce qu’ils accomplissent. C’est le meilleur moyen de reprendre confiance en soi.
Ce processus de valorisation implique évidemment une remise en question des principes moraux idéalistes qui sont ceux des surefficients. Comment ne pas se sentir en effet médiocre lorsqu’on a des aspirations et des valeurs irréalistes et inatteignables ? Le surefficient doit donc apprendre à valider ses réussites, même imparfaites. Ce travail sur soi est le point de départ pour combler son vide identitaire. À cet égard, l’aspect social n’est pas à négliger. Faire barrage à la tentation de l’isolement s’impose comme une évidence. Le surefficient a tout intérêt à multiplier ses relations sociales, qu’elles soient familiales, amicales, éphémères ou au long cours.

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07Conclusion
La surefficience mentale doit-elle donc être considérée comme un atout ou comme une faculté pénalisante ? Selon Christel Petitcollin, si les capacités sensorielles et intellectuelles hors norme qui en découlent peuvent être mal vécues, elles le sont avant tout parce qu’elles ne sont pas maîtrisées ni endiguées par les surefficients. Dans les sociétés occidentales régies majoritairement par les normo-pensants, elles se révèlent d’autant plus difficiles à assumer qu’elles ne trouvent pas la reconnaissance ni l’approbation qu’elles mériteraient.

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08Zone critique
L’intelligence humaine est un sujet qui a fait l’objet de nombreuses études et a toujours fasciné les scientifiques, et ce depuis des siècles. On est aujourd’hui bien loin des études physiognomonistes d’autrefois où la forme du crâne et du visage était un outil d’évaluation des caractéristiques intellectuelles et morales d’un individu. Depuis les années 1980 notamment, la notion d’intelligence s’est affinée, voire démultipliée en différents types : analytique, créative et pratique pour le psychologue Robert Sternberg, spatiale, corporelle ou linguistique pour le professeur de psychologie Howard Gardner.

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09Pour aller plus loin
Goleman Daniel, L’Intelligence émotionnelle, Paris, Éditions Robert Laffont, coll. « J’ai lu », 1998.
Petitcollin Christel, Je pense mieux : vivre avec un cerveau bouillonnant, c’est possible !, Éditions Trédaniel, 2015.

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