
J'ai tout essayé
Des conseils pour mieux comprendre et éduquer les enfants
Description
Comment beaucoup de parents, vous avez peut-être tendance à interpréter les comportements excessifs ou énervants de vos enfants de 1 à 5 ans comme des manifestations d'opposition, de mauvaise volonté ou d'insolence. Et s'il y avait d'autres causes, et des solutions toutes simples, que vous n’aviez pas envisagées ?
Écrit par la psychothérapeute Isabelle Filliozat et par l’illustratrice Anouk Dubois, également formatrice en « communication efficace » et psychomotricienne, J’ai tout essayé ! décrypte, à la lumière des découvertes des neurosciences et de la psychologie expérimentale, les réactions, parfois déconcertantes, des petits.
Sommaire
01Introduction
Avoir un enfant en bas âge, ce n’est pas toujours que du bonheur : colères, problèmes d’endormissement, disputes, mensonges, bêtises, refus d’obéir…
Pour accompagner les parents, J’ai tout essayé ! présente des outils simples pour gérer le quotidien, de la première à la cinquième année de l’enfant. Le message central du livre est le suivant : ces manifestations épuisantes, que les adultes ont tendance à qualifier de « caprices », ne sont en réalité que des signaux exprimant les besoins, les carences ou les excès des petits, du fait de capacités cérébrales et motrices encore insuffisamment abouties.

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0218-24 mois : besoins affectifs et activité motrices débordants
Un bambin de cet âge, c’est d’abord une bombe émotionnelle. Quand son « réservoir d’amour » n’est pas assez rempli, ses circuits cérébraux sont en manque. D’où les crises de rage, les pleurs pour un rien, les comportements excessifs…
Un exemple : l’enfant tombe et regarde maman avant de pleurer ? Petit mammifère, il attend que se manifeste la source d’un amour inconditionnel et de sécurité qu’est la mère. Le même processus se retrouve pour les pleurs de décharge, courants à la maison, après une journée parfaitement sereine à la crèche. Elle hurle quand maman ou papa s’éloigne : la faute à l’anxiété de séparation, une réaction physiologique du système hormonal. Le remède : le « petit morceau de maman » à emporter chez la nounou, un doudou par exemple.

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0324-30 mois : des routines et des rituels pour le rassurer
Une tranche d’âge marquée par un accroissement de l’affirmation de l’identité de l’enfant, et par la mise en place d’une logique propre au tout-petit… logique parfois déroutante pour les parents. Votre petite fille refuse de manger ou joue avec la nourriture ?
Ce qu’il faut retenir : les bambins se concentrent sur le processus, les parents sur le contenu. Quand l’enfant n’a plus faim, il pense que les aliments sont faits pour jouer. Isabelle Filliozat conseille aux parents de déstresser : un enfant ne se laisse pas mourir de faim.
L’enfant de cet âge est aussi très attaché à certaines routines, qui l’aident à organiser ses perceptions et ses représentations mentales dans un environnement nouveau et complexe. Il peut ainsi éprouver une véritable détresse quand on lui enfile ses vêtements dans un ordre qui n’est pas le sien. En le rassurant, instituer des rituels désamorcera nombre de conflits. Il ne veut pas dormir ? À cet âge, on assiste à un décalage des cycles de sommeil, jusqu’à 22 ou 23 h. Il faut profiter des premiers signes de fatigue pour mettre en place la routine du coucher (« le pyjama, les dents, l’histoire… »).

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042 ans et demi à trois ans : il veut tout, tout seul !
En accueillant les émotions de l’enfant, nous lui montrons que nous n’ignorons pas sa réalité. Isabelle Filliozat aborde le cas de la crise de rage au supermarché, pour se voir acheter tel bonbon ou tel jouet. Ces manifestations sont en réalité la simple conséquence d’excès de stimulations sensorielles et, pour l’enfant, une manière de se calmer.
Si on lui refuse ce qu’il désire, la frustration provoque en lui une baisse brutale et réellement douloureuse du taux de dopamine et d’enképhalines, les hormones du plaisir et de l’anticipation de la récompense. Il ne s’agit pas de céder au désir de l’enfant, mais de le contenir doucement, mais fermement. Le contact physique déclenchant une sécrétion d’ocytocine, l’hormone du bien-être, qui aidera l’enfant à se calmer.
Cette tranche d’âge correspond à une période de formation intense de synapses (connexion de neurones) dans le centre de la parole et le lobe frontal. L’enfant apprend à prendre des décisions. Du coup, il « veut » tout ce qu’il voit. Or, il utilise le verbe « vouloir » sans forcément désirer l’objet, au même titre que d’autres comme penser, reconnaître, imaginer, croire… Savoir reconnaître son envie, c’est l’essentiel pour lui. Parfois aussi, il ne sait pas ce qu’il veut. Invité à choisir, par exemple, entre deux gâteaux, l’enfant de cet âge garde les deux images dans sa tête, sans compatibilité entre son image (les deux gâteaux) et le réel (la nécessité de n’en choisir qu’un). D’où ses pleurs, parfois, une fois le choix fait !

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053 ans et demi à cinq ans : essor de l’imaginaire et premières difficultés de socialisation
À trois ans, l’enfant découvre les images mentales et à ses yeux, ce qui est dans sa tête est « pour de vrai ». La grande majorité des enfants de trois ans et demi - quatre ans mentent, car fascinés par le pouvoir des mots, ou par peur de notre jugement. Même logique en œuvre face à l’enfant qui fait des dégâts et qui dit « C’est pas moi ».
Il ne distingue pas encore comportements accidentel et intentionnel. On peut l’aider à distinguer les différentes parties de lui-même : « C’est ta main qui coupe le papier, ce serait une bonne idée de la surveiller pour qu’elle découpe seulement le papier. »
À l’inverse, elle ne sait pas tenir sa langue : « La dame est vieille », « Le monsieur est gros »… Elle n’est pas encore capable de penser dans sa tête : ne pas la gronder, mais sourire à la personne et répondre à votre enfant.

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06Les disputes : mieux les comprendre, des astuces pour les déjouer
Les disputes entre enfants, fréquentes dans ces âges, peuvent avoir plusieurs causes : jalousies, colère, dispute d’un territoire, mais aussi simples décharges motrices.
À partir de trois ans, chaque conflit est une bonne occasion d’enseigner quelques habiletés relationnelles : écouter l’autre, faire preuve d’empathie, s’excuser et réparer.
Exemple : face à deux petites filles qui se disputent, Isabelle Filliozat propose plusieurs options.
Option 1: dire « stop » et décrire ce que l’on voit : « Je vois deux petites filles qui veulent chacune la même poupée ». Option 2 : leur confier la recherche de solutions. Option 3 : offrir des choix. Option 4 : mener une médiation, en demandant à chaque enfant de reformuler ses griefs, ce qui l’aidera à comprendre le vécu de l’autre.

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07Poser des limites, sans punitions ni châtiments corporels
« Si les punitions éduquaient, il y a belle lurette que l’espère humaine ne commettrait plus de crimes », estime Isabelle Filiozat (p. 164). Face aux résistances d’un enfant, fessées et punitions ne constituent jamais de bonnes solutions.
D’abord, les punitions n’ont qu’une efficacité de court terme, en soulageant le punisseur. Elles s’adressent aux symptômes, non aux causes des problèmes, avec un risque de récidive, voire d’escalade. De plus, elles évitent à l’enfant de faire face aux conséquences de ses actes et ne lui apprennent rien lorsqu’il n’y a pas de lien entre le comportement incriminé et la punition. En détournant l’attention de l’enfant vers des sentiments négatifs à l’égard du parent, elles empêchent l’émergence (salutaire et fondatrice) du sentiment de culpabilité.

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08Conclusion
Ce petit livre, très synthétique et facile d’accès, est une mine pour éclairer les parents sur comment réfléchit un bambin de 1 à 5 ans. J’ai tout essayé ! est très utile pour sortir du cercle vicieux « colère égale caprice, égale punition ou cris », et (ré)apprendre à communiquer avec son enfant, dans le respect de chacun.

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09Zone critique
Ce livre est l’une des références en matière de parentalité positive et bienveillante. Les conseils sont de bon sens et simples à appliquer, les illustrations pertinentes et explicites.
Toutefois, il peut vite paraître un peu « léger » pour les lecteurs déjà initiés et désireux d’approfondir les principaux concepts de la parentalité positive, notamment l’écoute active et la communication bienveillante. Pour ce faire, ils gagneront à compulser les ouvrages d’Adèle Faber et Elaine Mazlich, ainsi que de Thomas Gordon.

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10Pour aller plus loin
Ouvrage recensé
– J’ai tout essayé. Opposition, pleurs et crises de rage : comment traverser la période de 1 à 5 ans, Paris, Marabout, 2013.
De la même auteure
– Au cœur des émotions de l’enfant, Paris, Marabout, 2013. – Il me cherche ! Comprendre ce qui se passe dans son cerveau entre 6 et 11 ans, Paris, Marabout, 1999. – On ne se comprend plus : Traverser sans dommage la période des portes qui claquent entre douze et dix-sept ans, J.C. Lattès, Coll. « Psy-Santé », 2017.

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