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Couverture de 'Homo disparitus'

Homo disparitus

Alan Weisman

Que se passerait-il si les humains disparaissaient ?

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Description

Supposons que l’homme disparaisse du jour au lendemain…

Comment réagirait la nature ? Et toutes les constructions que nous laisserions derrière nous : les villes, les usines, les centrales nucléaires, les monuments… tout ce que nous avons déployé pendant des siècles d’occupation sur la Terre ? À partir des informations glanées auprès d’éminents scientifiques rencontrés partout dans le monde, grâce aux différents modèles étudiés avec eux, Alan Weisman dresse un inventaire précis et surprenant des événements qui se produiraient alors. À l’aide d’une écriture vivante et pleine d’humour, il emmène le lecteur dans un surprenant voyage au fil de sa curieuse hypothèse.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Alan Weisman a rédigé, il y a plusieurs années, un article pour le magazine Harper’s au sujet du site de Tchernobyl. Il y avait étudié comment la nature s’était réapproprié les lieux après le départ précipité des hommes. Cet article a inspiré à la rédactrice en chef de Discover Magazine l’idée de lui suggérer d’aller encore plus loin. Elle lui a alors demandé d’étudier ce qui arriverait si l’humanité disparaissait d’un seul coup. Alan Weisman a compris qu’une étude de la planète effectuée sous cet angle permettrait sans doute de tirer bien des enseignements.

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02

La chute des géants

L’un des premiers dommages que l’homme a infligés à la nature, c’est la disparition des animaux. Il semblerait que le problème soit bien plus ancien que l’on ne pourrait croire. En fait cela a commencé dès que les premiers hommes ont commencé à quitter l’Afrique, berceau de l’humanité. Les premières victimes furent les grands mammifères. Des fossiles plutôt récents de mouflons, de paresseux géants ou de mammouths ont été retrouvés sur les terres du Kentucky, de Virginie ou de Louisiane. Il y avait sur le territoire américain des ours géants, des castors de la taille de l’ours brun actuel, une espèce de lion plus grand et plus rapide que le lion d’Afrique ainsi que le canis dirus, un très grand canidé.

En Nouvelle-Zélande, un oiseau de près de 300 kg, le moa, deux fois plus gros qu’une autruche a disparu, il y a moins de quatre mille ans. Paul Martin, chercheur à l’Université de Montréal en a tiré une théorie, dite du Blitzkrieg. Elle soutient l’idée que ces très gros animaux n’avaient aucune raison de se méfier des hominidés nouveaux venus qui arrivaient d’Afrique. Or qu’il s’agisse des premiers homo erectus, capables de fabriquer des haches ou des homo sapiens arrivés en Amérique il y a environ 13 000 ans avec des lances équipées de pointes en pierre, les hominidés étaient capables d’abattre du très gros gibier.

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03

Retrouver un territoire

Malheureusement si nos ancêtres, pour se nourrir, ont procédé au massacre de plusieurs espèces d’animaux, nous sommes capables maintenant de détruire quantité d’autres espèces sans même y toucher. Nous supprimons purement et simplement leur habitat. Alors qu’arriverait-il si nous les laissions tranquille ? Ce qui se passe à la frontière entre les deux Corées dans l’espace de no man’s land où personne ne met plus les pieds depuis presque 70 ans en montre un exemple intéressant. L’ours noir d’Asie, deux variétés de cerf, le lynx, la martre à gorge jaune ainsi qu’une chèvre des montagnes en voie d’extinction se sont installés sur ce territoire à nouveau préservé.

C’est sans doute grâce à ce bout de terre libre que les grues du Japon existent encore aujourd’hui. Elles arrivent de Sibérie et de Chine pour passer l’hiver dans ce no man’s land où elles parviennent à faire grandir quelques petits. Les scientifiques pensent que, si l’homme venait à disparaître, quelques tigres de Sibérie, trop à l’étroit dans ce territoire déserté, pourraient aller se réinstaller dans les montagnes à la frontière de la Chine et de la Corée du Nord, ce qui pourrait sauver leur espèce.

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04

Que de­vien­draient les terres agricoles ?

Alan Weisman présente deux exemples de ce que deviendraient nos territoires agricoles après notre disparition. La Nouvelle-Angleterre pourrait bien parvenir à retrouver son état originel, celui de l’Amérique du Nord avant l’arrivée de l’homme : un espace couvert de grandes forêts de feuillus, de pins ou d’épicéas. Dans cette région, les hommes ont abandonné tout un territoire après l’avoir exploité pendant trois siècles. Des chercheurs ont retrouvé, enfouis dans les forêts du Maine, du Vermont, du New-Hampshire ou du Connecticut, des centaines de milliers de kilomètres de murets construits au XVIIe siècle. Les agriculteurs arrivés dans ce pays avaient délimité leurs terres à l’aide des pierres qu’ils trouvaient partout sur le sol, vestiges des très anciens glaciers qui avaient jadis recouvert l’Amérique du Nord.

Par la suite, quand l’agriculture s’est industrialisée, les cultivateurs ont quitté ces lieux pour le Middle West où les terres semblaient plus riches et les hivers moins rudes. Malgré les trois siècles d’exploitation de ces terres, les forêts ont repoussé. Les murs se sont effondrés au fur et à mesure. Petit à petit les animaux sont revenus aussi et cette forêt tempérée de l’Amérique du Nord est pratiquement revenue à l’état de ce qu’elle était à la création des États-Unis en 1776.

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05

Combien de temps tiendraient les construc­tions humaines après la disparition de l’homme ?

Alan Weisman nous fait remarquer, non sans humour, que les ruines de la Rome antique montrent que la fonte résiste parfaitement au temps, il imagine alors que nos bouches d’égout et d’incendie pourraient bien trainer éternellement çà et là dans une nature à peu près reconstituée.

Selon les régions du monde, la disparition de nos constructions se ferait différemment. New York sombrerait dans l’eau, car jadis Manhattan était un terrain poreux rempli de racines qui redistribuaient l’eau de pluie dans les arbres et les herbes des prés environnants. Comme il ne reste plus assez de surface naturelle pour absorber et restituer toute cette humidité, 50 millions de litres d’eau sont pompés tous les jours pour protéger le métro new-yorkais. Après notre disparition (et la coupure du courant qui s’ensuivrait) la ville subirait d’énormes infiltrations d’eau qui ne mettraient sans doute pas très longtemps à abattre toutes les constructions. En 500 ans, la forêt aurait repris sa place et même le très solide pont de Brooklyn sombrerait en 300 ans parce que ses rivets et ses boulons se seraient corrodés.

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06

Quid de nos industries ?

Est-il possible d’imaginer comment la nature pourrait se remettre de tout ce qu’il y a dans la région qui s’étend entre Houston et la baie de Galveston au Texas ? On y trouve des derricks, des raffineries, des usines chimiques, et des industries de plastique. Tant que l’homme est là pour gérer les torchères, les jauges, la solidité des conduites, des citernes, etc., un équilibre relatif sécurise l’ensemble. Mais après la disparition de l’homme, le moindre incendie dans un puits de gaz pourrait durer aussi longtemps qu’il y aura du gaz dans les gigantesques poches du golfe du Mexique (ce serait pareil au Koweït). Plus grave encore, l’explosion d’une ou plusieurs usines pétrochimique dégagerait dans l’air des nuages de cyanure d’hydrogène, que les alizés pourraient pousser bien au-delà du « couloir chimique » entre le Texas et la Louisiane.

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07

Connclusion

Alan Weisman termine son inventaire par une réflexion sur les hommes. Quel est le point de vue des religions face à l’avenir de l’humanité ? Allons-nous nous autodétruire, comme le suggèrent certains scientifiques par l’impact des nanotechnologies sur notre ADN ? Devrions-nous réduire la natalité à un enfant par famille ? Certaines projections annoncent que, dans cette hypothèse, la courbe de la population s’inverserait pour revenir aux environs de 4 milliards d’individus vers la fin du siècle. Une chose est certaine : notre impact est énorme, partout et certains dommages sont irréversibles.

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08

Zone critique

Le livre met en évidence l’influence destructrice de l’homme sur la Terre. Il présente des situations susceptibles de déclencher de grandes catastrophes. Les hypothèses, étayées par les arguments solides et techniques des spécialistes, ne sont pas rassurantes. Elles rejoignent les théories actuelles de l’effondrement. Mais le livre, écrit en 2007, porte en lui une dimension littéraire et philosophique qui le rend plus « léger ».

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– Homo disparitus, Paris, Flammarion, 2007.

Du même auteur

– Compte à rebours : jusqu’où pourrons-nous être trop nombreux sur Terre ?, Paris, Flammarion, coll. « Documents sciences humaines », 2014.

Autres pistes

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