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Couverture de 'Histoire economique de la france t1'

Histoire économique de la France (t.1)

Jean-Charles Asselain

De l'Ancien Régime à la Première Guerre mondiale

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Description

Dans ce premier tome, Jean-Charles Asselain détermine les forces motrices du développement économique depuis le XVIIIe siècle jusqu’à la guerre de 1914 et dégage les facteurs permanents qui font l’originalité de la croissance économique française.

Première puissance économique à la fin du XVIIIe siècle, la France perd son rang à la veille de la Première Guerre mondiale, « surclassée par la Grande-Bretagne dans le domaine financier, par les États-Unis en termes de niveau de vie, par l’Allemagne en termes de puissance industrielle ». L’auteur s’oppose pourtant à un certain pessimisme.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Au XVIIIe siècle, le secteur agricole occupe une place prépondérante dans l’économie française, mais ce n’est plus une économie stagnante. On assiste en effet à une phase de développement préindustrielle sur laquelle s’appuiera l’essor industriel du XIXe siècle, ainsi que sur l’assimilation des techniques anglaises.

Quant au commerce, il est particulièrement dynamique au XVIIIe siècle, en particulier grâce à l’exploitation du domaine colonial. À la veille de la Révolution, la France est la première puissance économique européenne. La Révolution a, d’une part, un effet négatif sur le court terme, les guerres pesant sur la croissance, et, d’autre part, elle a un effet bénéfique sur le long terme car, en bousculant les institutions de l’Ancien Régime, elle ouvre la voie à la croissance économique moderne. Avec les guerres de la période révolutionnaire, puis de la période napoléonienne, la France accuse un retard important sur la dynamique industrielle de la Grande-Bretagne.

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02

L’agriculture au XVIIIe siècle

L’agriculture occupe une place prépondérante dans l’économie française au XVIIIe siècle. La population rurale représente près de 85 % de la population totale.

Sous l’Ancien Régime, le progrès agricole rencontre plusieurs obstacles : complexité des régimes de propriété, prélèvements en cascade sur le produit du travail des paysans, utilisation de techniques et d’outillages peu évolués, faible degré de spécialisation régionale ou encore cloisonnement régional lié au coût élevé des transports. Cependant, le progrès agricole devient au XVIIIe siècle un sujet de préoccupation majeur et l’agronomie bénéficie d’un véritable engouement. La monarchie encourage ces progrès agricoles, notamment en améliorant le réseau routier.

À partir de la seconde moitié du XVIIIe siècle, la population française amorce une croissance soutenue. Le démarrage de la croissance démographique est imputable à un recul de la mortalité, auquel on peut trouver plusieurs causes. En premier lieu, les progrès de l’hygiène ont permis de faire reculer la mortalité infantile, et peut-être également d’éradiquer la peste, qui frappe pour la dernière fois en 1720 à Marseille. En outre, au XVIIIe siècle, le territoire français est épargné par la guerre. Enfin, l’une des conséquences favorables des progrès agricoles est de circonscrire les disettes dans l’espace et dans le temps, ce qui réduit la mortalité.

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03

Le commerce extérieur et l’industrie au XVIIIe siècle

Durant le XVIIIe siècle, le commerce extérieur français est en plein essor. En 1720, il représentait à peine plus de la moitié du commerce britannique, tandis qu’en 1780 il lui est presque équivalent. La prospérité du commerce extérieur français dépend en grande partie de l’expansion du commerce colonial, notamment avec les Antilles (importations de sucre, de café, d’indigo et de coton).

Cet essor provient de l’amélioration de l’organisation des transports maritimes : la généralisation de l’assurance maritime facilite la mobilisation des capitaux en réduisant les risques, ce qui permet de baisser le coût du transport de marchandises. Le dynamisme du commerce extérieur exerce un « effet industrialisant » sur les provinces maritimes françaises, en particulier sur le « secteur atlantique », où se concentre toute une gamme d’industries diversifiées, surtout près des ports de Bordeaux et de Nantes. Au XVIIIe siècle, l’économie française n’est plus seulement une économie agricole.

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04

L’économie française à la veille de la Révolution

À la fin du XVIIIe siècle et de l’Ancien Régime, la France reste la première puissance économique européenne. Elle bénéficie non seulement d’une unification nationale précoce (un avantage qu’elle partage avec l’Angleterre) mais aussi d’une population double de celle de la Grande-Bretagne. Cependant, à partir de la décennie 1780, l’industrie française peine à amorcer par elle-même les transformations structurelles décisives, et l’avance anglaise commence à faire sentir ses effets sur l’économie française. Dans le secteur agricole, l’Angleterre bénéficie d’une indiscutable supériorité.

Deux traits principaux confèrent à la révolution industrielle anglaise son caractère unique : l’aptitude à engendrer un flux croissant d’innovations et le raccourcissement du délai séparant l’invention de son application industrielle. La France assimile rapidement ces innovations anglaises, mais leur diffusion s’effectue à une échelle plus réduite. L’une des raisons de ce retard de l’industrie française réside également dans des facteurs institutionnels de l’Ancien Régime, qui exercent un effet de freinage indéniable : les corporations, par exemple, tombées en désuétude en Angleterre, mènent en France un combat pour la protection de leurs intérêts qui retarde le progrès économique.

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05

L’essor industriel dans la première moitié du XIXe siècle

La Révolution marque une période décisive de mutations structurelles. Dans le domaine agraire, l’abolition des droits féodaux et les transferts de propriété mettent en place un système de petite exploitation paysanne qui a sans doute contribué à ralentir le développement économique. La taille des exploitations est insuffisante pour investir et renouveler les méthodes de culture.

On observe aussi un freinage de la croissance démographique, lié à la volonté de ne pas morceler encore plus les exploitations. Néanmoins, la fin du féodalisme ouvre la voie à la croissance économique moderne, avec la mise en place d’une législation adaptée aux besoins du capitalisme (suppression des corporations, protection des droits de propriété, etc.).

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06

Ra­len­tis­se­ment économique dans la seconde moitié du XIXe siècle

À partir des années 1860 apparaissent les premiers signes du fléchissement économique, qui s’explique par trois facteurs majeurs : la signature du traité de commerce franco-britannique de 1860, la défaite de 1870 (amputant la France de l’Alsace et de la Lorraine, deux de ses provinces les plus industrialisées) et surtout la dépression agricole, qui prend dès les années 1870 un tour très brutal. D’autres facteurs circonstanciels ont contribué à accentuer ce fléchissement, comme les ravages du phylloxéra sur la vigne et de la pébrine sur le ver à soie. Le réseau ferroviaire étant en grande partie achevé, les nouvelles constructions ne portent plus que sur des lignes secondaires moins rentables.

Le fléchissement industriel trouve principalement son origine dans la dépression agricole, qui exerce une double influence : les migrations de main-d’œuvre vers l’industrie sont moins importantes, et, surtout, la stagnation du pouvoir d’achat tend à réduire la demande de produits industriels. Les dépenses publiques s’accroissent pour répondre à ces difficultés et soutenir l’activité économique, préfigurant les politiques macro-économiques de soutien de la demande appliquées au XXe siècle. L’industrie française se restructure géographiquement et sectoriellement : la métallurgie, amputée par la perte de l’Alsace-Lorraine en 1871, se déplace vers les façades maritimes ; dans l’industrie textile, le tissage manuel est définitivement supplanté par le tissage mécanique.

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07

Impulsions nouvelles à l’orée du XXe siècle

Après une longue période de dépression, l’économie française parvient à émerger à partir des années 1890. Le retournement se manifeste en particulier dans l’évolution des prix : la longue période de baisse de la seconde moitié du XIXe siècle laisse place à une conjecture inflationniste qui, n’étant pas anticipée, provoque un arrêt de la croissance des salaires réels.

Au contraire, la hausse des profits prend des proportions exceptionnelles. La période 1890-1913 est une période d’expansion monétaire et de prospérité financière, qualifiée par l’auteur d’« apogée du capitalisme ». Contrastant avec la phase antérieure de ralentissement, la croissance économique s’accélère.

On assiste à une modification des bases de la croissance. Le moteur à explosion et l’électricité succèdent au chemin de fer. Les industries métallurgique, chimique et électrique sont les nouvelles industries motrices et celle de la construction aéronautique voit le jour.

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08

Conclusion

La France, qui était en tête des puissances à la fin du XVIIIe siècle, ne l’est plus à la veille de la guerre de 1914. « Elle est surclassée par la Grande-Bretagne dans le domaine financier, par les États-Unis en termes de niveau de vie, par l’Allemagne en termes de puissance industrielle. » Pourtant, la France n’a pas connu, sur l’ensemble du XIXe siècle, de croissance « anormalement faible ». La croissance française se distingue par l’intensité des fluctuations à moyen terme. Sur l’ensemble de la période étudiée dans cet ouvrage, du XVIIIe siècle à l’éclatement de la Première Guerre mondiale, deux principales phases de ralentissement économique se dessinent.

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09

Zone critique

La « vision traditionnelle » est majoritairement pessimiste sur l’état de l’économie française à la veille de la guerre de 1914. Le poids élevé de l’agriculture, le faible taux d’urbanisation (qui accuse un retard de l’ordre d’un siècle par rapport à la Grande-Bretagne) ou le faible taux de salariat sont autant d’arguments qui vont dans ce sens. En 1913, la France est un pays semi-industrialisé, semi-développé, qui a perdu le rang de première puissance économique qu’elle occupait un siècle plus tôt.

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10

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Histoire économique de la France du XVIIIe siècle à nos jours, tome 1 : De l’Ancien Régime à la Première Guerre mondiale, Paris, Seuil, 1984.

Du même auteur – Histoire économique de la France du XVIIIe siècle à nos jours, tome 2 : Depuis 1918, Paris, Seuil, 2011. – Avec Bertrand Badie, Jean Bouvier et alii, La France en mouvement (1934-1938), Paris, Champ Vallon, coll. « Époques », 1986. – L’Argent de la justice. Le budget de la justice en France de la Restauration au seuil du XXIe siècle, Bordeaux, Presses universitaires de Bordeaux, 2009.

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