
Histoire de la Mésopotamie
Exploration de l'histoire ancienne de la Mésopotamie
Description
Du légendaire Enmerkar à Cyrus le Grand, la Mésopotamie fut un des centres de la civilisation. Y naquirent l’agriculture, l’écriture, l’arithmétique, le calendrier, l’astronomie. Tout cela avait sombré dans les sables, jusqu’à ce que nos orientalistes ne viennent relever les ruines de ces peuples et déchiffrer leurs écritures.
Depuis quelques années, ce n’est plus seulement la culture savante qui est découverte ; c’est encore la vie quotidienne, les mœurs de ces peuples qui commencent à se révéler à nous. Tel est l’objet énorme de ce petit livre : donner à comprendre la culture mésopotamienne, des latrines au service divin.
Sommaire
01Introduction
Durant quatre millénaires, s’épanouit, sur les bords du Tigre et de l’Euphrate, aux pieds du Taurus et du Zagros, la première des civilisations, la civilisation mésopotamienne, à qui nous devons l’agriculture, l’écriture, l’arithmétique et le calendrier. Là se succédèrent Sumer, Akkad, Babylone, Assur, se transmettant un même panthéon et de mêmes textes sacrés, une même écriture, des coutumes semblables.
Évanouies dans les sables, connues seulement par Bérose, Hérodote et la Bible, ces fameuses cités avaient longtemps été l’objet de fantasmes. Babylone, cité du vice, capitale démoniaque, avec sa tour de Babel et ses tyrans odieux. Puis vint le XVIIIe siècle des Lumières, le XIXe de la science historique.
Dans le sillage des banquiers, des aventuriers et autres explorateurs intrépides, des missions scientifiques se jetèrent avidement sur le trésor des siècles. Françaises d’abord, puis anglaises, allemandes et américaines, elles rapportèrent dans les grands musées d’Europe nombre de statues étranges et de tablettes mystérieuses dont bientôt on déchiffra l’écriture. Surgirent alors, au milieu de profanes livres de compte, des textes sacrés, dont la Bible avait seule porté jusqu’à nous le lointain écho : épopée de Gilgamesh, voyage de la déesse Ishtar aux enfers, lamentations, proverbes, contes philosophiques…

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02Origines
Selon la mythologie mésopotamienne, les dieux inférieurs travaillaient pour les supérieurs, qui jouissaient de l’existence en toute oisiveté. Ils ne se révoltèrent pas, mais eurent une idée : celle de fabriquer un être qui travaillerait pour eux, de sorte qu’eux-mêmes soient débarrassés de tout labeur. Cet être, ce fut l’homme.
On comprend, explique Véronique Grandpierre, l’importance de ce mythe dans la Mésopotamie de ces époques reculées. Car ce pays, ce sont deux fleuves, le Tigre, et l’Euphrate, coulant au beau milieu de contrées désertiques, écrasées de soleil, et sujets à de fortes crues, régulières, mais imprévisibles. L’acclimatation de l’agriculture y nécessita des travaux titanesques. Il fallait irriguer le désert, creuser de canaux, bâtir des barrages. Le résultat en valait la chandelle.

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03Sumer et les invasions
Au sujet des origines, on n’est donc pas renseigné par des textes contemporains des événements, seulement par des mythes. Le premier d’entre eux, c’est celui de Gilgamesh, roi du pays d’Uruk vers 2700 av. J.-C., qui nous est connu par l’épopée qui porte son nom et retrace sa lutte contre la mort et son voyage aux enfers.
À cette époque, le pays est dominé par le peuple sumérien, dont la langue ne se rattache à aucune autre langue connue.
Mais, bientôt, un peuple nouveau entre en scène, le peuple sémite d’Akkad, venu du nord. Les rois akkadiens unifient le pays, soumettent les peuples voisins, jusqu’en Syrie et en Perse. Ils se coiffent de la tiare des dieux, surmontée de serpents, et portent le nom de Seigneurs de Kish, à la fois nom de leur capitale et désignation de l’univers en sa totalité. L’empire, à prétentions universelles, étend ses relations commerciales à l’Inde et au Yémen.

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04Le rattachement à l'empire perse
À nouveau, viennent les barbares, sémites Amorrites, qui détruisent Sumer. Émerge bientôt le royaume de Babylone, littéralement la « Porte des dieux ».
En 1792 av. J.-C., un certain Hammourabi monte sur le trône, unifie le pays, rédige un Code et impose un calendrier unique à tout le pays. Or, à la même époque, la brillante civilisation de l’Indus disparaît. Le sud du pays, zone sumérienne, perd ses débouchés commerciaux et entre en décadence, définitivement. Le pouvoir est au nord, et y restera. La langue parlée, ce sera l’Assyrien, le sumérien subsistant comme langue de lettrés.
Vers 1200-1000, c’est la terrible invasion des “peuples de la mer”, ces indo-européens qui, avec les Doriens apparurent alors en méditerranée.

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05Croyances et religion
Douée d’une longévité plurimillénaire, la religion mésopotamienne a connu des métamorphoses nombreuses liées aux transformations politiques qui affectaient le pays. Chaque cité a, en effet, sa divinité tutélaire et, si elle devient le centre du pays, alors son dieu devient le roi des dieux.
C’est ainsi que le poème de Création explique la suprématie de Babylone à la fin IIe millénaire. Dans ce texte, la naissance du monde est « issue d’une guerre intergénérationnelles entre dieux » (p. 371), à l’issue de laquelle Marduk crée le monde à partir du cadavre de Tiamat (déesse des Eaux primordiales), dont le foie devient notre firmament. « Chaque élément de la nature est donc une pièce du divin. Aucune différence n’existe entre naturel et surnaturel » (p. 372).

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06Vie quotidienne et urbanisme
Le fondement de la famille est le culte des morts, dont le sacerdoce appartient au chef de famille. Mais, si la société mésopotamienne est indéniablement patriarcale, cela ne signifie pas que la femme soit dans un état d’infériorité radical. Le voile qu’elle porte n’est qu’un signe de distinction sociale. Certaines reines ont eu le pouvoir, et le rôle de la déesse Ishtar est central. À certaines époques, elles peuvent diriger un domaine ou passer contrat.
Quoique majoritairement paysanne, la société est très marquée par l’urbanité. Au cœur des villes, les temples, bien sûr, et ces ziggourats, tours à étage par où la Terre rejoignait le Ciel, immenses édifices où s’entassaient des dizaines de millions de briques et dont l’édification nécessitait l’emploi d’une main d’œuvre déportée, selon un usage ancien et toujours plus massif, dont les Juifs firent comme on sait la malheureuse expérience, mais qui concerna bien d’autres peuples et en des proportions encore plus énormes encore.

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07Science et sorcellerie
Il y avait, en Mésopotamie, tout un système d’enseignement d’État, développé dès le IIIe millénaire, et organisé en trois « cycles » : le cycle primaire, où l’on apprenait les rudiments du calcul et de l’écriture, le cycle d’approfondissement, où l’on étudiait les textes littéraires, les hymnes, la musique, et un cycle supérieur comprenant trois branches : la divination, l’exorcisme et la lamentation. La discipline était dure : on pratiquait le châtiment corporel.
La science existait, mais pas au sens actuel. Les principes en étaient, plus que la déduction et l’observation scientifique, l’analogie et l’observation à l’œil nu. Cependant, il semblerait que l’on connaissait le théorème de Pythagore, et il est assuré que l’on utilisait le zéro et que l’on extrayait les racines carrées. Les bibliothèques, bien fournies (pas moins de trente mille tablettes dans la bibliothèque de Ninive), étaient réservées aux initiés et on était scribe de père en fils. Il régnait donc un culte du secret, et il demeure malaisé de savoir quelles étaient les connaissances réelles des Mésopotamiens.

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08Conclusion
Grâce au patient travail des assyriologues, nous connaissons toujours mieux les mythes, les mœurs et les connaissances des anciens Mésopotamiens. Une chose est certaine : s’ils n’étaient pas les monstres que décrit la Bible, leurs villes étaient bien des lieux d’intense brassage ethnique, puisqu’à l’élément originel étaient venus s’adjoindre toutes sortes d’envahisseurs ou des populations déplacées en masse.

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09Zone critique
L’ouvrage de Véronique Grandpierre a le grand mérite de présenter au grand public l’« état de la recherche » dans le domaine extraordinairement complexe de l’assyriologie. Grâce à lui, le lecteur commence à comprendre quelque chose à ces quatre millénaires, avec ses multiples dynasties, ses guerres sans nombre et ces dieux innombrables.
Cependant, il ne fait que présenter et synthétiser. Il ne conclut pas. Il ne tente pas de saisir l’essence de la civilisation qu’il décrit, et il ne le peut pas, puisqu’il ne se livre à aucun essai de comparaison historique, ni avec les sociétés contemporaines ni avec les sociétés ultérieures de la même aire géographique.

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10Pour aller plus loin
Ouvrage recensé – Histoire de la Mésopotamie, Gallimard, coll. « folio histoire », 2010.
Du même auteur – Sexe et amour de Sumer à Babylone, Gallimard, 2012.

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