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Histoire culturelle de la France : de la Renaissance à l’aube des Lumières

Alain Croix, Jean Quéniart

Les éclats de la Renaissance

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Description

Ce livre apporte un éclairage sur plus de deux siècles de pratiques culturelles. Ce sont les changements qui y sont principalement traités, explorant l’Ancien Régime du règne de François Ier à celui de Louis XIV.

Ce fut le moment historique durant lequel l’écrit, à la faveur du développement de l’imprimerie, prit son essor et atteignit toutes les strates de la société, s’émancipant du monopole des catégories supérieures propre aux temps médiévaux.

Au-delà de cette révolution majeure, l’ouvrage veille à évoquer la diversité culturelle du royaume non seulement du point de vue géographique, mais également du point de vue social.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

L’ouvrage proposé est le second opus de la collection Histoire culturelle de la France. Le premier abordait le Moyen Âge et les deux suivants l’époque contemporaine. Dès l’introduction, les auteurs expliquent qu’ils n’entendent pas limiter la culture de la France du temps au niveau de celle des élites. Ils souhaitent aborder cette question dans toute sa diversité, au risque d’en devenir partiels.

C’est ainsi que de nombreux thèmes sont abordés, aussi différents soient-ils que les mythes, la fête, la mesure du temps et de l’espace, ou encore la conception de la maladie. Une histoire culturelle ne peut être que totale pour être comprise, les éléments culturels interagissant les uns avec les autres.

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02

La culture héritée

Dans un premier temps, l’ouvrage évoque toute la culture qui était héritée du Moyen Âge et qui perdurait à la Renaissance. L’entrée dans la vie, par exemple, demeurait un mystère : la conception était incomprise, tout comme la gestation qui faisait vivre les femmes dans l’angoisse de l’accouchement. Un dicton populaire disait d’ailleurs « Femme grosse a un pied dans la fosse ». C’est ainsi que, dans l’espoir de répondre à ces craintes, est née la volonté de satisfaire les envies de la femme enceinte, tout comme le recours aux saints spécialisés, au premier rang desquels figurait la Vierge Marie.

De même, les auteurs expliquent que les hommes organisaient et régulaient la société en groupes d’âges, dans lesquels chacun entrait par des rites de passage dont la pratique rythmait la vie quotidienne, au moment de la naissance, du mariage, de la mort. Les liens qu’entretenaient les humains avec la nature sont également évoqués : les animaux, les plantes, ainsi que les signes annonciateurs du temps qu’il va faire. C’était fondamental dans des sociétés où les céréales demeuraient la base de l’alimentation et où les aléas climatiques pouvaient être désastreux.

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03

La culture au temps des Valois (vers 1520-vers 1580)

Chacun le sait, la culture du XVIe siècle peut être ramenée à celle de l’humanisme, qui plaçait l’Homme au centre de la réflexion, et dont les idées se diffusèrent largement grâce à l’invention de l’imprimerie. Les presses se multiplièrent dans tout le royaume, consacrant progressivement le triomphe de l’écrit sur l’oral, qui dominait au Moyen Âge. Ainsi, l’ordonnance de Villers-Cotterêts de 1539, édictée sous le règne de François Ier, exigeait des preuves écrites en justice, de même que la tenue de registres d’état civil.

Cette époque fut également celle du développement de la Réforme, dont l’apogée du mouvement d’adhésion se situa vers 1560. Environ 10 % des sujets étaient alors protestants. Le changement était important : désormais pour eux, le salut ne dépendait plus des œuvres accomplies mais uniquement de la foi, signe d’une élection divine. En outre, il n’y avait plus, pour les réformés, d’intermédiaire entre l’Homme et Dieu, donc plus de clergé.

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04

La culture comme réponse aux maux du temps (vers 1580-vers 1660)

La rivalité religieuse de la fin du XVIe siècle ainsi que les troubles politiques du début du XVIIe justifièrent, aux yeux des élites, une action d’éducation. Désormais, la pratique religieuse, fût-ce celle des plus humbles, des plus incultes des fidèles, ne pouvait plus se limiter à des attitudes dont le sens n’était pas compris. Il fallait savoir.

Ainsi, lors des grandes cènes, les protestants interdisaient la participation au sacrement à ceux qui n’avaient pas obtenu le méreau, un jeton donné à ceux qui ont correctement répondu aux questions de catéchisme posées par les membres de l’assemblée. De leur côté, les catholiques insistèrent sur la responsabilité des parents dans l’éducation religieuse de leurs enfants, mais aussi sur celle de chaque prêtre, qui devait répondre devant Dieu de l’ignorance dans laquelle il avait laissé son troupeau. Ainsi se diffusa une conception renouvelée de la religion, valorisant le savoir.

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05

La culture de l’âge classique (vers 1660-vers 1720)

En 1661, la mort de Mazarin inaugura le long règne personnel de Louis XIV qui ne s’acheva qu’en 1715. Cette période, qui vit se mettre en place définitivement l’absolutisme monarchique, fut aussi l’âge du classicisme littéraire et artistique, que symbolisèrent le château de Versailles et un ensemble d’écrivains sans égal dans notre histoire littéraire.

Après les années 1680, le règne glorieux du jeune roi s’achemina vers une longue vieillesse, marquée par l’autoritarisme (dont les protestants furent les victimes les plus massives), les crises du royaume et les deuils familiaux.

L’âge classique constitua un temps où l’on aspirait à davantage d’intimité, ce qui fit par exemple passer de mode l’utilisation de la chambre à coucher comme pièce de réception. Les intérieurs changèrent et les tapisseries, qui permettaient de lutter contre le froid tout en décorant les salles, se développèrent et devinrent omniprésentes. Tout comme la peinture qui se répandait chez les bourgeois, les tapisseries permettaient d’affirmer un goût, un choix culturel. Les historiens notent chez un nombre croissant d’individus aisés la présence de livres et parfois d’instruments de musique. Louis XIV joua un grand rôle culturel à l’âge classique.

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06

Conclusion

Les deux siècles étudiés dans cet ouvrage laissent apparaître un grand nombre de changements culturels et intellectuels. La plus profonde modification demeure incontestablement le développement de la culture écrite. Dès le XVIe siècle, le moindre paysan y était confronté, ne serait-ce que par les registres paroissiaux. Notons que ces documents donnaient à tous un âge précis et une identité bien mieux vérifiable qu’auparavant.

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07

Zone critique

Aborder un sujet aussi vaste et passionnant que l’histoire culturelle est forcément une entreprise compliquée, a fortiori lorsqu’il s’agit de prendre en compte l’ensemble du royaume, et pour deux siècles.

C’est d’autant plus vrai que les auteurs de cet ouvrage ont choisi de considérer la culture dans toute sa diversité, abordant tout à la fois l’éducation, l’écrit, l’art, ou les aspects ordinaires de la vie des catégories populaires. Leur faire le reproche de certains aspects qui ne sont pas abordés serait bien évidemment injuste compte tenu de l’ampleur de la tâche accomplie.

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08

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– Histoire culturelle de la France. De la Renaissance à l’aube des Lumières, t. 2, Paris, Seuil, 1997.

Autres pistes

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