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Go do deals

Go do deals

Jeremy Harbour

Acheter et revendre des entreprises

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Description

Un patron de PME de soixante-trois ans, une trentaine de salariés, une affaire rentable qu'il a montée en trente ans. Il veut vendre. Sauf que personne ne vient. Trop petit pour intéresser un fonds d'investissement, trop gros pour qu'un particulier sorte le chèque, trop dépendant de lui pour qu'un repreneur classique s'y risque. Alors il ne fait rien. Il tient encore trois ans, cinq ans, jusqu'à l'épuisement, et un jour il ferme boutique en bradant les machines. Ce scénario, l'entrepreneur britannique Jeremy Harbour dit l'avoir vu se répéter des centaines de fois. Et il y a vu, non pas un drame, mais une opportunité que presque personne ne regarde.

Harbour a passé sa vie à acheter, redresser et revendre des petites entreprises — souvent sans mettre un centime de sa poche au départ. Son bouquin, Go do deals, n'est pas un traité de finance. C'est le manuel d'un type qui a compris qu'entre le fantasme de la start-up et la retraite d'un patron fatigué, il existe un immense marché de boîtes solides, ennuyeuses, invendables sur le papier, et pourtant transmissibles à qui sait comment s'y prendre.

Sa thèse tient en une phrase qu'il aime répéter : il est souvent plus facile, plus rapide et moins risqué de racheter une entreprise qui marche déjà que d'en créer une de zéro. L'idée dérange, parce qu'elle heurte tout ce qu'on raconte sur l'entrepreneuriat — la sueur, l'idée géniale, le garage. Elle mérite pourtant qu'on la prenne au sérieux, parce que derrière la provocation, il y a une mécanique concrète.

La question que l’on se pose : Pourquoi tant d'entreprises rentables ne trouvent-elles pas preneur, et comment quelqu'un sans capital peut-il malgré tout les reprendre ?Ce que l’on va voir : On suit la logique de Harbour depuis le trou béant du marché des petites boîtes jusqu'aux montages qui permettent d'acheter sans sortir l'argent.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Le mythe de la start-up et l'angle mort du marché

Quand on parle d'entrepreneuriat, on pense presque toujours à la même image : quelqu'un a une idée, la teste, lève des fonds, embauche, grandit. Le récit est puissant parce qu'il est héroïque. Harbour ne le conteste pas frontalement, mais il rappelle un chiffre gênant : la grande majorité des créations d'entreprise échouent dans les premières années. Créer, c'est partir de rien — pas de clients, pas de chiffre d'affaires, pas de réputation, pas d'équipe. On construit tout ça avec du temps et de l'argent, et statistiquement, on se casse la figure avant que ça tienne debout.

Or, à côté de ce théâtre de la création, il existe un stock gigantesque d'entreprises déjà debout. Des sociétés de nettoyage, de plomberie, de comptabilité, de distribution, de petits services industriels. Rien de glamour. Mais elles ont des clients qui paient chaque mois, des salariés qui savent leur métier, une trésorerie, un carnet de commandes. Elles ont déjà franchi le mur où meurent les start-up. Et beaucoup d'entre elles, dit Harbour, sont dirigées par des gens qui arrivent au bout du chemin sans solution de sortie.

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02

Chapitre 2 — La zone morte : trop grosse pour un particulier, trop petite pour un fonds

Harbour a un nom pour la catégorie qui l'intéresse : il parle de ces entreprises coincées dans une zone morte du marché de la cession. Trop grosses pour être achetées par un individu qui puiserait dans ses économies — on ne rachète pas une société à deux millions d'euros de chiffre d'affaires avec un livret d'épargne. Et trop petites pour intéresser les fonds de capital-investissement, qui ne se déplacent pas en dessous d'un certain seuil parce que le coût d'analyse d'un dossier est le même que la cible fasse un million ou cinquante.

Résultat : ces boîtes tombent dans un trou. Elles sont pourtant souvent les plus saines. Rentables, sans dette délirante, avec une base de clients fidèles. Leur problème n'est pas la performance, c'est la liquidité — l'absence d'un marché où les échanger. Un actif qui n'a pas d'acheteur ne vaut, en pratique, presque rien, même s'il génère du cash tous les mois. Le patron le sait confusément, et cette absence de porte de sortie finit par miner sa motivation.

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03

Chapitre 3 — Le deal se fait dans la structure, pas dans le chèque

Le point le plus contre-intuitif du livre, c'est l'idée qu'on peut acheter une entreprise sans avoir l'argent pour la payer. Harbour ne vend pas un tour de magie : il explique que le prix affiché et la manière de le payer sont deux choses différentes, et que toute la créativité du repreneur se loge dans la seconde. Quand on n'a pas de capital, on ne se bat pas sur le montant, on se bat sur la structure de paiement.

La première brique s'appelle le paiement échelonné, ou le crédit-vendeur. Plutôt que de sortir la somme au closing, le repreneur s'engage à payer le vendeur sur plusieurs années, avec les bénéfices futurs de l'entreprise elle-même. Autrement dit, la boîte finance en partie son propre rachat. Le vendeur accepte parce que, souvent, il n'a pas d'autre acheteur, et parce qu'un paiement étalé qui aboutit vaut mieux qu'une vente comptant qui n'existe pas. On voit aussi apparaître l'earn-out, où une part du prix dépend des résultats à venir, ce qui aligne les intérêts et rassure les deux côtés.

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04

Chapitre 4 — Racheter plutôt que bâtir, une autre idée du risque

Ce que Harbour propose, au fond, dépasse la technique du montage financier. C'est une manière différente de concevoir le risque entrepreneurial. Le récit dominant valorise le fondateur qui part de rien, et associe le mérite à la difficulté du chemin. Racheter une boîte qui marche déjà passe presque pour de la triche — comme si la valeur ne comptait que si on l'avait fabriquée soi-même, à mains nues. Harbour renverse ce préjugé : la vraie question n'est pas de savoir qui a le plus souffert, mais où se trouve le risque le plus faible pour un résultat comparable.

Bâtir, c'est cumuler toutes les incertitudes en même temps — le produit, le marché, l'équipe, la trésorerie. Reprendre, c'est hériter d'un système qui a déjà prouvé qu'il fonctionne, et concentrer son énergie sur un seul problème : le rendre moins dépendant de son ancien patron, l'améliorer à la marge, éventuellement le rapprocher d'autres boîtes du même secteur. Le repreneur ne réinvente rien, il réorganise. C'est moins héroïque, et probablement plus rationnel.

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05

Conclusion

Go do deals ramène l'entrepreneuriat à quelque chose de moins spectaculaire et de plus concret : il existe, tout autour de nous, des milliers d'entreprises rentables sans repreneur, dirigées par des gens qui aimeraient sortir et ne savent pas comment. Harbour ne promet pas la fortune facile — il décrit un décalage de marché et propose une manière de s'y engouffrer. La reprise devient une voie entrepreneuriale à part entière, distincte de la création, avec sa propre logique et ses propres compétences, à commencer par l'art d'écouter ce qu'un vendeur veut vraiment.

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