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Couverture de 'Femmes sous emprise'

Femmes sous emprise

Marie-France Hirigoyen

Dénoncer la violence psychologique

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Description

"Femmes sous emprise : Les ressorts de la violence dans le couple" est un livre de la psychologue et psychanalyste française Marie-France Hirigoyen. L'ouvrage explore en profondeur la problématique de la violence psychologique et émotionnelle subie par certaines femmes dans le cadre de leurs relations de couple. Hirigoyen montre comment cette forme de violence, souvent invisible et insidieuse, peut mener à une véritable emprise de l'homme sur sa partenaire Ainsi, la psychiatre propose d’en détecter les signes avant-coureurs pour réagir au plus tôt et prévenir des drames.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Depuis quelques années, il est courant d’entendre parler de violence physique, mais également de violence psychologique. Pourtant, Marie-France Hirigoyen constate que, malgré le féminisme et l’égalité qui tend à se développer entre les hommes et les femmes, la violence ne disparaît pas.

On la condamne, mais elle persiste de façon plus ou moins visible, de façon plus ou moins subtile. Avant de commencer, l’auteure précise bien que les violences peuvent également avoir lieu dans l’autre sens, mais la réalité des chiffres est implacable : la majorité des violences sont commises par des hommes.

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02

Les violence py­scho­lo­giques

Si la violence psychologique est la moins visible, elle est étroitement liée à la violence physique. Et surtout, elle provoque d’énormes dégâts. « On parle de violence psychologique lorsqu’une personne adopte une série d’attitudes et de propos qui visent à dénigrer et à nier la façon d’être d’une autre personne » (p. 29).

L’auteure explique que lors d’une dispute, tout le monde peut déraper et tenir des propos blessants, mais la personne ayant eu de telles paroles va ensuite s’excuser. Mais la configuration est bien différente dans le cas de la violence psychologique : en effet, point d’excuses et, surtout, ancré dans la relation, émerge une violence dans le rapport à l’autre, devenu simple objet. Bien entendu, il est difficile de savoir où se trouve la frontière.

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03

Les violences physiques

« La plupart du temps, la violence physique n’intervient que si la femme résiste à la violence psychologique » (p. 48). Si ces agressions sont occasionnelles, les victimes ont tendance à trouver des excuses à leur agresseur ou à penser que ce n’était pas intentionnel.

Il y a bien entendu les agressions physiques (bousculades, des gifles, des pincements, des coups de pied, des coups de poing, des strangulations, des brûlures, armes blanches, armes à feu…). C’est une façon, encore une fois, d’avoir une emprise sur l’autre, de l’annuler, de le nier. Et lorsqu’il n’y a que le geste, sans le coup porté, les effets sont tout aussi néfastes. La violence sexuelle est celle dont les femmes ont le plus du mal à parler et qui, comme toute violence, est une façon de dominer l’autre.

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04

Femmes sous emprise

Il n’y a pas un profil type de femmes violentées. Cependant, toutes les femmes n’ont pas la même résistance face à ce genre de profils qui savent exploiter toutes les failles. Chez ces femmes, il peut y avoir une vulnérabilité sociale.

Même s’il y a eu d’énormes bouleversements dans les rapports hommes-femmes durant ces dernières décennies, des stéréotypes perdurent. On élève les garçons pour qu’ils soient forts et courageux, et les filles pour qu’elles soient douces et gentilles. Les rôles sexués sont profondément ancrés : les femmes doivent faire de leur foyer un environnement harmonieux, elles doivent prendre soin de leur mari. La libération sexuelle a apporté son supplément d’injonction : elles doivent être en plus des épouses sexy et performantes.

Il faut souligner que l’on « on éduque les filles d’un côté à attendre le prince charmant et d’un autre côté on les met en garde contre tous les autres hommes. Devenues femmes, elles n’ont pas appris à faire confiance à leur ressenti et à filtrer les vrais dangers » (p. 93). Si les femmes sont sous emprise, c’est qu’elles craignent de laisser une partie de leur vie et de devoir recommencer, c’est qu’elles pensent que la soumission et l’abnégation sont la solution pour garder un homme, c’est qu’elles croient que si l’homme a dérapé c’est parce qu’elles n’ont pas été capables d’être à la hauteur. S’ajoute à tout cela la honte.

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05

La ma­ni­pu­la­tion

Pour ce qui est des violences psychologiques, il faut aussi appuyer sur le fait que la variation entre les moments de gentillesse et de violence crée un équilibre supportable pour elles. Elles ont alors l’impression qu’elles exagèrent peut-être et finissent par douter de ce qu’elles ressentent face à la situation. Il y a un véritable procédé chez les hommes violents : on entre dans le psychisme de l’autre, on gagne sa confiance, puis on le reprogramme pour qu’il agisse comme on le souhaite.

L’auteure parle du conditionnement des victimes : un véritable lavage de cerveau se met en place ! Des études ont prouvé le phénomène de l’impuissance apprise : « lorsqu’elles sont piégées dans une situation sans issue, et, surtout, subissent des agressions de façon imprévisible, les femmes deviennent passives, elles ont l’impression que tous leurs efforts sont vains » (p. 119), ceci est d’ailleurs renforcé par le fait que les hommes violents passent d’un cycle à l’autre sans prévenir, donc il n’y a aucune manière d’anticiper. Et puis, il est aussi question de survie : chacun sait qu’affronter un homme violent revient à se mettre en danger.

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06

Hommes violents

Deux violences existent : la violence cyclique et la violence perverse. La violence cyclique se manifeste, comme son nom l’indique, sous forme de cycles, ce qui est le fait de personnes impulsives et borderline. Le cycle se déroule en quatre phases et cela de façon répétée : une phase de tension (le conjoint a des soucis, il est tendu, ne supporte rien) ; une phase d’agression (perte de contrôle) ; une phase d’excuses ; une phase de réconciliation (ou phase de lune de miel, pendant laquelle l’homme est gentil, attentif, amoureux…).

L’auteure précise que les hommes sont ici sincères, car ils savent qu’ils sont allés trop loin et ont peur de perdre leur femme : « pendant cette phase, les femmes reprennent espoir, car elles retrouvent l’homme charmant qui a su les séduire lors de leur première rencontre. Elles pensent qu’elles vont réparer cet homme blessé et qu’avec de l’amour il va changer » (p. 74).

Évoquons à présent la violence perverse qui « se caractérise par une hostilité constante et insidieuse », ce qui provoque de la peur et de l’angoisse chez la victime et de l’autodestruction.

Même s’il existe des femmes violentes et des hommes battus, 98 % des cas de violence sont le fait d’hommes. Il existe plusieurs hypothèses à cette violence masculine : un fondement neurologique (taux de testostérone) ; une raison sociobiologique (stratégie de domination sur les femmes dans les gènes pour garantir l’exclusivité de la sexualité et de la reproduction) sans oublier l’explication des féministes qui pensent que la société pousse les hommes à occuper un rôle dominant. Mais Marie-France Hirigoyen explique que toutes ces raisons ne sont pas suffisantes puisque la majorité des hommes ne sont pas violents.

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07

Sortir de l'emprise

La pression financière est l’un des freins à la fuite. Qu’il s’agisse d’avoir peur de ne pas s’en sortir, ou même au contraire d’avoir peur de laisser le conjoint dans une situation difficile, c’est un fait supplémentaire qui pousse les victimes à rester. Certains hommes refusent à leurs femmes un accès à leur compte. Ils ont un contrôle total. Certains aussi poussent leurs femmes à cesser leurs activités professionnelles en mettant en avant les enfants, la tenue de la maison… Malgré tout, selon l’auteure, le vrai souci est la dépendance psychologique des victimes.

Les effets de la violence sur la santé sont là et laissent des marques indélébiles : perte de confiance, vulnérabilité, rejet de l’intimité, angoisse, dépression, suicide. Mais il existe des moyens de s’en sortir. Bien entendu, l’aide psychothérapeutique est la solution pour travailler et avancer. En effet, une personne qui est ou a été victime de violence ne peut pas s’en sortir seule, il lui faut une aide extérieure professionnelle qui lui permettra d’avoir du recul.

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08

Conclusion

Avec beaucoup de clarté, Marie-France Hirigoyen décrit ce que sont les violences psychologiques et physiques. Elle s’arrête longuement sur les différentes personnalités des hommes violents avec une description de leurs comportements et des témoignages.

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09

Zone critique

C’est un ouvrage d’une très grande qualité. Marie-France Hirigoyen permet d’y voir plus clair dans ce qu’est la violence et surtout d’arrêter avec ces idées reçues que les femmes ne partent pas parce qu’elles le veulent bien.

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10

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Marie-France Hirigoyen, Femmes sous emprise, Paris, Oh ! Éditions, 2005.

De la même auteure — Le Harcèlement moral : la violence perverse au quotidien, Pocket, 2011. — Le Harcèlement moral au travail, Que sais-je ?, 2017. — Les Narcisse, Pocket, 2020.

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