Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'Face a la puissance'

Face à la puissance

François Jarrige, Alexis Vrignon

Une autre histoire des énergies alternatives à l’âge industriel

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

À l’heure actuelle, 80 % de l’énergie utilisée sur la planète provient des énergies fossiles. Les médias et les promesses de campagnes le rappellent régulièrement, ces énergies se font de plus en plus rares. Pourtant, l’histoire du progrès suit son cours : les énergies fossiles restent les plus privilégiées et très peu de moyens sont mis en œuvre pour utiliser les énergies renouvelables.

Cet ouvrage collectif défatalise la course à la croissance énergétique en développant une contre-histoire de l’énergie. Il s’agit ici de démontrer que depuis le début de l’ère industrielle et sa logique de dépendance aux énergies fossiles, il y a eu des innovations énergétiques, durables et ingénieuses.

Dans un monde dévasté, cette contre-histoire de l’énergie tend à faire connaître des systèmes énergétiques sobres et viables.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

L’histoire de l’énergie n’est pas cette conquête progressive vers des technologies merveilleuses, ou une course linéaire vers le progrès, mais plutôt une histoire semée de doutes, d’erreurs et de conflits. Les choix énergétiques ont de tout temps été politiques. En effet, ces choix contraignent et améliorent la vie des individus et des communautés.

François Jarrige et Alexis Vrignon, aux côtés d’une dizaine de chercheurs complexifient l’histoire de l’énergie, trop souvent présentée sous la forme d’une histoire des vainqueurs. L’objectif de l’ouvrage est donc de préciser, à travers l’histoire, ce que recouvrent les notions d’énergies alternatives, « renouvelables », ou encore « naturelles ». Comment et par qui ont-elles été créées ?

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Contre récit de la révolution in­dus­trielle, entre la houille et le charbon, des doutes et des ex­pé­ri­men­ta­tions (1750-1860)

La période 1750-1860 marque « le passage d’une économie organique à une économie minérale » dans certaines régions du monde. Le socle de l’économie devient l’extraction de matériaux solide, liquide ou gazeux issue de la terre. Pour faire face à des/aux besoins croissants des populations, les débats se multiplient sur les différentes techniques d’extraction à adopter. Les pratiques d’extractions se développent pour répondre aux besoins d’une extension énergétique croissante.

C’est au cours de cette période que la notion d’énergie apparaît. Les forces du feu, des êtres vivants et des éléments naturels sont peu à peu remplacées par des forces invisibles et puissantes. La course à la découverte de l’électricité est lancée. Au milieu du XIXe siècle, la science de l’énergie transforme la physique : le concept physique d’énergie est né.

Parmi toutes les techniques énergétiques, le charbon – technique d’extraction la plus rentable dans certaines régions – est de plus en plus privilégié. C’est ce que les historiens nomment « le choix du feu ». Contrairement au récit historique dominant du progrès, ce choix, à l’exception de la Grande-Bretagne et de la Belgique, s’est fait de manière progressive, en s’accompagnant d’autres techniques. L’usage de la vapeur en complément constitue à ce titre un exemple significatif. Dans le même mouvement, les techniques d’extraction du charbon s’améliorent et celui-ci devient alors synonyme de progrès et d’avenir.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Imposition du charbon, début du pétrole et essor de l’électricité (1860-1918)

Entre 1860 et la fin de la Grande Guerre, le charbon s’impose et le pétrole connaît ses débuts. L’essor de l’électricité bouleverse « les manières de penser, mais aussi de transporter et de consommer de l’énergie » (p.115). L’énergie devient une « force susceptible de créer du travail ». L’utilisation du charbon s’étend dans toute l’Europe jusqu’à la fin de cette période, où elle sera dépassée par la production plus performante de pétrole. La forte densité énergétique promise par ces énergies fossiles invisibilise les réticences de la population quant à leurs coûts économiques, environnementaux et humains sur la société.

De nombreux projets utilisant des énergies naturelles paraissent alors archaïques face au début de la société thermo-industrielle. La Première Guerre mondiale impose le pétrole face aux autres énergies, le camion face à la locomotive. Les pays en guerre voient leurs industries automobiles décoller. La guerre accélère la course à la puissance et les sociétés se rendent dépendantes au pétrole. Pourtant, ni le charbon ni le pétrole ne se sont imposés naturellement. Encore une fois, de nombreux débats ont eu lieu concernant les impacts sociaux et sanitaires de ces techniques d’extraction. Cependant, après les crises dans les mines de la fin du XIXe siècle (de nombreux morts au travail, en France, dont l’accident majeur de Courrières avec 1100 morts en 1906) et l’urgence de mobilisation de la Grande Guerre les débats s’estompent rapidement. Alors, la pollution entamée tout au long du siècle s’accroît dans toutes les régions les plus industrialisées. Malgré les avertissements de nombreux médecins dans les différents pays « enfumés », l’industrie croît sans cesse.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

La grande ac­cé­lé­ra­tion (1918-1973) : l’ère de la mar­gi­na­li­sa­tion des énergies al­ter­na­tives

La Première Guerre mondiale est un tournant dans l’histoire de l’énergie. L’injonction à la production massive pour l’effort de guerre et pour pallier les pénuries est toujours plus forte. La Grande Guerre signe les prémices de « la grande accélération » de la deuxième moitié du XXe siècle. La dépendance envers les énergies fossiles est croissante. L’industrie du charbon diminue fortement dans les pays qui en détenaient le monopole comme la Grande-Bretagne, la Belgique, l’Allemagne et la France.

Cependant, l’industrie globale se maintient durant la guerre froide. Le déclin annoncé tarde à venir. L’URSS et les États-Unis se partagent progressivement la production mondiale de charbon. Au même moment, le pétrole marque de son empreinte le XXe siècle sur les plans énergétique, environnemental et culturel. En 1955, il constitue 33 % de l’énergie consommée dans le monde et 45 % en 1970. Aux États-Unis, il représente 3,4 % de la consommation énergétique globale en 1915 et près de 50 % en 1973, dépassant le charbon vers 1965. En France – comme dans le reste de l’Europe occidentale –, la consommation de pétrole augmente considérablement après la Seconde Guerre mondiale, passant de 13,5 millions de tonnes équivalent charbon (Mtec) en 1949 à 44,2 Mtec en 1961, puis à 176 Mtec en 1973.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Des années 1970 à nos jours : les énergies re­nou­ve­lables entre crises et espoirs

En 1973, une nouvelle crise apparaît : celle du pétrole. Du jour au lendemain, l’OPEP augmente les prix du baril de pétrole de 40 %. En conséquence, le début des années 1970 est un nouveau tournant dans la manière dont les enjeux énergétiques sont perçus par l’opinion et les pouvoirs publics. Face à la crise des énergies fossiles, l’idée de développer des énergies alternatives se propage et les critiques du système énergétique s’affirment de plus en plus. Les pratiques alternatives (mode de vie autonome) et les contestations (mouvement anti nucléaire massif en France par exemple) s’intensifient dans les années 1970. Les conséquences sociales et écologiques du « choix du feu » sont dénoncées et le mode de vie correspondant rejeté.

Malgré ces critiques, les énergies renouvelables sont envisagées dans une démarche de remplacement des énergies fossiles. L’idée est de poursuivre la course au progrès et à l’abondance énergétique. Ainsi, la production de charbon se maintient, celle de gaz naturel augmente de plus en plus et celle du pétrole est exponentielle. Une minorité de personnes voient dans les énergies renouvelables des propositions de changements systémiques, tel qu’ un mode de vie embrassant l’idée de décroissance.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Conclusion

Dans La condition de l’homme moderne (1958), Hannah Arendt écrivait : « Le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille ». Sa critique – trop souvent oubliée – resurgit aujourd’hui face à la dévastation d’un monde qui a couru vers la « puissance ». Cet ouvrage collectif, retrace cette course à la puissance et, dans le même mouvement la complexifie.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Zone critique

Alors que l’écologie prend une place importante dans l’agenda politique, médiatique et militant des sociétés occidentales, cet ouvrage apparaît comme une contribution cruciale pour questionner l’histoire de notre impuissance face aux gouvernants et grands industriels qui l’ont façonné comme un cercle vertueux fait d’innovations. Les auteurs ont réussi à offrir une contre-histoire complexe mais pourtant accessible et pédagogique dans laquelle le lecteur pourra approfondir les thématiques de son choix.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Face à la puissance. Une autre histoire des énergies alternatives à l’âge industriel, La Découverte, 2020.

Du même auteur – François Jarrige, Technocritiques. Du refus des machines à la contestation des technosciences, Paris, La découverte, 2016. – Avec Emmanuel Fureix, La modernité désenchantée. Relire l'histoire du XIXe siècle français, Paris, La découverte, 2015.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !