Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'Ethique animale'

Éthique animale

Jean-Baptiste Jeangène Vilmer

Exploration des enjeux éthiques liés aux animaux

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Dans cet ouvrage, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer présente l’« éthique animale ». Venu des pays anglo-saxons, ce courant réfléchit au statut moral des animaux et à notre responsabilité vis-à-vis de leur souffrance.

À travers l’histoire des débats philosophiques qui ont entouré la question de l’exploitation animale, et en dressant un tableau de la situation actuelle, l’auteur offre des outils nécessaires pour mieux comprendre les implications politiques de notre rapport aux animaux.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Ces dernières années, la question animale a fait l’objet d’une véritable prise de conscience. Sur internet, on observe la multiplication de contenus viraux dénonçant les conditions de vie insupportables des animaux. Des vidéos d’abattoirs aux clichés de bêtes sauvages en captivité, la souffrance animale semble enfin préoccuper l’humanité.

Ainsi, des citoyens s’organisent pour faire évoluer les législations nationales et internationales. « La pression sur les gouvernements s’accentue, et contrebalance de plus en plus celle, traditionnelle, des lobbies et des industriels. » (p. 271) Cette évolution des mentalités s’accompagne d’une modification de nos habitudes de vie : que ce soit pour des raisons de santé ou d’écologie, le végétarisme augmente parmi la population mondiale.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Un tableau mondial de la souffrance animale

Pour l’auteur, il s’agit de porter « la plume dans la plaie » (p. 167) en confrontant le lecteur au phénomène, moralement insoutenable, de l’exploitation animale. Il brosse ainsi un tableau très exhaustif de la souffrance animale à l’échelle mondiale. Cette dernière s’insère dans un contexte large de crise écologique, qui voit une érosion sans précédent de la biodiversité. Aujourd’hui, on estime que les espèces disparaissent à un rythme 100 à 1 000 fois supérieur aux taux naturels d’extinction. Selon l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), entre 12 et 52 % des espèces animales et végétales seraient actuellement menacées.

À cela s’ajoutent des modes d’exploitation économique qui nient la dignité et la sensibilité des êtres vivants. Les animaux d’élevage représentent ainsi 20 % de la biomasse terrestre – l’Homme en consomme plus de 53 milliards chaque année. Ces « usines à animaux » offrent des conditions de vie déplorables à leurs « prisonniers ». Dans le cas des élevages de volailles par exemple, « l’ammoniaque de leurs fientes [...] leur brûle progressivement les pattes et l’abdomen, tandis qu’il empoisonne l’air » (p.171). Chez les élevages de cochons, les individus mâles sont castrés « à froid » – c’est-à-dire sans anesthésie. Pour la production de foie gras, on gave les canards en enfonçant un tuyau de 30 centimètres jusque dans leur estomac... Mais les animaux d’élevage n’ont rien à envier à ceux utilisés pour la recherche scientifique. Ainsi, les laboratoires utilisent à eux seuls plus de 100 millions d’individus par an, qui meurent disséqués ou intoxiqués par des injections chimiques. Les conditions de vie ne sont pas plus favorables pour les animaux dits de « divertissement » – zoos, cirques et courses hippiques. Le taureau de corrida meurt ainsi au terme d’une véritable agonie : dans l’arène, afin de préserver son apparence de force, on s’emploie à « réduire progressivement son volume sanguin par des hémorragies » (p. 209).

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

La persistance de l’imaginaire « spéciste »

La question animale n’est pas nouvelle, elle anime les débats philosophiques depuis l’Antiquité. Certains philosophes, à l’instar de Pythagore, se déclaraient végétariens – l’animal maltraité pouvant héberger l’âme d’un proche. Un siècle et demi plus tard, Aristote pose une question essentielle : entre l’homme et l’animal, existe-t-il une différence de nature ou de degré ? Autrement dit, la nature de l’homme diffère-t-elle radicalement de celle de l’animal ? Cette interrogation fondamentale reflue dès le Moyen Âge : avec le christianisme, la nature sauvage est assimilée au chaos, quand l’homme est placé au cœur de la Création.

Le rationalisme philosophique du XVIIe siècle entérine ce dualisme nature-culture qui sépare d’un côté le « corporel » et, de l’autre le « spirituel » – il y aurait ainsi d’un côté les déterminations physiques et naturelles et de l’autre, la liberté de la volonté humaine (Hans Jonas).

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

La naissance d’une « éthique animale »

C’est dans ce contexte où les raisonnements philosophiques justifient les pires exactions que l’« éthique animale » trouve sa raison d’être. En effet, « la discipline tout entière [...] est une réaction à un état de fait concret » (p.17).

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Uti­li­ta­risme VS dé­on­to­lo­gisme

L’« éthique animale » est fortement influencée par l’utilitarisme anglais. Des auteurs classiques comme Jeremy Bentham (1748-1832) ou John Stuart Mill (1806-1873) furent ainsi les premiers à entrevoir la place des animaux. Pour l’utilitarisme, en effet, le bien est assimilé au bonheur et à la satisfaction du plus grand nombre – ce qui inclut par conséquent l’ensemble des êtres vivants. Le raisonnement des utilitaristes est le suivant : « Si je m’interdis de blesser ou tuer un homme [...] c’est tout simplement parce qu’il est un être sensible, capable de souffrir. » (p. 33)

Cet héritage philosophique est repris dans La Libération animale de Peter Singer – ouvrage fondateur de l’« éthique animale ». Pour Singer, il existe « une égalité de considération des intérêts » qu’il faut étendre à l’ensemble des êtres sensibles. Tous les usages qui génèrent de la souffrance doivent être remis en question.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Le « profit » aux origines de la souffrance

Il n’existe pas de différence de nature entre « animaux humains » et « animaux non-humains » – mais seulement des différences de degré. Est-il possible alors de dissocier la souffrance humaine de la souffrance animale ? L’une et l’autre ne sont-elles pas reliées par des mêmes modes d’exploitation ?

Comme le remarque Jean-Baptiste Jeangène Vilmer, il existe un « un lien historique entre l’abattoir, c’est-à-dire l’exploitation animale, et les camps d’extermination » (p. 41). Similairement, les chaînes de montage de l’époque fordiste – dont Charlie Chaplin nous montre tout le potentiel d’aliénation dans son film Les Temps modernes (1936) – ont été, elles aussi, conçues sur le modèle des abattoirs industriels.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Conclusion

Dans cet ouvrage, Jean-Baptiste Jeangène Vilmer propose une riche introduction à la question de l’« éthique animale ». Il montre comment ce courant anglo-saxon naît dans les années 1970 en réponse au « spécisme » et aux excès industriels de la civilisation occidentale. Dans un contexte de reconnaissance croissante par les opinions publiques nationales, la question de la souffrance animale ne semble plus pouvoir être dissociée de l’exploitation humaine.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Zone critique

Cet ouvrage présente un grand intérêt didactique : l’auteur parvient à dresser un tableau assez exhaustif d’une problématique vaste et encore mal connue. Cette dimension « introductive » confère à cet ouvrage une tonalité extrêmement neutre. Néanmoins, dans le débat théorique qui oppose « utilitaristes » et « déontologistes », l’auteur laisse deviner son parti pris.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Éthique animale, Paris, Presses Universitaires de France, coll. « Éthique et philosophie morale », 2008.

Du même auteur – La Guerre au nom de l'humanité : tuer ou laisser mourir, Paris, PUF, 2012. – Philosophie animale. Différence, responsabilité et communauté, Paris, Vrin, coll. « Textes clés », 2010.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !