
Enquête sur l’entendement humain
Exploration des facultés de l'entendement humain
Description
"Enquête sur l'entendement humain" de David Hume est une œuvre philosophique majeure qui propose une analyse critique de l'entendement humain et des limites de la connaissance. Dans cet ouvrage, Hume remet en question les fondements de la connaissance a priori et souligne l'importance de l'expérience et de l'habitude dans la formation de nos croyances, notamment en ce qui concerne la causalité. Il défend un scepticisme modéré et prône une approche empirique de la philosophie, en s'opposant aux spéculations métaphysiques qui dépassent l'expérience sensible.
L'Enquête, qui est une reformulation plus accessible de son précédent "Traité de la nature humaine", a eu une influence considérable sur la philosophie moderne, notamment sur le criticisme kantien.
Sommaire
01Introduction
L’Enquête est écrite dans le contexte foisonnant des Lumières qui, dans toute l’Europe, questionnent les bases de la religion, de la métaphysique, de la morale, de la politique et de la science. Le christianisme est mis à mal et l’on voue un culte à la Raison. Outre-Manche, les Lumières adoptent une forme tout à fait spécifique et se créent autour de l’empirisme de Hume, Locke et Berkeley.

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02Une philosophie sceptique
L’ouverture et la conclusion de L’Enquête installent les fondements de la nouvelle philosophie que propose David Hume, la philosophie sceptique – qui se différencie de la philosophie sceptique de l’Antiquité. Qu’est-ce que le scepticisme ? Pour Hume, il est toujours nécessaire de douter de la science, c’est-à-dire des liens de cause à effet, des connexions nécessaires, etc. Le doute de Hume n’est pas celui de Descartes, il s’y oppose, même. Pour Descartes, en effet, le fait de douter, c’est ce qui m’assure que j’existe, de façon tout à fait abstraite, et tout ce qui est concret et sensible est soumis au doute. Au contraire, pour Hume, je dois douter de tout ce qui est abstrait, ma seule certitude, ce sont les sens.

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03Une philosophie des sciences
Que peut-on connaître ? Telle est la question centrale de L’Enquête : il s’agit d’analyser les mécanismes de l’entendement humain, c’est-à-dire de son pouvoir de connaître.
Tout d’abord, l’être humain peut percevoir la réalité de deux manières : soit il imagine, il se souvient, il utilise son esprit ; soit, il interagit directement avec le monde et son corps ressent une sensation.
La seconde manière de percevoir, l’impression, telle qu’il la nomme, est la perception la plus vive de la réalité. D’autre part, lorsque l’être humain pense, ou imagine, il ne fait que reproduire cette perception qu’il a eue. Cette reproduction est moins vive, plus terne. En effet, notre esprit ne peut s’imaginer que des objets que nous avons déjà perçus dans la réalité. En d’autres termes, notre esprit reproduit seulement des images moins intenses de la réalité, et il ne peut en être autrement. On objectera que l’on peut s’imaginer une montagne d’or, dit Hume. Et pourtant, la montagne d’or, si elle n’existe pas dans le monde réel, n’est dans l’esprit que l’association de deux idées : celle de la montagne et celle de l’or. On ne pourra jamais imaginer quelque chose qui soit hors du cadre de ce que nous avons déjà perçu.

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04Critiques à la religion et à la métaphysique
Une des facettes importantes de L’Enquête est la critique à la religion qui y est développée. Pour des raisons politiques, Hume ne s’attaque pas explicitement à la religion, mais dénonce avant tout la métaphysique qui peut en réalité être associée à la religion dans ce texte.
La première critique faite à la métaphysique est d’être obscure, d’utiliser des concepts qui ne renvoie à aucune réalité, et de se baser sur des raisonnements illogiques et superstitieux. La métaphysique s’attaque en effet à un domaine auquel n’ont pas accès les sens, c’est-à-dire le domaine de l’abstrait, ou bien, en ce qui concerne la religion, le monde inaccessible des Dieux (Hume se réfère ici à la mythologie grecque, encore une fois, pour ne pas attaquer frontalement le christianisme). En d’autres termes, nous ne pouvons pas percevoir la métaphysique, nous ne pouvons ni la voir, ni la toucher, ni la sentir. En ce sens, notre esprit n’est pas apte à appréhender une telle métaphysique. Si nous parlons de ce que nous n’avons pas perçu, nous spéculons, et nous nous risquons à produire des discours infondés et dénués de sens, et c’est ce que fait la métaphysique, ou encore la religion, d’après Hume.

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05L’empirisme
L’empirisme est un courant philosophique de grande ampleur, notamment en Angleterre et en Écosse. Il consiste dans une appréhension très particulière de la réalité : tout ce dont on peut assurer l’existence est ce qui est matériel, et ce qui est matériel est ce que l’on peut percevoir à travers nos sens. Le reste, l’abstrait, l’immatériel et le spirituel ne peuvent pas faire partie du domaine de la connaissance, car notre entendement n’est pas capable de les aborder.

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06Conclusion
L’Enquête sur l’entendement humain est en réalité un traité politique. Situé dans la période révolutionnaire des Lumières, cet ouvrage est un argumentaire contre la métaphysique obscure de la religion chrétienne, qui prépare les fondements du déisme, que défendront les penseurs de l’époque. Le déisme, c’est la religion naturelle, la croyance dans le Dieu des philosophes : c’est une religion scientifiquement acceptée.

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07Zone critique
Le travail de David Hume inspirera très largement le titan allemand des Lumières Emmanuel Kant. Se basant sur la conclusion de Hume selon laquelle nous ne pouvons nous fier qu’à nos perceptions sensibles et nous ne pouvons pas connaître les pouvoirs cachés des objets, Kant entreprend de détailler cette idée. Au cours de son travail, il découvre pourtant que nous pouvons saisir autre chose que des qualités sensibles : nous pouvons aussi connaître une partie de ce qui est transcendantal. Ce qui est transcendantal pour Kant, ce sont les conditions a priori, c’est-à-dire avant la rencontre avec l’expérience, dans lesquelles se situe notre entendement.

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08Pour aller plus loin…
Ouvrages de David Hume

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