
Empire colonial et capitalisme français
Impact du colonialisme sur l’économie française
Description
Au carrefour de l’histoire économique, politique et culturelle, l’ouvrage retrace les étapes d’un divorce entre une opinion qui, peu à peu, se laisse gagner par les prestiges de l’idée impériale qu’elle ignorait encore à la fin du XIXe siècle et des contraintes économiques qui deviennent de plus en plus inéluctables.
Entre le cœur et la raison, entre les sentiments et la réalité, entre la mission civilisatrice de la France et la reconversion radicale de son appareil de production dans le cadre de l’économie des Trente glorieuses, cet ouvrage fait le point sur l’une des questions les plus controversées de l’historiographie économique française moderne.
Sommaire
01Introduction
L’ouvrage constitue la version abrégée de la thèse de doctorat d’État ès-lettres de l’auteur, soutenue à la Sorbonne à Paris en mai 1984.
Le livre a donc été élaboré très en amont de sa publication, en réalité depuis le début des années 1970. En fait, Jacques Marseille, qui était alors communiste, voulait prouver par son sujet de thèse la validité des thèses léninistes sur « l’impérialisme, stade suprême du capitalisme ». En effet, pour Lénine, le colonialisme était une suite inéluctable et obligée du capitalisme, le régime économique européen se « projetant » en quelque sorte outremer pour y réaliser des profits plus importants que dans les métropoles coloniales.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
02Dans les années 1950 a eu lieu un divorce entre capitalisme français et empire colonial
En 1956, 49 % des Français pensaient, selon une enquête d’opinion, que l’Algérie devait conserver son statut de département français (en fait trois départements et deux territoires sahariens). Seules 25 % des personnes interrogées acceptaient l’idée d’un lien moins étroit entre la France et l’Algérie qui, selon la formule, « n’étaient séparées par la Méditerranée que comme les deux rives de Paris le sont par la Seine ».
Pourtant, au même moment, c’est-à-dire vers le milieu des années 1950, se produit un fait d’une importance capitale pour l’histoire économique française : le divorce de plus en plus marqué entre capitalisme français et empire colonial.
En effet, les élites économiques françaises se détournent alors d’un ensemble de territoires qui est perçu non pas comme un marché captif et privilégié, mais comme un boulet qui absorbe des ressources rares que la métropole ferait mieux de consacrer à son développement économique.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
03Première époque : 1880-1930
Entre 1880 et 1930 une poignée de Français, aventuriers visionnaires comme Savorgnan de Brazza, Galliéni ou Lyautey, constituent un Empire à laquelle la majorité de leurs compatriotes ne s’intéressent absolument pas.
Pour la majorité de la population française, les colonies, c’est loin, c’est abstrait, c’est coûteux, et cela ne peut qu’entraîner des problèmes diplomatiques avec l’Angleterre et l’Allemagne.
On connaît le cri du cœur d’un écrivain emblématique de la IIIe République, Paul Déroulède, évoquant tout à la fois le sort de l’Alsace-Lorraine et la politique coloniale française dans les années 1890 : « J’ai perdu deux sœurs et vous m’offrez vingt domestiques ».

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
04Deuxième époque : 1930-1960
Puis tout change dans les années 1930. Année charnière pour Jacques Marseille : 1931, l’année de l’Exposition coloniale au bois de Vincennes à l’est de Paris. Tout à coup la France s’enthousiasme pour l’idée impériale, et découvre « la plus grande France », celle qui est représentée sur les manuels de géographie en bleu ou en violet (le rose étant réservé aux colonies anglaises et le vert aux colonies portugaises).
C’est qu’à l’époque, dans l’entre-deux-guerres, le marché colonial représente un débouché vital pour le capitalisme français. Débouché sûr, protégé, sans concurrence, c’est une véritable rente de situation, un marché captif qu’aucun pays étranger ne peut venir disputer à la petite industrie française, et qui dispense cette dernière d’une modernisation qu’elle peut différer indéfiniment ou presque.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
05Le débouché colonial a été vital pour le capitalisme français
Dans l’entre-deux-guerres, on l’a vu, pour l’auteur le débouché colonial s’est imposé comme le « sauveur » du capitalisme français.
En effet, l’économie française de l’époque était caractérisée par un certain nombre de traits fondamentaux : démographie atone en métropole, qui ne permettait pas d’espérer une masse importante de consommateurs supplémentaires. Population paysanne importante, aux habitudes d’épargne et d’austérité bien ancrées, et au sein de laquelle l’autoconsommation demeurait encore très importante. Croissance extrêmement faible du salaire ouvrier enfin, qui limitait d’autant le renouvellement des débouchés.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
06La décolonisation s’est jouée à fronts renversés d’un point de vue politique
Si le débouché colonial a été le sauveur de l’économie française dans l’entre-deux-guerres, il n’en va plus de même à partir de 1945 et de la reconstruction et, surtout, des débuts de la construction européenne dans les années 1950.
La France ne peut pas en effet faire partie de deux communautés : la Communauté européenne, et l’Empire. C’est Pierre Mendès-France qui, le premier, dira clairement que le pays ne peut tout à la fois conserver l’Indochine et assurer son redressement économique.
Pourtant, c’est largement à fronts renversés que s’opérera sur la scène politique le divorce entre la métropole et l’Empire.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
07Conclusion
Les colonies ont-elles été une « bonne affaire » pour l’économie française entre 1880 et 1960 ?
Pour Jacques Marseille, la réponse varie avec les époques. Probablement non de 1880 à 1914, et assurément oui de 1918 à 1940. Mais de nouveau non à partir de 1945. Ainsi, l’opinion de la majorité des Français dans les années 1940 et 1950, selon laquelle l’Empire était l’une des principales sources de la prospérité économique nationale, était largement déconnectée de la réalité statistique mise au jour par Jacques Marseille dans l’ouvrage.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
08Zone critique
Le principal reproche adressé à Jacques Marseille pour cet ouvrage a été de ravaler au rang de péripéties les luttes pour les indépendances nationales des peuples colonisés.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
09Pour aller plus loin
Ouvrage recensé – Empire colonial et capitalisme français, Paris, Albin Michel, 1984

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !












