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Double digit growth

Double digit growth

Michael Treacy

Croître sans passer par les acquisitions

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Description

Dans la plupart des salles de conseil d'administration, quand la croissance ralentit, la réponse arrive vite et sonne toujours pareil : on rachète un concurrent. Une acquisition, ça se voit, ça fait un communiqué, ça remplit un trimestre. Le chiffre d'affaires bondit d'un coup, tout le monde respire. Michael Treacy, consultant en stratégie et coauteur du best-seller L'exigence du choix dans les années 1990, a passé des années à observer ce réflexe. Son constat, publié en 2003 dans Double Digit Growth, est moins glamour : la plupart des grosses acquisitions détruisent de la valeur au lieu d'en créer.

Treacy a fait tourner les chiffres sur des centaines d'entreprises américaines pour comprendre lesquelles avaient réussi à croître de plus de dix pour cent par an, année après année, sur une décennie entière. Et surtout, comment. Le résultat casse une croyance bien installée dans le monde du business : les championnes de la croissance durable ne sont presque jamais celles qui ont misé leur avenir sur un rachat spectaculaire. Elles font autre chose, de moins visible, de plus lent, de plus solide.

Ce qu'elles font, en vrai, ressemble moins à un pari de casino qu'à une discipline de tous les jours. Une manière de gérer la croissance comme un portefeuille de sources, chacune contribuant sa part, dont aucune n'a besoin d'être héroïque. C'est cette mécanique que Treacy décrit, et qui commence par un endroit que presque tout le monde regarde de haut : les clients qu'on a déjà.

La question que l’on se pose : Pourquoi les entreprises qui croissent le plus longtemps sont rarement celles qui rachètent le plus ?Ce que l’on va voir : D'où vient réellement une croissance à deux chiffres qui tient dans le temps, quand l'acquisition n'en est presque jamais le moteur.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Le mythe de la croissance par rachat

L'acquisition a un charme irrésistible pour un dirigeant sous pression. Elle offre de la croissance instantanée, mesurable, annonçable. Racheter une entreprise qui pèse un milliard, c'est ajouter un milliard à son chiffre d'affaires en une signature. Treacy comprend l'attrait, mais il pose une question gênante : cette croissance-là est-elle vraiment de la croissance, ou juste un déplacement comptable qui gonfle le sommet du bilan sans rien changer à la santé profonde de l'entreprise ?

Les données qu'il rassemble sont sévères. La grande majorité des acquisitions d'envergure n'atteignent pas les objectifs annoncés au moment de l'annonce. Les synergies promises se révèlent plus minces que prévu, les cultures d'entreprise se heurtent, les meilleurs éléments de la cible partent, et le prix payé — presque toujours une prime confortable sur la valeur de marché — pèse pendant des années. L'acquéreur achète cher un problème d'intégration qu'il sous-estime systématiquement.

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02

Chapitre 2 — Cinq disciplines qui font vraiment croître

Si l'acquisition spectaculaire n'est pas la source principale, d'où vient la croissance durable ? Treacy la décompose en cinq disciplines, cinq robinets qu'une entreprise peut ouvrir en même temps. La force de son modèle tient à cette idée : aucune ne doit produire à elle seule les dix pour cent. Chacune apporte deux, trois, quatre points, et l'addition fait le résultat. La croissance devient un portefeuille, pas un exploit.

La première discipline, la plus négligée, consiste à garder les clients qu'on a déjà. Un client perdu, c'est une part de croissance qu'il faut regagner ailleurs avant même de progresser. La deuxième vise à prendre des parts à la concurrence — non pas partout, mais là où l'entreprise possède un avantage réel et défendable. La troisième cherche la croissance là où le marché lui-même grandit : se positionner sur les segments qui montent plutôt que se battre pour des miettes sur un marché qui stagne.

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Chapitre 3 — Le socle qu'on néglige : garder ses clients

De ces cinq disciplines, Treacy en met une en avant comme le fondement de toutes les autres : la fidélisation de la base existante. C'est la moins glamour, celle qu'aucun dirigeant n'annonce fièrement en conférence, et pourtant c'est elle qui décide si la machine tourne à vide ou à plein. Une entreprise qui perd chaque année dix pour cent de ses clients doit trouver dix pour cent de croissance nouvelle rien que pour faire du surplace. Elle rame sur un tapis roulant.

L'image qu'il emploie est celle du seau percé. On peut verser de l'eau par le haut — publicité, prospection, nouveaux marchés — tant qu'on veut, si le seau fuit par le bas, le niveau ne monte pas. Colmater les fuites coûte presque toujours moins cher que remplacer les clients partis, et l'effet sur la croissance est mécaniquement plus fort. Chaque point de rétention gagné se répercute sur toutes les autres sources, parce qu'on construit sur une base plus large.

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04

Chapitre 4 — Ce que la croissance dit d'une entreprise

Au fond, ce que Treacy décrit dépasse la question technique des sources de croissance. Il dessine deux manières opposées de diriger une entreprise. D'un côté, la logique de l'événement : on attend le gros coup, l'acquisition qui transforme tout, le lancement qui change la donne, et entre deux coups on gère l'ordinaire sans conviction. De l'autre, la logique de la discipline : on considère que la croissance est un travail quotidien, distribué, mesurable, qui ne dépend d'aucun miracle.

Cette opposition dit quelque chose sur le rapport au temps. L'entreprise qui mise sur l'acquisition raisonne en trimestres — il faut du chiffre, vite, visible, racontable aux marchés. Celle qui bâtit une machine de croissance raisonne en années, accepte des gains modestes mais cumulés, et sait qu'un système qui produit huit pour cent de façon fiable bat un système qui produit vingt pour cent une année et moins cinq la suivante. La croissance à deux chiffres durable n'est pas la plus spectaculaire chaque année ; c'est la plus régulière.

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05

Conclusion

Michael Treacy retourne une intuition confortable : la croissance à deux chiffres qui dure ne s'achète pas, elle se cultive. Les entreprises qui la tiennent sur une décennie ne sont presque jamais celles qui ont fait le plus de bruit avec un rachat, mais celles qui ont ouvert plusieurs robinets modestes en même temps et qui les ont pilotés avec discipline. L'acquisition garde une place, réduite, comme outil d'appoint — jamais comme stratégie de fond.

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