
Dire non ne suffit plus
Contre la stratégie du choc de Trump
Description
Il est grand temps d’en finir avec la stratégie néolibérale du choc qui utilise les crises sociales et écologiques pour implanter toujours plus profondément une idéologie mortifère. C’est elle qui a mené Trump au pouvoir, et celui-ci s’empresse aujourd’hui d’aggraver la situation à son propre profit et celui des plus riches. Aux États-Unis comme ailleurs, bien des voix s’élèvent contre les politiques destructrices du lien social et de la diversité. Pourtant, pour nécessaires et utiles qu’ils soient, ces mouvements de résistance ne suffisent plus.
On lira ici l’ouvrage très bien documenté d’une journaliste engagée, écœurée de voir la cupidité détruire le monde, mais plus motivée que jamais à réinventer le vivre-ensemble.
Sommaire
01Introduction
L’ouvrage part d’une hypothèse : Trump est la conséquence d’un système malsain mis en place voici plus de cinquante ans. Il en est la caricature, le symptôme extrême, mettant sur le devant de la scène, sans plus aucun filtre, la violence d’une politique fondée sur la toute-puissance des intérêts privés, une politique dénuée de scrupules – même de façade – vis-à-vis des intérêts communs et des malheurs des plus pauvres.
Il s’agit de dire non à ce système et pour cela, d’en comprendre l’histoire. Selon Klein, il y a urgence, car Trump risque de pousser à son maximum la stratégie du choc étudiée ailleurs par l’essayiste : utiliser les crises économiques, politiques, sanitaires, comme des occasions pour faire passer des idées néolibérales (sur le plan économique) et autoritaires (sur le plan politique).

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
02La marque Trump
Dans No logo, son premier essai, Klein avait étudié la logique de marques mondiales telles que Nike ou Apple. Elle montrait comment ces entreprises ne se préoccupaient plus de la production ni des conditions de travail et de rémunération des personnes travaillant en usine ; il leur suffisait de créer une mythologie autour d’un nom pour attirer les consommateurs. C’est l’avènement des « marques creuses » : on ne vend pas d’abord une chose concrète mais une idée. Peu importe la qualité et même le produit, tant que le consommateur se reconnaît dans une communauté de valeurs véhiculées par l’enseigne.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
03L’accession à la Maison-Blanche
Mais pour parvenir à la Maison-Blanche, il en fallait davantage. Le « tour de passe-passe » subtil a reposé sur l’utilisation de la colère et du désespoir des travailleurs sans emploi, dont les marques se moquaient pourtant en délocalisant toujours plus. En vociférant contre des cibles faciles (les immigrés notamment), en manifestant sa puissance, Trump a mis dans sa poche les victimes mêmes du système qu’il défendait.
C’est à eux, comble d’ironie, qu’il a promis des emplois neufs, notamment en pariant tout sur les nouvelles énergies fossiles. Héros de la success-story capitaliste, il a réussi à faire de sa fortune l’un des arguments clés de son accession au pouvoir. Lors de sa campagne, il a utilisé un double argumentaire : sa richesse le rendrait incorruptible et sa connaissance du monde des affaires le rendrait capable d’en prendre le contrôle. Son accession au pouvoir a pourtant rendu la situation encore plus cynique. En fait, Trump a fusionné le pouvoir public et ses intérêts privés.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
04Logique du choc et conséquences du trumpisme
La stratégie du choc s’est amplifiée dans les années 2000 : guerre en Irak en réponse aux attentats du 11 septembre 2001, renflouement des banques suite à la crise financière de 2008, deux occasions uniques de solidifier les acquis de l’idéologie néolibérale et d’étendre le pouvoir des plus riches.
Le projet de Trump respecte fidèlement cette tendance générale : profiter des migrations, des guerres et de l’insécurité, profiter de la crise économique pour déréguler toujours plus l’économie afin de laisser libre jeu aux multimilliardaires. Les chocs à répétition, bien entretenus, mettent bon nombre d’individus K.-O.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
05Négationnisme climatique et décollage des riches
Trump nie le réchauffement climatique, pourtant accrédité par 97% des scientifiques du monde. Pourquoi ? Pour préserver les millions de dollars investis dans les énergies fossiles ? Pas seulement. Plus fondamentalement, il s’agit de maintenir la confiance en l’idéologie néolibérale elle-même. Le changement climatique requiert une action collective qui court-circuite frontalement les agissements du secteur privé et en premier lieu des multinationales. Augmenter les impôts des riches et des entreprises, réguler, localiser, aider les plus pauvres et les victimes des catastrophes, voilà ce à quoi le changement climatique devrait nous inciter pour l’auteure.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
06Plaidoyer pour un populisme de gauche
Le seul candidat soutenu par Naomi Klein fut Bernie Sanders. Le succès de Sanders a prouvé, selon elle, le caractère populaire de mesures dites « socialistes » (système de santé gratuite, annulation de la dette étudiante, mesures environnementales par exemple). Pourtant, il a échoué à convaincre la population noire et la population féminine.
Sur le sujet de la réparation des crimes de l’esclavage par exemple, il est resté trop peu loquace. Ce qui fait dire à l’auteure qu’il est urgent que les populistes de gauche apprennent de cet échec.
Il s’agit d’éviter le retour à l’alternative entre statu quo de l’establishment, proposé par les démocrates bon teint tels que Hillary Clinton, et un populisme de droite de plus en plus agressif. Bien qu’elle s’adresse aux minorités, la politique réformatrice du centre droit conserve fondamentalement la logique néolibérale. C’est d’ailleurs la leçon à tirer de la victoire si prometteuse d’Obama. Celui-ci avait mandat pour reconstituer l’économie, protéger l’environnement, responsabiliser les banques ; au lieu de cela, l’ancien président a finalement fait l’inverse et son plan est devenu « une version modifiée tout en douceur du business as usual ».

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
07Redéployer l’imagination utopique
Pourquoi les crises récentes n’ont-elles fait que s’échouer sur le sable bitumineux du business as usual, sans générer d’alternatives solides ? La réponse de Klein est nette : l’utopie a perdu de son efficace. L’imagination utopique s’est atrophiée, elle a été mise en état de sidération par la petite musique néolibérale. Ainsi, même s’ils se sont sentis choqués devant ces crises, « [l]es enfants du néolibéralisme ont […] eu du mal à concevoir quelque chose de différent de ce qu’ils avaient toujours connu » (Quatrième partie, chapitre 11).
C’est pourquoi les Occidentaux pourraient s’inspirer des communautés qui ont été trop longtemps soumises et humiliées : « Certaines cultures, certaines communautés, notamment les peuples autochtones, ont constamment cherché à conserver vivants les souvenirs et les modèles d’une vie différente, qui ne se fonde ni sur la propriété de la terre ni sur la quête incessante du profit » (Quatrième partie, chapitre 11).

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
08Conclusion
Pour Klein, la lutte des Sioux de Standing Rock pour la protection de leurs sites sacrés est exemplaire. Ceux-ci se battent contre la création d’un pipeline qui creuse dans la montagne et passe sous leur approvisionnement en eau potable.
À l’occasion de ce mouvement, c’est un autre monde qui se crée : « Les campements étaient devenus des lieux où Autochtones et non-Autochtones apprenaient à vivre en relation et en harmonie avec la terre » (Quatrième partie, chapitre 12). Les Sioux s’engagent et partagent leurs savoirs.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
09Zone critique
Dans presque chaque ligne de ce livre, on sent la colère et la volonté d’en découdre. L’ouvrage joue sur les répétitions, l’écho entre les thèmes ; il cherche à convaincre et il y arrive plutôt bien. Grâce à l’auteure, les différentes informations habituellement dégurgitées sans liaisons par les journaux télévisés s’imbriquent peu à peu pour former une image plus nette de notre condition contemporaine. Cette image est générée à partir d’une position située bien sûr, mais c’est tant mieux : Klein est féministe, altermondialiste, populiste de gauche même. Elle affirme clairement ses appartenances politiques et son exécration du « système » Trump.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !
10Pour aller plus loin
Ouvrage recensé – Naomi Klein, Dire non ne suffit plus. Contre la stratégie du choc de Trump (traduction de Véronique Dassas et Colette Saint-Hilaire), Paris, Acte Sud, 2017.
De la même autrice – No logo. La tyrannie des marques (traduction de Michel Saint-Germain), Paris, Acte Sud, 2001. – Journal d’une combattante. Nouvelles du front de la mondialisation (traduction de Paul Gagné et Lauri Saint-Martin), Paris, Acte Sud, 2003. – La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre (traduction de Paul Gagné et Lauri Saint-Martin), Paris, Acte Sud, 2008. – Tout peut changer. Capitalisme et changement climatique (traduction de Geneviève Boulanger et Nicolas Calvé) Paris, Acte Sud, 2015.

Téléchargez Dygest
pour avoir une expérience complète !












