
Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie
Des outils pour devenir plus fort et ne jamais abdiquer face aux souffrances
Description
Entre témoignage sur les camps de concentration et essai de psychologie, l’ouvrage de Viktor E. Frankl est un livre dans lequel chacun de nous peut puiser des forces. En dépassant son simple vécu personnel, l’auteur propose des leçons de vie issues de son expérience.
Il en fait des outils pour devenir plus fort et ne jamais abdiquer face aux souffrances.
Sommaire
01Introduction
Rescapé des camps de concentration, Viktor E. Frankl ne nous livre ni une autobiographie, ni un témoignage historique traditionnels, mais bien plutôt une analyse psychologique organisée en deux axes. Faisant tout d’abord le récit de la vie en milieu concentrationnaire et son impact sur la santé mentale des détenus, il pose ensuite les bases du courant psychologique dont il est lui-même à l’origine.
Car c’est en portant un regard de psychiatre sur cette expérience traumatisante qu’il a élaboré une nouvelle méthode thérapeutique, la logothérapie. Se démarquant des analyses introspectives de la psychanalyse, celle-ci se fonde principalement sur le sens que chacun peut donner à son existence pour dépasser les épreuves et mieux vivre.

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02Les trois stades de l’évolution psychologique des prisonniers
La vie concentrationnaire affecte l’état psychologique des prisonniers de façon graduelle. La première phase correspond à l’arrivée au camp et à la découverte des conditions de détention. Elle se caractérise par un état de choc engendré par la peur. Par exemple, le nom d’Auschwitz résonne de façon terrifiante dans l’esprit des prisonniers qui arrivent en train et imaginent les pires atrocités.
Malgré la brutalité de l’accueil, ils se focalisent sur tout ce qui peut leur donner de l’espoir, tel que le commando de détenus bien portants et d’humeur joviale chargés de les accueillir, mais surtout de se saisir de leurs biens. Cette façon de relativiser le danger encouru ou de l’occulter, aussi appelée « illusion du sursis » en psychiatrie, est rapidement remplacée par l’observation distanciée de ce qu’ils découvrent à l’intérieur du camp.

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03La régression comportementale chez les détenus
Le fonctionnement des camps de concentration repose sur la déshumanisation des prisonniers. La sélection initiale, que l’auteur qualifie de « verdict d’existence ou de non-existence » (p. 37), soumet d’emblée les nouveaux arrivants à la volonté des SS, leur retirant toute emprise sur leur destin. Le fait que le détenu soit dépossédé de tous ses biens, de ses papiers d’identité, de ses vêtements, et mis à nu pour la désinfection contribue à faire de lui un « non-être » (p. 88).
Ce processus trouve son apogée avec le retrait de l’identité du prisonnier, le réduisant à un simple numéro inscrit sur ses habits et sur sa peau. Il devient alors une entité dépourvue de passé, de profession et de nom. Sans résistance de sa part ou sans désir de conserver son honneur, le détenu perd son statut de personne et s’apparente à une bête qui vient grossir le troupeau des autres prisonniers.

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04En quoi consiste la vie mentale des prisonniers ?
Les conditions de vie difficiles étouffent la vie mentale des détenus. Leurs pensées se focalisent sur le besoin de s’alimenter, au point que le thème de la nourriture est le sujet qui monopolise les discussions entre prisonniers et investit même leurs rêves lorsqu’ils dorment. À cette pensée obsessionnelle s’ajoute l’impossibilité de concevoir un avenir. Les prisonniers s’installent en effet dans une « existence provisoire d’une durée illimitée » (p. 96). Ils sont en quelque sorte dans un entre-deux qui ne leur permet pas d’envisager la fin de leur détention ni un retour à une vie normale. Le risque est pour eux de se réfugier dans leurs souvenirs, sans réussir à trouver les ressources suffisantes pour se fixer un but et continuer à avancer.
Néanmoins, aussi réduite soit-elle, les détenus réussissent à entretenir une vie culturelle par le biais de certaines activités. Ils organisent des soirées où se mêlent chant et poésie. La pratique de l’humour, à travers des discours satiriques ou des récits amusants, leur permet de prendre leurs distances par rapport à ce qu’ils endurent et d’avoir la force d’y faire face. Des débats politiques concernant la guerre et son évolution, tout comme des séances de spiritisme organisées par le médecin en chef du camp, viennent aussi alimenter la vie intellectuelle des prisonniers. Mais c’est surtout la pratique de la religion qui tient une place prédominante et qui est intensifiée par les circonstances.

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05Se dépasser dans la souffrance
Pour Viktor E. Frankl, l’homme n’est pas déterminé par les circonstances. Si l’environnement peut influer sur ses choix, son état de santé physique et mental, il est libre de faire face aux événements les plus éprouvants en fonction de l’orientation qu’il souhaite donner à sa vie. En dépit des conditions de vie inhumaines du camp, le prisonnier peut décider de se conformer à une ligne de conduite morale. C’est ce que prouvent « ces martyrs dont le comportement, la souffrance et la dignité devant la mort témoign[ent] du fait qu’on ne peut enlever à un être humain sa liberté intérieure » . L’auteur évoque les quelques détenus qui réconfortent leurs camarades, leur cèdent leur bouchée de pain malgré la faim, et ne se laissent pas submerger par l’égoïsme.

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06Combattre le vide existentiel
Viktor E. Frankl considère que le vide existentiel est la cause majeure du mal-être d’un certain nombre de personnes. Celui-ci trouve son origine dans la double perte qu’a subie l’espèce humaine au cours de son évolution : d’une part, l’instinct qui était le moteur de ses actions ; d’autre part, les traditions qui offraient un cadre structurant à son existence. L’homme a donc acquis une liberté dont il ne sait pas toujours comment disposer. La modernisation de la société ne fait qu’amplifier ce vide existentiel.
Si les gens vivent financièrement mieux et ont plus de temps libre, il n’en reste pas moins qu’il leur manque un élément essentiel pour échapper à l’ennui : une raison de vivre. Ce vide existentiel touche tout particulièrement les jeunes. C’est ce que révèlent les sondages effectués par l’auteur auprès de ses élèves : 60 % de ses étudiants américains et 25 % de ses étudiants européens éprouvent un vide existentiel.

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07Enjeux et techniques de la logothérapie
La logothérapie est une approche psychologique existentielle. Elle part du principe que tout individu a besoin d’être habité par une motivation fondamentale qui l’incite à braver les difficultés sans se laisser gagner par le découragement. Le rôle du logothérapeute est donc d’amener la personne à identifier un but susceptible de sous-tendre son existence et de lui donner un sens. La logothérapie est donc davantage tournée vers l’avenir du patient que vers son passé, même si elle n’en nie pas l’importance.
Cette recherche d’une raison de vivre prend des chemins différents selon la personne, son parcours et ses désirs profonds. Néanmoins, il est indispensable que le but qu’elle se fixe se situe à l’extérieur d’elle-même : c’est le principe de « l’autotranscendance de l’existence humaine » (p. 133), qui consiste à se projeter vers quelque chose ou quelqu’un d’extérieur à soi pour s’oublier et mieux s’accomplir.

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08Conclusion
C’est en vivant l’expérience tragique de la déportation que Viktor E. Frankl a pris conscience de l’importance de trouver un sens à sa vie. Sans raison de vivre, le prisonnier renonce et se laisse dépérir.

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09Zone critique
La logothérapie de Viktor E. Frankl est considérée comme la troisième école de psychothérapie viennoise, la première correspondant à la psychanalyse de Sigmund Freud et la deuxième renvoyant aux théories d’Alfred Adler. À la fois philosophie et mouvement psychologique, elle se caractérise par son caractère prospectif, alors que la psychanalyse propose une démarche rétrospective et que la psychologie adlérienne considère l’individu dans son rapport au présent. La logothérapie ne considère donc pas que l’individu est déterminé par son passé ou son environnement, mais qu’il reste libre de construire son existence en fonction de sa volonté.

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10Pour aller plus loin
Ouvrage recensé – Découvrir un sens à sa vie avec la logothérapie, Paris, Éditions J’ai Lu, coll. « Bien-être », 2013,

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