Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'Conquete et exploitation des nouveaux mondes'

Conquête et ex­ploi­ta­tion des nouveaux mondes

Pierre Chaunu

L'histoire des découvertes et des conquêtes

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

Choisissant une approche quantitative et sérielle, Pierre Chaunu présente l’expansion européenne dans le Nouveau Monde, au XVIe siècle. En quelques décennies, l’Amérique fut conquise, principalement par les Espagnols, qui ont écrasé les pouvoirs autochtones et imposé la civilisation européenne à cette partie du monde récemment découverte.

De leur côté, les Portugais s’accaparèrent l’océan Indien et une grande partie de l’Asie. La péninsule ibérique était ainsi prédominante dans cette conquête et exploita massivement, pour plusieurs siècles, les ressources des territoires colonisées.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Cet ouvrage constitue la seconde partie d’une étude menée par Pierre Chaunu dans les années 1960 et dont le premier volume s’intitulait L’expansion européenne du XIIIe au XVe siècle. L’historien adoptait alors sur une approche quantitative qui était novatrice, pour étudier l’une des plus grandes mutations de notre histoire : le désenclavement de tous les espaces maritimes au cours du XVIe siècle.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Un nouveau monde

La construction de nouveaux mondes était liée à la recherche d’une route vers les Indes. Saint-Domingue fut l’une des premières îles colonisées et, en 1506-1508, il y eut une accélération de l’expansion par les Espagnols : ce sont les premières installations sur la côte de Terre Ferme (partie de l’Amérique Latine comprenant le Venezuela, la Colombie et le Panama actuels), les Antilles se substituant progressivement à l’Andalousie comme base de la découverte et de la conquête.

Mais l’explosion de la Conquista eut lieu dans les années 1520-1540, durant lesquelles l’outre-mer espagnol passa de près de 300 000 km2 à près de 2 300 000 km2. Ce fut le temps de la conquête du Mexique et de l’Amérique centrale, initiée par Cortés en 1518. Rapidement, des cités indépendantes de la Confédération aztèque passèrent avec toutes leurs forces dans le camp des envahisseurs, par crainte d’être écrasées, comme ce fut le cas pour les indiens Otomis de Tecoac. Ces renforts permirent notamment de marcher sur Mexico (Tenochtitlan), Cortès étant aidé dans cette entreprise par des troupes envoyées depuis les Antilles par Velázquez, et par l’épidémie de variole qui décimait les rangs aztèques. Pierre Chaunu rapporte que la maladie avait été introduite par un esclave noir de l’escorte de Cortés, et qu’elle fit plus de morts que les arquebuses. Mexico tomba le 13 aout 1521 et, comme la ville ne contenait pas autant d’or que Cortés l’avait cru, de nombreux chefs aztèques survivants subirent la torture dans les semaines qui suivirent la reddition. La Nouvelle-Espagne était fondée.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Vers l’Orient

Pierre Chaunu évoque, dans une autre partie de son ouvrage, le contrôle de l’océan Indien par les Portugais, qui intervint entre 1498, lorsque Vasco de Gama jeta l’ancre à Calicut après avoir franchi le cap de Bonne-Espérance, et 1515, à la mort d’Alfonso de Albuquerque devant Goa.

Cette conquête fut « une substitution » de ce qui existait déjà : les Portugais n’auraient pas réussi, en une quinzaine d’années, à contrôler la moitié des échanges de la région s’ils n’avaient incorporé et dépassé toute l’expérience des locaux, s’ils n’avaient pu bâtir leur contrôle sur de l’existant. Ainsi, pour l’essentiel, les Européens ont laissé intacts mille ans de communication et d’échanges, les utilisant à leur profit pour faire venir en Europe les épices tant appréciées.

Malacca s’imposa comme le détroit le plus important du contrôle de la région, à la charnière des voies de communication arabes, malaises et chinoises. En 1508, le roi du Portugal Manuel commença à s’y intéresser et en 1511, après un second assaut contre la ville mené par Albuquerque, elle céda, devenant pour 130 ans portugaise. Depuis cette place, la rencontre avec le monde chinois était facilitée (1513), tout comme avec le Japon, les premiers Portugais débarquant à Kiou Siou en septembre 1543. De même, la présence portugaise est attestée à Macao dès 1555.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Organiser les empires

Le processus de diffusion de l’Extrême-Occident chrétien aboutit nécessairement à une construction politique. Du début du XVe siècle à la fin du XVIIIe, on assista donc à une montée régulière de l’État européen hors d’Europe. Pierre Chaunu précise qu’il n’y avait, au XVIe siècle, que deux empires : l’espagnol et le portugais. Les efforts de la France, de la Hollande et de l’Angleterre ne portèrent leurs fruits qu’au XVIIe siècle.

Ces empires étaient avant tout des espaces maritimes, structurés par les océans. Au total, ils annexaient de fait un espace liquide de 70 millions de km2, fait de larges bandes océaniques sur lesquelles les navires progressaient ; il y eut par exemple près de 25 000 voyages de Séville vers l’Amérique entre 1506 et 1650. Un voyage durait alors deux à quatre mois.

Vers 1600, l’Empire espagnol couvrait 2 300 000 km2 en Amérique, 200 000 km2 aux Philippines et autour de 100 000 km2 pour les possessions brésiliennes et africaines. Les Indes portugaises, qui ne furent guère plus qu’une zone d’influence à défaut d’être une véritable colonie, couvraient 2 500 000 km2. Quant aux hommes, Pierre Chaunu estime qu’il y avait, en 1600, moins de 200 000 Européens hors d’Europe, face à des populations indigènes 50 à 100 fois plus nombreuses dans l’espace directement contrôlé par les empires.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Exploiter sur tous les fronts

Dans les empires, tout était commandé par la distance et les transports. Jamais le monde n’avait été aussi grand qu’au lendemain du voyage de Magellan.

Compte tenu des moyens techniques disponibles, les distances qui séparaient les mondes nouvellement liés à la Péninsule ibérique et à l’Europe étaient à la limite du possible et de l’impossible. Il fallait en moyenne cinq ans pour effectuer un aller-retour Espagne-Philippines au XVIe siècle et les chances d’y parvenir étaient faibles (25 à 30%) ; le Nouveau-Monde accessible en moins de six mois ne concernait que les Amériques espagnoles et le nord-est du Brésil. C’était une chose que de découvrir, d’établir une liaison expérimentale sans souci de rendement immédiat ; c’en était une autre que d’exploiter, et donc d’établir une liaison constante, soumise nécessairement à la loi du profit.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Les peuples extra-européens

À la fin de son ouvrage, Pierre Chaunu présente les différentes civilisations rencontrées par les Européens au cours de leur exploration du reste du monde et tente d’en dessiner les contours démographiques.

L’Afrique est le secteur le plus ancien et pourtant le moins bien connu de l’historiographie, principalement en raison du fait que l’Afrique profonde était en dehors de la civilisation écrite et a laissé peu de traces. Aussi, l’historien ne se risque pas à évaluer la population totale du continent et réfute le chiffre de 100 millions avancé dans d’autres travaux.

Pour l’Asie, les données sont plus nombreuses et plus sûres. La Chine était faite de 70 millions d’âmes au début du XVIe siècle, 120 millions à la fin du XVIIe siècle ; l’Inde contenait 70 à 90 millions d’habitants au XVIe siècle, le Japon une vingtaine de millions. L’ensemble de l’Asie devait représenter autour de 250 millions d’hommes dans la seconde moitié du XVIe siècle. À titre de comparaison, l’Europe était faite de 60 à 80 millions d’individus au même moment. Mais l’infériorité numérique européenne était compensée par une plus grande masse de moyens.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Conclusion

Le travail mené par Pierre Chaunu permet de cerner les contours de la conquête européenne, au XVIe siècle, en direction de l’Amérique pour l’Espagne, ou de l’Asie pour le Portugal. Les deux puissances ibériques ont, en quelques décennies seulement, constitué des empires colossaux qu’ils ont largement exploités, profitant des ressources naturelles ou des axes de communication déjà établis. Épices, métaux précieux et canne à sucre ont constitué d’incroyables leviers d’enrichissement.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Zone critique

Le XVIe siècle présenté par Pierre Chaunu est incontestablement économique. Il se défend pourtant d’envisager, dans la conclusion de son ouvrage, un monde où l’économie primerait. La place qu’il lui octroie serait davantage à chercher dans les méthodes du courant historiographique dans lequel il s’inscrivait en préparant son étude, une histoire des Annales dominée par les dimensions économiques et sociales.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Pierre Chaunu, Conquête et exploitation des nouveaux mondes, Paris, PUF, 2014 [1969].

Du même auteur – Séville et l’Amérique aux XVIe et XVIIe siècles, Paris, Flammarion, 1977. – Charles Quint, Paris, Fayard, 2000.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !