Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Collaboration

Col­la­bo­ra­tion

Morten Hansen

Collaborer utile ou collaborer par réflexe

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

En 1998, deux moteurs de recherche naissants se disputent le web : Yahoo et Google. Yahoo mise sur une organisation où chaque équipe partage tout avec les autres, réunions transversales à foison, silos abattus. On y voit la collaboration comme un bien en soi, presque une morale d'entreprise. Morten Hansen, professeur de management passé par McKinsey puis par les universités de Berkeley et de Harvard, a passé quinze ans à observer ce genre de scènes. Son verdict, publié dans un livre sobrement intitulé Collaboration, va à rebours de l'intuition dominante : coopérer davantage ne rend pas une organisation meilleure. Souvent, ça la ralentit.

Le paradoxe est têtu. On répète partout qu'il faut décloisonner, aligner, faire circuler l'information, casser les silos. Les slogans d'entreprise en sont saturés. Hansen a mesuré ce qui se passe quand on applique la consigne à la lettre, chiffres à l'appui : des projets communs qui coûtent plus qu'ils ne rapportent, des réunions qui mangent des semaines, des équipes qui se consultent par principe alors qu'elles auraient été plus rapides seules. La collaboration a un prix, et ce prix est presque toujours invisible dans les tableaux de bord.

Le point de départ de Hansen n'est donc pas « comment collaborer plus », mais « quand collaborer vaut le coup, et quand il vaut mieux s'abstenir ». Une distinction qui paraît évidente une fois posée, et qu'on oublie systématiquement dès qu'on entre dans une salle de réunion.

La question que l’on se pose : Pourquoi une organisation qui coopère à tout-va peut-elle produire moins qu'une organisation qui coopère peu, mais au bon moment ?Ce que l’on va voir : Comment Hansen sépare la collaboration qui crée de la valeur de celle qu'on fait par habitude, et ce que ça change pour ceux qui dirigent.

Sommaire

01

Chapitre 1 — Une équipe qui coopère bien peut perdre

Hansen ouvre son enquête sur un constat qui dérange les consultants : il existe une différence nette entre bien collaborer et beaucoup collaborer, et confondre les deux coûte cher. Il raconte le cas de banques d'investissement où les équipes se refilaient des clients d'un continent à l'autre, multipliaient les échanges transversaux, et affichaient pourtant des performances inférieures à celles de concurrents plus cloisonnés. Le mouvement était réel, la valeur, non.

Le mot-clé chez lui, c'est disciplined collaboration — collaboration disciplinée. Non pas parce qu'il faudrait se retenir par vertu, mais parce que chaque projet commun mobilise du temps, de l'attention et de la coordination qui auraient pu servir ailleurs. Deux équipes qui décident de bosser ensemble renoncent, ce faisant, à ce qu'elles auraient produit chacune de leur côté. C'est un coût d'opportunité, et il est presque jamais compté.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Chapitre 2 — La règle simple : est-ce que ça vaut le coup ?

Pour trancher, Hansen propose un calcul volontairement grossier, tenable en une phrase : la prime de collaboration. On additionne la valeur qu'un projet commun peut créer, on en retranche deux choses — le coût d'opportunité (ce que les équipes auraient produit séparément) et les coûts de coordination (le temps, les frictions, les compromis nécessaires pour travailler ensemble). Si le résultat est positif, on y va. S'il est négatif, on s'abstient, même si l'idée de collaborer semblait séduisante.

L'intérêt de cette règle, c'est qu'elle rend visible ce qui reste d'ordinaire caché. On parle beaucoup du bénéfice attendu d'une collaboration, jamais de son coût. Or les coûts de coordination explosent avec le nombre de parties prenantes, la distance, les fuseaux horaires, les cultures d'équipe. Ce qui paraissait rentable à trois devient un gouffre à douze. Hansen a vu des projets où le temps passé à s'aligner dépassait largement le gain final.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Chapitre 3 — Pourquoi les gens ne collaborent pas — et pourquoi ils collaborent trop

Une fois qu'on a décidé qu'une collaboration valait le coup, encore faut-il qu'elle se produise. Hansen consacre une large part de son travail aux obstacles concrets qui empêchent des gens pourtant volontaires de coopérer efficacement. Il en repère quatre, et son message est qu'on se trompe souvent de remède parce qu'on n'a pas identifié le bon blocage.

Le premier, c'est le refus de tendre la main : une culture où demander de l'aide passe pour un aveu de faiblesse, où l'on préfère se débrouiller seul plutôt que d'admettre qu'un autre sait mieux. Le deuxième, le refus de chercher : les gens ne trouvent pas l'information ou l'expertise dont ils auraient besoin, non par mauvaise volonté, mais parce que l'organisation est trop vaste et le savoir trop dispersé. Le troisième, le refus de partager : ceux qui savent gardent pour eux, souvent parce que les systèmes de récompense valorisent la performance individuelle et punissent implicitement le temps donné aux autres.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Chapitre 4 — Le manager en T, ni solitaire ni collant

En prenant un peu de hauteur, ce que décrit Hansen dépasse la gestion de projets : c'est un rapport faussé à la collaboration comme valeur. Nos organisations ont fait du décloisonnement une morale, presque une identité — être un bon collègue, c'est être ouvert, transversal, connecté. Hansen ne conteste pas la valeur, il conteste sa transformation en réflexe. Une vertu qu'on applique sans discernement cesse d'être une vertu ; elle devient une consigne, et les consignes, on les suit sans les évaluer.

Sa figure de synthèse, c'est le manager « en T ». La barre verticale du T, c'est l'engagement profond dans son propre domaine, ses propres résultats — la responsabilité individuelle, non diluée. La barre horizontale, c'est la disposition à contribuer au-delà de son périmètre quand ça crée de la valeur. Le bon collaborateur n'est ni le solitaire replié sur sa colonne, ni le collant qui passe sa vie dans les réunions des autres. Il tient les deux barres à la fois, et sait quand privilégier l'une ou l'autre.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Conclusion

Hansen ne signe pas un plaidoyer contre la collaboration. Il en fait plutôt le procès de l'automatisme : cette manière qu'ont les organisations de coopérer par principe, sans jamais mesurer si le jeu en vaut la chandelle. Sa contribution tient dans une bascule simple — passer de « comment collaborer plus » à « quand collaborer vaut le coup ». La prime de collaboration, les quatre obstacles, le manager en T ne sont que les outils de cette bascule. Ce qui les tient ensemble, c'est l'idée que la coordination n'est jamais gratuite, même quand elle ne coûte rien dans les comptes.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !