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Couverture de 'Autopsie des terrorismes'

Autopsie des terrorismes

Noam Chomsky

Le terrorisme comme composante toute banale de l’action des États

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Description

Les définitions des guerres de « basse intensité » menées par les États-Unis et celles du terrorisme international le plus classique sont peu ou prou identiques. Conçu comme l’utilisation de moyens coercitifs dirigés contre des populations civiles afin d’atteindre des visées politiques, géopolitiques, religieuses ou autres, le terrorisme n’est donc rien d’autre qu’une composante somme toute banale de l’action des États.

Et en premier lieu des États-Unis, victimes des attentats du 11-Septembre à New York et à Washington. Une vérité qui, si elle n’est pas toujours forcément bonne à dire, est en revanche absolument essentielle à rappeler.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Autopsie des terrorismes. Le monde de l’après 11-Septembre est un ouvrage paru en 2001 dans une première version peu de temps après les attentats terroristes qui ont dévasté New York et Washington. Dix ans après ces attaques, les États-Unis exécutent Oussama Ben Laden. À cette occasion, une préface de l’auteur est ajoutée au livre.

En 2015, c’est la France qui à son tour entre dans la « guerre contre le terrorisme », avec son cortège d’actions déjà vues et déjà connues : bombardements à l’extérieur, état d’urgence et lois d’exception à l’intérieur. En 2015 également, l’auteur ajoute une postface inédite à l’ouvrage. Enfin, en 2016, paraît cette version augmentée et actualisée.

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02

La res­pon­sa­bi­li­té des États-Unis

Certains se demandent si les États-Unis n’ont pas « cherché » les attaques du 11-Septembre. Ou, en d’autres termes, si elles ne sont pas des conséquences de la politique américaine. Washington aurait ainsi été « puni » pour la politique qu’il mène dans le monde, une politique jugée contraire aux intérêts des humbles en général, et à ceux du monde arabe en particulier, à l’exception des pétromonarchies inféodées à l’Amérique.

Vu sous cet angle, les États-Unis porteraient donc une part de responsabilité dans les attaques terroristes qui ont dévasté New York et le Pentagone. Or, Noam Chomsky ne partage pas entièrement cette analyse. Pour l’auteur en effet, les attaques du 11-Septembre ne peuvent pas être considérées comme des conséquences « directes » de la politique américaine, mais comme des conséquences indirectes de la politique étrangère passée de Washington. En effet, il n’est pas douteux que les attentats aient été commis par une nébuleuse de terroristes islamiques qui proviennent tous des réseaux mis en place par les États-Unis dans les années 1970 et 1980, avec l’aide d’États-clients comme l’Égypte, le Pakistan et surtout l’Arabie Saoudite. Ces réseaux avaient pour but de contrer le communisme international et d’affaiblir Moscou sur l’échiquier mondial.

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03

Il existe deux formes de terrorisme

L’auteur rappelle opportunément qu’il existe dans les pays occidentaux une expression courante qui est devenue une sorte de dicton : « le terrorisme, c’est le terrorisme. Il n’y en a pas de deux sortes ». Et pourtant si, il existe bel et bien deux sortes de terrorisme pour Noam Chomsky. Le « leur », celui des mouvements islamistes radicalisés, et le « nôtre », celui des États-Unis et de leurs alliés. Il n’est nul besoin de revenir sur « leur » terrorisme. Il est suffisamment connu, et il a culminé dans les attentats du 11-Septembre aux États-Unis. Mais il peut être intéressant de s’attarder un peu plus avant sur « notre » terrorisme. Tellement moins connu, surtout pour nos « bonnes » consciences occidentales que toute vision un peu lucide et démystifiante perturbe tellement.

Ainsi, lorsque en 1998 les États-Unis de Bill Clinton réduisent à néant à la suite d’un bombardement par l’aviation militaire américaine la seule usine de produits pharmaceutiques du Soudan, au prétexte que cette usine servirait à la fabrication d’armes chimiques pouvant être utilisées dans des attaques anti-occidentales, ne s’agit-il pas d’un véritable acte de terrorisme international ? Pour Chomsky, bien sûr que si. Car les conséquences sanitaires pour un pays aussi pauvre et épuisé par des décennies de guerre civile sont catastrophiques. Mais de cela, les États-Unis n’ont cure…

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04

Le monde est in­con­tes­ta­ble­ment entré dans l’âge du terrorisme

L’auteur se plaît à souligner que les analystes et les commentateurs, que ce soit dans la presse ou dans les publications universitaires, sont unanimes pour tirer une même conclusion des attentats du 11-Septembre : ces derniers ont radicalement transformé le monde, et plus rien ne sera jamais comme avant.

Il existe par ailleurs des menaces terroristes encore plus inquiétantes que les attaques par des avions-suicide : les envois d’enveloppes contenant le bacille du charbon en font partie. C’est l’autre face du terrorisme. Un terrorisme moins spectaculaire, mais tout aussi déstabilisant pour les grandes puissances occidentales.

Car, attaques-suicide ou bacille du charbon, le terrorisme illustré par les attaques du 11-Septembre constitue un événement historique de taille. Pour s’en tenir aux attentats de New York et Washington en effet, ce n’est pas l’ampleur des attaques ni le nombre des victimes, qui en font un événement historique de première importance, mais le choix délibéré des victimes.

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05

Pourquoi les États-Unis sont-ils détestés dans le monde arabe ?

À propos des attentats du 11-Septembre, une question revient en permanence, toujours la même : pourquoi les États-Unis sont-ils détestés dans le monde arabe ?

Cette question n’est pas nouvelle. Elle remonte au moins aux années 1950. Comme le rappelle Noam Chomsky, à la fin de cette dernière décennie, le président Eisenhower et ses conseillers s’interrogeaient déjà sur ce qu’ils appelaient « la campagne de haine contre nous dans le monde arabe ». À ce constat peut répondre le cri du cœur de George W. Bush après les attentats du 11-Septembre : « Pourquoi nous détestent-ils ? »

Les réponses à ces questions sont de deux ordres distincts. La première série de réponses tient à des motifs purement géopolitiques, des motifs qui relèvent de l’équilibre relatif des puissances dans le monde. Ainsi, en soutenant de manière aveugle et systématique des pétromonarchies oligarchiques et profondément antidémocratiques, les États-Unis se sont disqualifiés aux yeux des « masses » du monde arabo-musulman.

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06

Al-Quaïda : une implication qui fait débat

Après les attentats du 11-Septembre, la première question qui se pose immédiatement est la suivante : qui est responsable ? La réponse à cette question n’a pas tardé. Pour beaucoup, sinon tous, il était clair, dès le début, que les responsables de ces attaques terroristes étaient le réseau Al-Quaïda et son principal dirigeant, Oussama Ben Laden. Pourtant, en dépit de ce qui représente sans doute la plus grande enquête internationale des services secrets de tous les temps, les preuves sur l’implication du réseau Al-Quaïda dans les attentats du 11-Septembre ont été très difficiles à trouver. Elles sont même pratiquement inexistantes, ce qui ne veut pas dire que cette organisation n’est pas à l’origine des attaques, comme le pense l’auteur..

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07

Conclusion

Noam Chomsky, après avoir analysé le contexte historique et international des attentats du 11-Septembre aux États-Unis, discute de la politique des démocraties occidentales au regard des principes du procès de Nuremberg qui a condamné le nazisme pour « crimes contre l’humanité » au sortir de la Seconde Guerre mondiale.

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08

Zone critique

Le principal reproche adressé à l’ouvrage peut tenir en un mot : « radicalisme », pour reprendre le terme américain dans sa version française, mot que l’on pourrait traduire par « gauchisme ». En effet, de l’assimilation de la politique extérieure américaine aux pires dérives du maoïsme en Chine à la quasi-réhabilitation d’Oussama Ben Laden, l’ouvrage de Noam Chomsky frise parfois la caricature.

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé –Autopsie des terrorismes. Le monde de l’après 11-Septembre, Marseille, Agone, 2016.

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