Télécharger l'app

Scanne. C'est dans ta poche.

QR Code — Dygest

Ouvre l'app Appareil photo, pointe sur le code. C'est gratuit à l'essai.

Couverture de 'Apres le liberalisme'

Après le libéralisme ?

John Dewey

Réflexions sur les alternatives au libéralisme

Écouter l'extrait du podcast :
0:00 --:--

Description

"Après le libéralisme ?" de John Dewey est une réflexion profonde sur l'évolution et les défis du libéralisme américain. Dans cet ouvrage, Dewey retrace la généalogie intellectuelle du libéralisme, en soulignant ses crises et en proposant une vision renouvelée pour l'avenir. Il défend l'idée que la démocratie américaine a réussi à synthétiser républicanisme et libéralisme, combinant self-government et participation active à la vie civique.

Dewey critique la vision traditionnelle du libéralisme, centrée sur l'individu libre et soucieux de ses intérêts, et plaide pour une démocratie libérale plus inclusive et dynamique. À travers une série de conférences, il explore les contradictions du libéralisme et propose des pistes pour reconstruire le libéralisme dans un monde contemporain en quête de sens et de justice sociale.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion : un manifeste pour une démocratie en crise

Cet ouvrage s’inscrit dans la continuité d’un débat philosophique qui oppose John Dewey à l’intellectuel américain Walter Lippmann dès les années 1920. Dans son ouvrage Le Public fantôme (1925), ce dernier dresse le portrait de la crise démocratique qui frappe les États-Unis à cette époque.

Dans le contexte des grandes transformations imposées par la Révolution industrielle, du choc de l’après-guerre et de la récession économique, Lippmann avance que la société de consommation transforme les citoyens américains en des masses apathiques : « l’idéal du citoyen souverain et omnicompétent est, à mon avis, un de ces idéaux trompeurs. Il est inaccessible » (Lippman, p. 39).

Pour Dewey également, l’industrialisation a eu de graves effets sociaux, entraînant la dislocation des communautés civiques. Néanmoins, le philosophe cherche les conditions nécessaires à la reconstruction d’une société où primerait le lien social. Après le libéralisme ? tente ainsi de dessiner des alternatives démocratiques face à la montée des totalitarismes : « réduire pour l’avenir la question à une lutte entre fascisme et communisme, c’est prendre le risque d’une catastrophe qui pourrait impliquer toute la civilisation » (p. 172). Pour ce faire, l’auteur tente de rétablir le lien entre « libéralisme » et « progrès social ». Son intention est alors de maintenir, dans des conditions profondément transformées, l’objectif initial du libéralisme : procurer de manière égale à chacun les conditions d’une liberté et de droits effectifs.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

02

Les impasses du libéralisme économique

Pour Dewey, il s’agit d’opérer une distinction entre « libéralisme politique », qualifié de « premier libéralisme », et « libéralisme économique », associé à l’école classique anglaise – dont les principaux auteurs sont Adam Smith, Jeremy Bentham et John Stuart Mill.

Selon le philosophe, l’avènement du libéralisme économique se confond avec le succès de la Révolution industrielle. Les nouvelles bourgeoisies se seraient ainsi solidement attachées aux préceptes des économistes classiques, dont « [les] voix se seraient peut-être perdues dans le désert si ce qu’ils avaient à dire n’avait coïncidé avec les intérêts d’une classe » (p. 74).

Cette absorption stratégique est à l’origine d’un paradoxe fondamental : d’abord conçu pour limiter les privilèges aristocratiques anglais à la fin du XVIIIe siècle, le libéralisme économique s’est trouvé ensuite rapidement instrumentalisé pour défendre les intérêts des nouvelles classes dominantes. « Des idées qui, à une certaine époque, [étaient] des moyens de produire des transformations sociales [...] sont utilisées comme un moyen d’empêcher ces transformations » p. 101).

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

03

Une genèse in­tel­lec­tuelle du libéralisme américain

Selon Dewey, les États-Unis sont initialement le creuset d’un libéralisme républicain, accordant une place importante aux régulations morales et communautaires.

Cette tradition politique, fidèle au « premier libéralisme », puise ses racines dans la philosophie de John Locke et de son Traité du gouvernement civil (1690). « Incarnées dans la Déclaration d’Indépendance [américaine], les idées de Locke convenaient bien à notre condition de pionniers où les individus avaient la possibilité de se forger un destin par eux-mêmes » (p. 81).

Tandis que le libéralisme économique spécule sur le dos d'un individu égoïste et maximisateur, le libéralisme politique, d’inspiration américaine, envisage l'individu comme un tissu de relations. Le citoyen est alors façonné de l'intérieur, par un « milieu ».

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

04

Un cadre d’action pragmatique

La pensée de Dewey, comme celle d’autres philosophes pragmatiques, est indissociablement liée à l’émergence de la psychologie. De ce fait, l’auteur accorde une importance primordiale à la progressivité de l’action. Pour lui, les individus se caractérisent à la fois par leur « typicité » et leur « plasticité ».

D’un côté, nous sommes déterminés par nos croyances et nos habitudes, qui nous permettent de nous projeter efficacement dans le futur. « La plus grande source d’éducation, la plus grande force influant sur les dispositions et les attitudes des individus, c’est l’environnement social dans lequel ils vivent » (p. 171). On ne peut donc comprendre l’individu isolément du milieu qui le façonne.

De l’autre, les individus évoluent et se modèlent de façon progressive. Au contact de l’expérience et de la pratique, nous nous transformons sans que ces transformations ne nous apparaissent conscientes. « Nous faisons [...] l’expérience du changement et celui-ci nous incite à constamment remodeler nos vieilles habitudes de vie et de penser » (p. 120).

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

05

Construire une « in­tel­li­gence socialement organisée »

Selon la perspective pragmatique de John Dewey, l’éducation doit avoir un rôle moteur afin de créer les conditions favorables à l’association humaine. « Lorsque je déclare que la préoccupation première du libéralisme renaissant est l’éducation, j’entends que sa tâche est de contribuer à produire les habitudes d’esprit et de caractère, les schémas moraux et intellectuels qui concordent autant que possible avec l’évolution réelle des choses » (p. 135).

Pour lui, l’erreur des libéraux économiques fut de définir l’intelligence en tant qu’attribut individuel, alors même qu’elle devrait être « socialement organisée ». L’enseignement doit permettre d’ériger l’intelligence comme méthode sociale et expérimentale au service de la communauté. Pour l’auteur, il faut appliquer les méthodes des sciences à l’action sociale.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

06

Conclusion

La distinction opérée par l’auteur entre libéralisme politique et économique, lui permet de poser les bases d’une pensée progressiste, tournée vers les transformations sociales. Mais ce libéralisme est conçu sur un mode pragmatique, qui suppose la prise en compte de nos fonctionnements naturels sur le plan psychologique.

Le radicalisme de Dewey s’inscrit donc dans une méthode souple et progressive, qui parie sur le temps long. Les changements profonds ne pourront intervenir dans la société que s’ils se trouvent portés par les acteurs eux-mêmes, selon des modes d’action qui affutent leur réflexivité.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

07

Zone critique

La redécouverte de Dewey dans les années 1970 a eu une influence décisive sur nos conceptions contemporaines de la démocratie. Le philosophe pragmatique s’illustre aujourd’hui comme l’un des pères fondateurs de l’idéal participatif. Certaines critiques formulées à l’encontre de cette nouvelle utopie ne manquent pas d’être étendues à l’auteur. Sa confiance absolue dans le progrès scientifique l’enferme dans une conception très technique de la démocratie. Les procédures, les méthodes et protocoles expérimentaux s’affirment comme des outils performatifs, capables à eux seuls de rénover notre système en refaçonnant les individus.

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !

08

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé

– Après le libéralisme ? Ses impasses, son avenir, Paris, Flammarion, Coll. « Climats », 2013.

Du même auteur

– Démocratie et éducation. Suivi de Expérience et éducation, Paris, Armand Colin, 2011. – Le public et ses problèmes, Paris, Gallimard, Coll. « Folio essais », 2010 [1927].

Téléchargez Dygest

pour avoir une expérience complète !