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Couverture de 'Apres la maltraitance'

Après la mal­trai­tance

Sarah Laporte-Daube

Se libérer des blessures de l’enfance

Écouter l'extrait du podcast :
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Description

Publié en 2019, cet ouvrage s’adresse à ceux et celles qui ont été maltraités pendant leur enfance. L’auteur détaille les différentes maltraitances qui existent, de la violence physique à la violence psychologique en passant par les sévices sexuels, et propose des outils pour reconstruire

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Depuis quelques décennies, la parole se libère, les droits des enfants se font plus visibles. Pourtant, le fléau de la maltraitance subsiste et le silence est encore trop souvent pesant.

Sarah Laporte-Daube, spécialiste de la question propose dans son ouvrage une exploration de cette problématique. Quelles sont les différentes formes de violences qui existent ? Que se passe-t-il alors pour les enfants qui la subissent ? Quelles en sont les conséquences ?

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02

Les différentes formes et le périmètre de la mal­trai­tance

Par définition, la maltraitance « comprend l’ensemble des violences familiales qui ont des conséquences graves sur le développement de l’enfant. Elle peut prendre différentes formes : violence physique, violence psychologique, négligences lourdes, abus sexuels et manipulation mentale » (p.9). Elle a lieu dans tous les milieux sociaux et dans toutes les cultures. Bien entendu, elle ne va pas sans conséquences, les enfants sont traumatisés : peur, colère, tristesse, impuissance, honte et culpabilité sont de émotions qui les envahissent. Ces violences ont un impact considérable sur la construction de la personnalité. Il y a donc les maltraitantes physiques (coups, brûlures, étouffement) qui peuvent aussi être accompagnées de violences verbales. Les maltraitantes psychologiques sont plus difficiles à repérer, mais ont aussi des conséquences sur le développement de l’enfant.

Dénigrement, insultes, étiquettes péjoratives, comparaisons, humiliations et moqueries, rejet, isolement, exigences déraisonnables, harcèlement moral font partie de ces maltraitances. Sont également recensées les négligences lourdes : alimentation, santé, sécurité physique. On évoque aussi la manipulation mentale (alternance de comportements manipulateurs et adaptés, intrusion, chantage affectif, double message, culpabilisation). Pour terminer, citons aussi l’inceste et la pédophilie considérés comme des crimes suprêmes.

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03

Le vécu émotionnel et les consé­quences

Les victimes de maltraitance sont souvent rongées par un sentiment de culpabilité. L’enfant a tendance à porter la responsabilité de la maltraitance qu’il subit, car c’est une façon pour lui de déresponsabiliser son parent maltraitant et donc de conserver une bonne image de lui. Il y a bien entendu un sentiment de honte. Si ce sentiment est indispensable pour se développer au milieu de ses pairs, lorsqu’elle est excessif, « elle devient destruction de l’estime de soi, voire destruction de l’identité, et déni du droit à l’existence » (p.75).

Les conséquences de la maltraitance sont nombreuses. On parle de syndrome de stress post-traumatique (SSPT). Les symptômes du SSPT sont l’envahissement émotionnel et l’évitement. Le premier consiste en l’apparition répétée de flash-back qui arrivent de façon intrusive lorsque quelque chose active le traumatisme. Il peut aussi s’agir de cauchemars et de stress. L’évitement est une façon de lutter contre l’envahissement émotionnel : éviter les lieux, les situations qui pourraient raviver le traumatisme. Le SSPT peut développer d’autres troubles comme l’irritabilité, le trouble de la concentration, insomnie, l’hypervigilance…

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04

Quelques scénarios de vie

L’enfant, devenu adulte, développe des croyances négatives sur lui-même. Peur, effroi, impuissance, tristesse, colère. Il se sous-estime, ne se sent pas digne de réussir ou d’être aimé. « Une partie de son être a été détruite par la violence. Nombre de victimes se décrivent comme étant mortes de l’intérieur. » (p.79) Elles sont fragilisées et développent une insécurité affective et une angoisse d’abandon.

Normalement, le schéma de la mère comme principale figure d’attachement peut être inversé et devenir insécure lorsque la mère est maltraitante. Qu’il ait été abandonné ou maltraité, l’enfant développe une angoisse d’abandon qu’il transfère ensuite dans sa vie d’adulte sur son conjoint. À long terme, se développent des schémas : le schéma Abus (la violence fait partie de la vie de l’adulte) ; le schéma Imperfection (l’adulte a une image dégradée de lui-même) ; le schéma Abandon (qu’il rejoue souvent dans les relations amoureuses).

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05

Le chemin de la re­cons­truc­tion

Les victimes de maltraitance doivent suivre une thérapie dont le but principal est la reconstruction. « Contrairement à un trouble psychique, avec la maltraitance, le problème n’est pas intrapsychique à la victime. Il n’est pas non plus relationnel. Il est intrapsychique au parent maltraitant. L’enfant subit donc un problème qui ne lui appartient pas » (p.107). La thérapie sera vraiment efficace si l’enfant est protégé par la justice de son parent maltraitant. Pour l’adulte, la thérapie a pour but la reconstruction, non le changement. Elle va permettre de prendre conscience de la partie vivante de la personnalité et d’activer ses ressources propres. Quels sont les différents types de thérapies à suivre pour se reconstruire ?

Il y a tout d’abord la psychanalyse créée par Freud, les thérapies comportementales et cognitives (TCC) et l’EMDR (Eye-Movement Desensitization and Reprocessing ou Désensibilisation et Retraitement par les Mouvements Oculaires). Pour ce qui est des thérapies comportementales et cognitives, elles interviennent dans trois registres : le cognitif, l’émotionnel et le comportemental. Pour le cognitif, le patient doit travailler sur la perception de ses croyances et pensées négatives pour ensuite ouvrir le champ des possibles. Le registre émotionnel travaille par exemple sur la gestion des émotions par la méditation et la relaxation. Le registre comportemental apprend à modifier les comportements pour traiter les symptômes. L’EMDR est une méthode qui consiste à désensibiliser par des mouvements oculaires le traumatisme en immergeant mentalement le patient dans la situation traumatique. Cela permet de retraiter l’information, d’intégrer l’évènement dans l’histoire de vie pour qu’il devienne un souvenir neutre ou presque.

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06

Le chemin de la re­cons­truc­tion (2)

Pour trouver le chemin de la reconstruction, l’auteur invite le patient à développer un autre regard sur son passé. Pour cela, il faut qu’il dépiste son scénario de vie (voir plus haut) en repérant la répétition d’expériences, en explorant ses relations d’attachement. Quelle est sa stratégie inconsciente dominante ? La capitulation, l’évitement ou la compensation ? Il faut également prendre conscience de son angoisse d’abandon et de son insécurité affective. Être dans l’abnégation, la séduction, ou l’isolement (éviter les relations aux autres), c’est certainement souffrir d’un manque affectif. L’angoisse d’abandon, quant à elle, se vit à travers une jalousie excessive envers sa partenaire, tomber sur des partenaires fuyants, ou fuir dès qu’on s’attache, ou encore pratiquer l’adultère.

Après cette première étape de repérage, la deuxième étape consiste à un travail cognitif : poser des mots sur son vécu et changer de regard sur son enfance, car « nos croyances peuvent souvent faire l’objet de biais cognitifs, car elles ont été modelées par nos expériences de vie » (p.131). Il est important de prendre conscience de l’emprise, même si cela demande du temps et du courage, et il faut accepter le statut de victime. Ces deux points permettent d’attribuer la responsabilité au parent maltraitant. Pour continuer le travail, traiter la culpabilité et la honte est essentiel. Pour cela, il faut reconnaître les pensées négatives et y associer une vision alternative (Ex. : « J’ai mérité les coups car j’étais difficile » deviendra « Tous les enfants font des bêtises »). Si le parent n’a pas su vous aimer, cela vient de lui, non de vous. Sarah Laporte-Daube propose également le travail des lettres : écrire une lettre au parent maltraitant et au parent non protecteur, lettre qui sera envoyée ou non selon son choix. Aussi compliquée soit cette étape, elle est pourtant une véritable libération, elle permet de faire un grand pas dans la reconstruction. L’auteure invite aussi à écrire une lettre à son enfant intérieur.

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07

Conclusion

Avec clarté et précision, Sarah Laporte-Daube propose un ouvrage destiné à la fois aux adultes ayant été maltraités pendant leur enfance et à tous ceux qui souhaitent mieux comprendre ce fléau qui abîme des vies entières.

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08

Zone critique

Face à un sujet aussi difficile que la maltraitance parentale, qui empêche la construction et le développement des enfants, tout en laissant de véritables traces, Sarah Laporte-Daube donne un soupçon d’espoir, car la reconstruction est possible !

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09

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Sarah Laporte-Daube, Après la maltraitance, se libérer des blessures de l’enfance, Montréal, Les Éditions de l'Homme, 2019.

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