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Couverture de 'Apprendre a resister'

Apprendre à résister

Olivier Houdé

Résister contre toute forme d’obscurantisme en developpant son cortex préfrontal

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Description

Dans son ouvrage Apprendre à résister, Olivier Houdé, spécialiste du développement de l’enfant, dévoile l’enjeu des neurosciences. Point par point, il explique le fonctionnement du cerveau et tout particulièrement du cortex préfrontal, siège de la résistance. Il engage avec conviction les parents et différents acteurs de l’enfance à développer cette partie du cerveau pour ainsi apprendre à résister contre toute forme d’obscurantisme.

Sommaire

01

In­tro­duc­tion

Dans la lignée de Piaget, Olivier Houdé a élaboré une théorie qui décrit l’apprentissage. Grâce à la psychologie combinée à l’imagerie cérébrale, il a réussi à isoler une fonction du cerveau qui s’avère essentielle : la résistance cognitive qui permet d’inhiber les automatismes de pensées pour nous permettre de réfléchir.

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02

Le dé­ve­lop­pe­ment du cerveau

La naissance de l’intelligence se fait dans le cerveau humain par le biais de « la permanence de l’objet, c’est-à-dire la conscience de ce qu’un objet continue d’exister alors qu’il échappe à notre perception immédiate » (p. 28). Des études ont montré que ces connaissances étaient innées et que les bébés étaient déjà capables de statistiques qui leur permettent de comprendre et d’anticiper les événements qu’ils perçoivent. Malgré cette intelligence innée, les bébés font systématiquement l’erreur cognitive appelée « A non B ». De quoi s’agit-il ? On va dissimuler plusieurs fois de suite un objet sous un cache A où le bébé ira le chercher. Puis, on le cache à nouveau, mais cette fois-ci sous un cache B. Le bébé regardera sous le cache A. Pour résumer, l’enfant continuera à chercher l’objet caché sous A, alors qu’il a vu qu’il avait été déplacé sous B, car il ne réussit pas à inhiber son savoir préalable.

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03

Le cortex préfrontal et le système d'in­hi­bi­tion (1)

L’auteur explique que le cerveau est fait à la fois de folie et de beauté. La peur trouve son siège dans l’amygdale, au centre du cerveau. La recherche du beau est, quant à elle, située dans le cortex préfrontal. Les émotions positives y sont également logées. Le cortex préfrontal est l’organe du contrôle de soi, de la synthèse émotion-cognition et de la prise de décision. Ainsi, c’est lui qui peut faire des hypothèses, qui peut trouver des solutions nouvelles… Grâce à l’imagerie cérébrale, il est possible d’analyser le cerveau humain en activité et de mesurer l’activité des réseaux cérébraux constitués chacun de millions de neurones. Ce qu’il faut comprendre, c’est que ce sont ces réseaux (donc ces neurones) qui sont responsables de nos comportements et de nos réactions. Depuis peu, on a découvert que « pour bien penser il faut quelquefois inhiber son cerveau » (p. 9). En effet, inhibition et adaptation permettent une prise de recul et donc une résistance aux réponses impulsives.

Il existe trois systèmes dans le cerveau. Le premier est le système heuristique (pensée automatique et intuitive, stratégie rapide et efficace), le deuxième est un système réfléchi et logique, le troisième est le système d’inhibition. Ce dernier, qui dépend de la maturité du cortex préfrontal, se développe plus tard que les deux autres. Voici un exemple concret : les enfants ont devant eux deux rangées de jetons de même nombre, mais espacés de façon différente. Jusqu’à 6 ans à peu près, ils pensent qu’il y a plus de jetons sur la rangée la plus longue, c’est une pensée automatique (une heuristique) de « longueur égale nombre » (non il s’agit bien de longueur = nombre). À partir de 7 ans, « la pensée devient flexible, réversible, et l’action d’écarter les jetons peut être corrigée, annulée par l’opération mentale inverse, c’est-à-dire par la représentation de l’action de rapprocher les jetons. Il y a donc, dans ce cas, réversibilité opératoire et conservation des quantités » (p. 44).

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04

Le cortex préfrontal et le système d'in­hi­bi­tion (2)

Il existe également des tests pour les adultes pour mesurer leur système d’inhibition. En voici un : différentes formes (cercles, losanges, carrés) de différentes couleurs (jaunes, rouges, verts, bleus) sont disposées. Il y a un cadre divisé en deux et il faut placer une forme à gauche, une autre à droite en invalidant cette règle « S’il n'y a pas de carré rouge à gauche, alors il y a un cercle jaune à droite. » Quelle forme allez-vous mettre à gauche et quelle forme allez-vous mettre à droite ?

Réfléchissez un instant avant de lire la suite. La majorité des individus vont se tromper, et mettre un carré rouge à gauche et un cercle jaune à droite. Ils ne perçoivent que ce qui a été cité dans la règle, alors que « la réponse logique (Système 2), rare spontanément, est par exemple un carré bleu à gauche et un losange vert à droite. Il faut donc inhiber le carré rouge et le cercle jaune » (pp. 65-66). Pour corriger ce biais, l’équipe a testé trois choses : l’inhibition de la stratégie d’appariement ; l’explication logique du raisonnement ; la simple répétition de la tâche. Ils ont observé par imagerie cérébrale le raisonnement avant et après l’explication. Avant la correction de l’erreur par apprentissage de l’inhibition, c’est la partie arrière du cerveau qui travaille ; après, c’est la partie préfrontale… ( « c’est celle préfrontrale » n’est pas une tournure très heureuse)

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05

La résistance pour un monde meilleur

Il est nécessaire de comprendre que le cerveau est à la fois fragile et fort. Il est influençable. Malheureusement, les algorithmes logiques et moraux du cerveau peuvent être « court-circuités, inconsciemment, par des heuristiques ou automatismes de pensée et d’action (émotions, croyances, etc.) que le cortex préfontal doit, au cas par cas, parvenir à inhiber, à retenir » (p. 99). Les deux premiers systèmes (heuristiques et logique) se développent plus rapidement que le système inhibiteur qui reste d’ailleurs très fragile.

Au vu des résultats des syllogismes, il est indéniable que « c’est cette fragilité cognitive, intrinsèque, du raisonnement humain – existant bien chez chacun d’entre nous ! - qui peut être exploitée par les procédés de radicalisation auprès de certains individus »(p. 105) Le cerveau peut être déréglé au nom de religions et idéologies. Ces personnes, en situation de fragilité ou de rupture sociale, sont exposées à des images émotionnelles fortes et à des fausses déductions.

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06

Conclusion

Entre réflexion personnelle, psychologique et pédagogique, l’auteur propose une explication du développement et du fonctionnement du cerveau chez les bébés, enfants et adultes. Il s’arrête tout particulièrement sur le cortex préfrontal nécessaire à la résistance, au contrôle de soi, à la tolérance et à la paix… Les bébés ont, dès les premiers mois, le sens moral et le sens social. Pour conserver ceci, il faut éduquer ce cortex préfrontal, il faut proposer une éducation qui permette de résister à la manipulation et à l’endoctrinement.

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07

Zone critique

Cet ouvrage d’Olivier Houdé est très enrichissant, car il donne les clefs du fonctionnement du cerveau et de l’intelligence. Son autre ouvrage, L’École du cerveau, est malgré tout mieux ficelé, car il offre une structure plus claire, ce qui facilite la lecture des non-spécialistes.

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08

Pour aller plus loin

Ouvrage recensé – Apprendre à résister, Paris, Le Pommier, 2017.

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